TRAITEMENT DE L’URÉMIE
Indications thérapeutiques générales.
Traitement particidier aux différentes formes de l’urémie.
L’urémie n’est que l’aboutissant, à plus ou moins longue échéance, de toutes les aiïections qui compromettent le fonctionnement du rein et diminuent sa perméabilité, Elle est la conséquence obligée de la suppression de cette fonction; si bien que l’ensemble de la thérapeutique des néphrites n’est, en somme, qu’un traitement prophylactique de l’urémie, c’est-à-dire le meilleur et le plus efficace.
On sait les multiples théories qui se sont efforcées de préciser la pathogénie des accidents urémiques ; sous le rapport de la thérapeutique, on doit remarquer qu’elles présentent cet avantage de renfermer chacune une part de vérité et d’avoir permis de dégager les indications essentielles du traitement des accidents urémiques. Si l’urée, les sels de potasse, le carbonate d’ammoniaque, ni aucune des substances dont le rôle a été invoqué, n’expliquentà eux seuls la production de ces accidents, la plupart, en revanche, semblent intervenir et jouer un rôle plus ou moins important. Or cette complexité pathogénique se concilie à merveille avec lacomplexité des accidents qui constituent l’urémie et ses multiples formes cliniques. Si bien qu’il suffit à la thérapeutique de s’inspirer de cette notion, généralement admise aujourd’hui, que l’urémie est une intoxication par les poi.sons multiples que les reins sont normalement chargés d’éliminer et qui s’accumulent dans l’organisme lorsque ces organes ne sufti.sent plus à leur tâche.
dépendant cette théorie déjà très extensive doit être élargie encore ; l’urémie est surtout, mais n’est pas seulement un empoisonnement par tes déchets <le la vie organique, par les poisons urinaires; il faut encore faire intervenir, dans certaines circonstances tout au moins, l’action de poisons exogènes, poisons alimentaires dans certains cas, toxines microbiennes dans d’autres, soit qu’une
ACHABD ET PAISSEAU. — THÉRAPEUTIQUE RÉNALE.
infection on intoxication intcrcuri’entc vienne frapper un malade en imminence d’urémie, soit que l'infection ou rintoxication ait ellemême provoqué l’imperméabilité rénale, comme cela s’observe dans les néphrites toxiques.
La conclusion tliérapeutique qui décoiik de ces considérations est que, en présence d’un urémique, il importe e.ssentiellement de désintoxiquer le malade; on pourra remplir ensuite les indications que peuvent commander certains symptômes ou certaines formes cliniques particulières : nous envisagerons donc les indications générales du traitement de l’urémie, puis les indications propres aux différents symptômes et aux différentes formes cliniques de la maladie.