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II. — FAUSSES ROUTES

Aperçu anatomo-clinique. — La fausse route est la plaie de l’urètre produite de dedans en dehors par un instrument engagé dans l'urètre et poussé d'une façon ou trop vive ou maladroite.

La fausse roule siège presque toujours sur la paroi inférieure de l’urètre. Dans un canal normal, on la rencontre le plus souvent au niveau du cul-de-sac du bulbe ; quelquefois, dans l’urètre antérieur, à la paroi supérieure, au niveau d’une lacune de Morgagni, quand on pratique le cathétérisme au moyen d’une bougie fine ; quelquefois elle existe dans la région prostatique, el alors elle peut être sur la paroi supérieure, lorsque l’on a utilisé un cathéter métallique de trop petite courbure.

Dans un canal modifié par des rétrécissements, la fausse route se produira à la paroi inférieure, l’instrument .se trouvant arrêté au coude à concavité antérieure (|ui existe dans le canal. Enfin, dans un canal avec suppuration péri-urétrale, les sondes [jeuvent s’en-

gager dans l’orilice anormal qui existe sur la paroi de l’urètre.

I.a fausse route sera reconnue à l’hémorragie provoquée par le soudage, jointe à la résistance éprouvée par l’instrument.

Quelques fausses routes prostatiques peuvent passer inaperçues lorsque l’instrumenl, poussé violemment, aura traversé toute la prostate pour arriver dans la vessie.

Lorsque l’urine est asepli(|ue, la fausse roule n’a en général aucune conséquence grave. Si, au contraire, elle est septique, elle peut provoquer des abcès urineux ou des infiltrations d’urine. Ultérieurement, la fausse roule peut être l’origine d’un rétrécissement.

Indications. — A. Traitement préventif. — Cathétériser avec la plus grande douceur, d’autant plus grande que la sonde ou la bougie sera plus line et plus rigide; ne jamais pousser quand l'instrument est arrêté. Tels sont les deux préceptes dont l’observation permettra d’éviter la production d’une fausse route, étant donné bien entendu que l’on observera les règles données pour la pratique des divers cathétérismes (Voy. p. 308).

P). Traitement curatif. — Lorsqu’une fausse route a été produite, deux indications sont à réaliser : Obtenir sa guérison et solutionner le cas pour lequel te cathétérisme iraumalisnnt était pratiqué.

1° Urètre normal. — Dans un urètre normal, la fausse route peut se produire à l'occasion d'une exploration, nécessitée par une affection quelconque des voies urinaires; alors, le plus simple est de laisser le malade uriner seul et de remettre à une date ultérieure, huit ou quinze jours, l’exploration que l’on voulait pratl([uer; la fausse route guérira spontanément.

Si la fausse route a été produite à l’occasion d’un cathétérisme nécessité par une rétention d’urine, il faut placer à demeure une sonde. Celle-ci sera une béquille qui passera en général facilement, si l’on a soin de tendre très fortement l’urètre, son bec glissant au-dessus de la plaie urétrale toujours située sur la paroi inférieure. Au besoin, on monterait cette béquille sur un mandrin. Au cas d’échec, on recourrait à la ponction vésicale.

2° Urètre de prostatique. — Dans ce cas, la .sonde à demeure sera encoie indiquée; mais, pour la mettre en ])lace, il faudra se servir du mandrin (Noy. p. 310). Si l’on éjirouvait des diflicullés particulières et si les accidents étaient j)rcssants (rélonliou avec fièvre), il ne faudrait pas hésiter à prati(|Uor la cystostomie avec ou .sans in-oslalectomie.

3“ Urètre rétréci. — Quehjuefois on poui’ra, malgré la fausse rout(!, placer une bougie (;t, |)oui' y réussir, le mituix sera d’essayer le cathétérisme en faisceau ; l’une «les bougies s’introduisant dans

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