IV. — Urétrites non gonococciques
A côté des urétrites non gonococciques consécutives à l’urétrite gonococcique, on peut observer des urétrites primitivement non gonococciques, dont les causes sont extrêmement variées. Parmi ces urétrites, il en estqui sont microbiennes, d’autres amicrobiennes ; il en est d’aiguës, d’autres de chroniques. Le plus souvent, ces urétrites n’ont pas la ténacité des urétrites gonococciques, et la suppression de leur cause amène généralement leur disparition.
Ces urétrites peuvent être classées d’après leur étiologie de la façon suivante :
1“ Urétrites de cause externe : dues à une infection portée directement dans le canal par un cathétérisme septique ou l'introduction d’un corps étranger, au séjour d’une sonde à demeure, d’un corps étranger, d’un calcul, à l’injection de substances irritantes, de substances médicamenteuses troj) concentrées ou à des injections trop prolongées, à des séci'étions vaginales irritantes, mais non gonococciques(blennorroïdos), à des e.xcitations vénériennes trop prolongées.
2“ Urétrites irritatives de cause interne : provoquées par le passage d’une urine chargée d’une substance irritante quclcomjue, provenant des aliments: bière, épices, crustacés, fraises, asperges, etc., ou lie médicaments : cantharides, iodure de potassium.
Urétrites de cause générale : goutte, rhumatisme, arlhritisme; on a observé, (|uoiqueexceptionnellement, des urétrites dans la lièvi'o typhoïde, le |)aludisme, les oreillons, le diabète.
4" U rétrites par lésions urétrales : néoplasme, chancre simple, chaiici'e induré, plaques mui|ueuses, luberrulose.
INDICATIONS. — URtïTRE. — COWPÉRITBS. 157
Etant connue la mulliplicité de ces causes, il faudra, avant d instituer le traitement, rechercher l’origine de l’urétrite, et celle-ci reconnue dans bien des cas, il suflîi'a de supprimer la cause si possible, ou d’attendre la guérison de l’atrection aiguë cause première de l’urétrite pour voir celle-ci disparaître. 11 en sera ainsi dans les urétrites médicamenteuses d'origine interne ou externe, les urétrites par corps étrangers, sonde à demeure, les urétrites par lésions de Turètre, etc.
Certaines de ces urétrites cependant une fois installées ne cèdent pas spontanément lorsque leur cause disparaît; d’autre part, les urétrites vénériennes non gonococciques réclament souvent un traitement local pour disparaître. Dans tous ces cas, le traitement consistera en injections antiseptiques de concentration plutôt faible : sublimé à 1 p. 10 000, oxycyanure à 1 p. 4 000, permanganate à 1 p. 5 000, s’il existe des microbes.
Lorsque ces urétrites sont amicrobiennes ou qu’elles le sont devenues à la suite de traitement, mieux vaut ne rien faire du tout que d’agir sur le canal ; les Instillations de nitrate d’argent ne donnent pas ici les résultats qu’elles fournissent dans les urétrites amicrobiennes post-gonococciques. On cherchera surtout à modifier ou à remonter l’état général, auquel bien souvent ces urétrites sont liées, et le traitement général tel qu’il est conseillé pour les urétrites chroniques gonococciques (Voy. p. loi) trouve ici ses indications.