V. — COWPÉRITES
Aperçu anatoino-cliuique. — L’inflammation des glandes de Cowper s’observe surtout au cours d’une blennorragie aiguë ou chronique; quelquefois elle paraît être en relation avec l’existence d’un rétrécissement; e.xceptionnellement elle est d’origine tuberculeuse.
La cowpérite peut être aiguë ou chronique; quelquefois, dans le cours d’une cowpérite chronique, on voit un réveil aigu de l’affection.
Primitivement, 1 inflammation est localisée à la glande et, dans ce cas, on peut facilement reconnaître la nature de l’affection sur la- (juclle le malade attire 1 attention en raison de la douleur qu’elle provoque et de la tuméfaction dont le siège est latéral, immédiatement en arrière de la racine des bourses. Si l’on palpe celte tuméfaction en plaçant 1 inde.x dans le rectum, le pouce au périnée, on pourra la saisir entre les deux doigts.
^ Plus lard le ptis diffuse, s’il y a suppuration, et la cowpérite peut être ()rise pour un abcès urineu.x.
La cowpériLo aiguë peut entrer en lésolulion ou suppurer; si elle suppure, elle peut s’ouvrir dans l’iirètre et arriver ainsi à guérison, ou plutôt devenir alors l’origine d’un abcès urineux. Lorsqu’il no s'ouvre pas dans l’urètre, l’abcès tend vers le périnée ; mais, avant d’atteindre l’extérieur, il peut donner lieu à une su[ipuralion diiïuse du périnée.
La cowpérite ebronique, cause de persistance d’une urétrite, se caractérisera par une tuméfaction peu douloureuse dont le caractère et le siège sont les mêmes que ceux de la tuméfaction de la cowpérite aiguë et par le liquide que l’on pourra obtenir par l’expression de la glande.. Elle peut être également l’origine d’un abcès urineux.
La cowpérite tuberculeuse, très rare, ne sera guère soupçonnée que lorsque l’on verra l’affection, évoluant d’une façon chronique, se terminer par suppuration et fistule ; cette dernière est tout à fait exceptionnelle dans les cowpérites simples, à moins qu’il ne s’agisse d’une fistule urinaire.
Indications. — 1® Cowpérite aiguë. — Au début, on traitera l’inflammation par les pansements humides au périnée, l’application de sangsues, les pommades à l’iodure de plomb et à la belladone, les grands bains chauds. 11 sera bon de cesser à ce moment toute thérapeutique urétrale. Bien entendu, le traitement général de l’urétrite blennorragique s’impose.
Lorsqu’il y aura suppuration, ce que l’on reconnaîtra à la consistance de la tuméfaction, à la diminution de la douleur, sans que la température s’abaisse, il faudra intervenir immédiatement avant que l’abcès ne soit ouvert dans l’urètre. L’incision sera pratiquée latérale, parallèle au raphé médian, large, de façon à ouvrir la cavité dans toute son étendue. Elle sera suivie d’un tamponnement, puis, dans les jours qui suivront, d’attouchements au nitrate d’argent ou au chlorure de zinc à 1 p. 10.
Si l’abcès est déjà ouvert dans l’urètre, on attendra en pratiquant tous les jours des massages très doux de la glande que l’on fera d’arrière en avant, et ce n’est que si la lièvre persiste et si la tuméfaction augmente que l’on interviendra ; mais alors il faudra s’attendre à la j)i’oduction d’une fistule urétro-péi’inéale, contre lacjaelle on luttera parles moyens habituels.
Bien entendu, blennorragie ou réti’écissement seront traités une fois la cowpérite en résolution ou ouverte.
2o Cowpérite chronique. — L’inflammation de la glande de Cowper doit être recherchée dans tous les cas d’urétrites chronicpies. Lorsqu’elle existera, elle sera traitée par le massage de la glande, qui complétera le traitement de l’urétrite chroni(iue.
INDICATIONS. — URËTRË. — COWPÉRITES. 159
Suppurée, la cowpériLe chronique sera incisée, et même il sera bon de compléter l’incision par l’extirpation dos parois, qui, dans ce cas, sont toujours épaissies; une sonde placée dans 1 urètre servira de point de repère pour éviter de l’intéresser.
3° Cowpérite fistuleu.se. — La cowpérite, qu’elle soit aiguë ou chronique, donne assez souvent lieu à une fislule urinaire urétro-
Kig. 17. — Incision d'uno eowi)érile.
périnéale, dont la thérapeutique ne diiïère en rien de celle des fistules urétro-périnéales d’autre origine.
Mais elle peut, quoique beaucoup plus rarement, donner lieu à une fistule simple. Celle-ci ne se présente guère que lorsqu’il s’agit d’une cowpérite tuberculeuse. Quoi qu’il en soit, dans tous les cas, il faudra traiter la fistule par l’ouverture large et l’extirpation de tous les tissus environnants, defaçon à enlever sûrement toute la glande. Pendant cette e.xtirjialion, veiller à l’urètre, dans lequel on aura mis une sonde.
Marion. — thérapeutique urinaire.