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III. - TRAITEMENT DES NÉPHRITES CHRONIQUES DU TYPE

INTERSTITIEL, DITES ATROPHIQUES LENTES, URÉMIGÈNES.

Ces néphrites se présentent avec des caractères cliniques assez particuliers pour comporter des indications lhérapeuti(iues spéciales. Il y a bien insuffisance rénale, puisque c’est dans ces cas qu’on ob- •serve les troubles les plus profonds de la perméabilité rénale; mais ceux-ci sont lents, progressifs, et l’organisme ale temps d’y remédier par des processus de défense auxquels on peut rapporter l’hypertrophie cardiaque et l'hypertension.

Il s’agit de malades non œdématiés, dont la diurèse est suffisante, souvent même exagérée, qui restent longtemps sans présenter de phénomènes subjectifs et chez lesquels le seul trouble manifeste, en dehors du syndrome cardio-urinaire d’hypertension, estladiminution des principes e.xcrétés qui porte un peu sur les chlorures, mais tout particulièrement sur l’urée, dont le défaut d’élimination est d’ailleurs le témoin d’autres rétentions toxiques de même nature.

On conçoit que, dans ces conditions, il ne pourrait être question de recourir aux diurétiques, l’élimination de l’eau n’étant pas entravée. Au.ssi le meilleur moyen de diminuer la rétention est-il de surveiller et de restreindre les ingesta susceptibles de nuire.

Hygiène et diététique. — Le traitement hygiénique et diététique paraîtra d’autant plus important que, ces lésions rénales étant compatibles avec une survie prolongée, on peut espérer maintenir fort longtemps l’état de compensation, si le malade veut s’astreindre aux conditions d’existence rigoureuses que commande son étal.

L’indication essentielle est donc d’établir un régime alimentaire conforme aux caractères particuliers des troubles du fontionnement rénal.

Dansdes néphritesdont la duréese chilfre par années, où la diurèse est suffisante, l’albuminurie minime, chez des malades capables de mener une existence encore active, il ne peut être (pieslion de diète lactée prolongée, (|u’on réservera pour les périodes d'insuffisance et de poussées congestives. On pourra cependant prescrire de temps à

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autre des cures de désinto.xicaüon lactées, temporaires, d’une huitaine dejours.

La rétention modérée des chlorures n’exige pas davantage une déchloruration stricte ; mais, en raison du rôle des chlorures dans la production de l’hypertension, et de la possibilité des rétentions sèches dans ces cas, on réglementera cependant les ingestions chlorurées et on s’efforcera d’établir une dose optima en se basant, bien plus que sur la balance, sur le dosage du chlore urinaire et l’état de la tension artérielle.

Ces malades sont, par contre, surtout en état de rétention azotée, et Widal a opposé au chlorurémique enflé l’azotémique maigre et dyspnéique : c’est surtout, chez ces sujets menacés par la dyspnée toxi-alimentaire, l’albumine du régime qu’il convient de surveiller.

En se basantsur l’état général, sur le trouble de l’élimination des substances azotées, on maintiendra les malades à une diète d’azote sévère grâce au régime glyco-amylacé. Quand l’état général s’améliore et s’il n’existe pas de dyspnée toxi-alimentaire, on augmente le taux de l’albumine du régime, mais en employant de préférence des albumines végétales. Le régime habituel dans les néphrites urémigènes doit donc être un régime x'égétarien moyennement chloruré.

Les boissons devront être également surveillées. On conseillera de préférence des eaux faiblement minéralisées, telles que Évian, Vittel, Contrexéville, Martigny ; dans les formes légères, on peut tolérer le vin blanc très largement coupé.

En ce qui concerne la quantité, on a vu le danger de l’abus des boissons ; s’il n’y a pas lieu de recourir à la cure de réduction des liquides, bonne pour les œdémateux' et surtout les asystoliques, on maintiendra, en raison de l’hypertension, les ingestions aqueuses dans des bornes raisonnables: avec 1 litre à 1 500 grammes de liquide par jour, on obtiendra un lavage très suffisant de l’organisme sans risquer de forcer le travail cardiaque.

Ces malades devront, en outre, prendre l’habitude d’une hygiène générale des plus surveillées: éviter avant tout les refroidissements, ne prendre qu’un e.xercice modéré, se soustraire aux préoccupations et aux fatigues intellectuelles, vivre au grand air dans la mesure du possible.

Il est encore utile de stimuler les fonctions de lapeau par les moyens appropriés : frictions sèches ou alcoolisées, massages, bains tièdes.

Si les malades consentent à considéi'er cet ensemble de prescriptions hygiéniques et diétéli(|ues, non pas comme une médication passagère, mais comme un nouveau genre d’existence, nécessité par leur infirmité rénale, ils peuvent espérer se maintenir dans un état

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(le tolérance prolongé tant qu’il ne surviendra pas un accident intejcurrent capable de tout compromettre, et à moins toutefois qu’une cause nuisible ne continue d’adultérer leur parenchyme rénal.

Traitenienl médicamenteux. — C’est dire que le tiaitement médicamenteux restera des plus réservés, aucun médicament ne possédant d’action manifeste sur les lésions rénales. Le point important en cette matière est môme de préserver les malades de toute médication mal tolérée par les reins, aloi-s môme qu’elle pourrait paraître indiquée par une affection intercurrente; on les préservera donc soigneusement du vésicatoire, capable de boucher brusquement leuis reins, du mercure, du salicylate de soude, des balsamiques, de l’antipyrine et de certains hypnotiques.

On ne fera guère exception que pour l'iodure de potassium, surtout comme vaso-dilatateur périphérique et hypotenseur, mais à la condition de l’employer prudemment, en surveillant ses effets de très près, en raison des phénomènes d’intolérance parfois très marqués auxquels il peut donner lieu. La Irinitrine pourra être alternée avec la médication iodurée.

Si l’hypertension est très marquée, on pourra essayer du gui de chêne, dont les essais ont paru encourageants.

Le tanin, employé de préférence sous forme de sirop iodo-tannique, est en tout cas inoffensif; il pourrait donner de bons effets comme vaso-constricteur périphérique, utile dans les formes congestives.

Les alcalins, sous forme de bicarbonate de soude ou d’eau de Vichy, peuvent rendre deî5 services s’il survient des troubles digestifs.

On interviendra seulement d’une façjon active dans les cas de poussée congestive, où, en môme temps qu’on mettra les malades au lit et au lait, on appliquera des ventouses scarifiées sur la région lombaire. Une faut alors revenir qu’avec prudence aux conditions antérieures d’hygiène et de régime.

S’il existe des menaces de dilatation cardiaque, on peut donner utilement la spartéine, préférable à la digitale, souvent mal tolérée chez les scléreux hypertendus.

Cures liydroiiiinérales. — Ce traitement, dans lequel la plus grande place doit être attribuée aux prescriptions hygiéniques, peut être complété pardcscures hydrominérales, sous la condition expresse de n’en user qu’avec les plus grandes précautions et la plus extrême [n udence, en raison de l’état précaire de la circulation de ces rénoscléreux, albuminuriques et hypertendus, .\ussi faudra-t-il tenir compte, chez eux, de la forme et de la période de la néphrite, du degré de l’imperimîabilité rénale, de l’état de la tension artérielle et delà valeur du myocarde.

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l..es bi’igliticjues à la phase du déluil, lorsqu’ils présenlcnt, comme cela esl fréquent, des troubles dyspeptiques, pourront bénélicier des eau.K bicarbonatées sodiques, d’une cure prudente a Vichy et, de préférence dans certains cas,au.\ eaux plus faiblement minéralisées et moins dangereuses à manier de Iloyat. Chez les scléreux hypertendus, avec hypertrophie cardiaque et galop, en état de compensation relative, on pourra favoriser la diurèse et le fonctionnement du rein, abaisser la tension, réaliser un lavage général de l’organisme jiarun traitementaux eauxlitliinéesfaiblement minéralisées deVittel, Contrexéville, Martigny. On préférera Évian, dont les eaux sont moins actives, pour peu que l’on craigne des accidents de dilatation cardiaque.

Il faut renoncer aux traitements hydrominéraux dans tous les cas de poussées congestives récentes ; les eaux ferrugineuses seront toujours considérées comme ^dangereuses chez les malades de ce genre.

Les eaux chlorurées sodiques inlluencent parfois favorablement l’état des néphritiques anémiés à tendance cachectique; on les emploie sous forme de balnéothérapie et de médication externe.

Un séjour hivernal sous le climat tempéré des stations méditerranéennes complète heureusement l’ensemble de ce traitement.

Traitement étiologique. — On sait combien la cause lente, continue, des néphrites interstitielles est le plus souvent insaisissable, et par conséquent au-dessus des inlluences thérapeutiques ; mais il existe des variétés de néjdirites dont l’étiologie est plus précise et sur lesquelles il est possible d’agir en traitant la cause même de la maladie. C’est ainsi qu’en supprimant l'intoxication chez un saturnin on peut arrêter les progrès d’une néphrite à une phase encore com{)atible avec une survie prolongée. C’est encore ainsi qu’un goutteux qui se soumet à un régime sévère peut sauvegarder longtemps l’intégrité do son fdtro rénal.

Par contre, il n’ya rien de plus à espérer ([ue chez n’importe quel malade lorsqu’on voit survenir une néphrite chi'oni(iue chez un vieuxsyphilitique. Si tant est, en ell'et, qu’il y ait lieu d’établir des relations de cause à effet enti'C l’infection s[)écifi([uc et la néphrite, il ne s’agit que de relations indirectes, et ces lésions parasy])hilitiqiies sont inaccessibles au traitement spécilique, des plus dangereux d’ailleurs pour cette sorte de malades.

Dans les autres cas, les néphrites ati'ophi(iues sont l’aboutis.sant d’actions modérément toxi([ues, mais indélinimenl prolongé(‘s, (|ui restent le plus souvent ignoi'ées du malade et du médecin. D’autres fois môme, et c’est ce qui se passe lorsqu’on voit ap|)araî(i'e une Maladies urinaires. (j

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néphrite chronique chez dessujels dont les reins ont subi plusieurs années auparavant une atteinte dont on pouvait croire que toute trace avait disparu, la néphrite est la conséquence d’actions physiologi(iues, non pathogènes [)Our un sujet sain, mais qui lèsent lentement un organe en état de méiopragie : l’organe, au-dessous de sa tâche, y succombe. On conçoit qu’il soit difficile, dans ces conditions, de préserver des reins ainsi exposés ; le mieux qu’on puisse faireestde prendre les précautions prophylactiques nécessaires pour mettre à un repos prolongé, grâce au régime, le rein débile.

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