HYPERTROPHIE
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11 lauL ciiliii prévenir le malade do.s symplùrnes prémonilniros (|ui peuvent lui faire pi’évoir une nouvelle rétention ; des envies d'uriner jdus fréquentes, des mictions nocturnes ])lus retai'déos, une douleur au début de la miction, doivent faire craindre cette rétention et faire pratiquer des sondages évacuateurs du résidu (Voy. Rétention incomplète chronique).
6“ Rétention incomplète chronique avec distension. — Les malades qui présentent une rétention complète ou incomplète aiguë savent qu’ils ne peuvent pas vider leur vessie ; tout auti’e est le sentiment des malades atteints de rétention chronique avec distension qui se présenteront au médecin, soit pour des troubles généraux et digestifs, oubliant de signaler qu’ils urinent continuellement, ou (|u'ils ont de l’incontinence, soit précisément pour ces troubles du côté des voies urinaires qu’ils considèrent comme l’apanage des gens âgés. Mais, en présence de cette évacuation incessante de leur vessie, il est souvent difJicile de leur faire admettre qu’ils ne la vident pas. Et cependant, lorsque l’on palpe l’abdomen, on y constate une tuméfaction sus-pubienne, arrondie, résistante, qui est la vessie distendue.
La situation de ces malades est des plus graves, car c'est chez eu.x que l’on observe des désastres à la suite du sondage, je veux dire des morts en l’espace de quelques jours. Ce sont, en effet, des malades intoxiqués, par conséquent en état de moindre résistance; non seulement leur vessie est dilatée, mais également leur uretère; leurs reins sont scléreux, et que vienne une infection, si légère soit-elle, elle va se développer avec une rapidité foudroyante dans ce milieu et provoquer des accidents de septicémie d’origine urinaire qui tueront rapidement le malade. C’est dire que, chez ces malades, on devra pratiquer le cathétérisme avec plus de précautions encore que chez tous les autres.
On cotnmencera par évacuer la vessie, et l’on arrêtera l’écoulement lorsque le licpiide cessera d’être projeté liors de ta sonde et tombera simplement ; c’est signe que la distension vésicale a cessé. .Mors on agira comme il a été dit à propos de la rétention aiguë (Voy. [). 101), c est-à-dire que l’on injectera une certaine (juantilé d eau bori(|uée |)our évacuer ensuite ta môme (fuantité de li([uide, et ainsi de suite jusqu à ce que le liquide ne soit [dus que de l’eau boriquée. Les sondages sei'ont renouvelés cha([ue fois que les envies <1 uriner loparai Iront, qt7eb|uefois au bout de douze heures, et on agira comme lors du premier cathétérisme. Ce n'est ([u’au bout de plusieurs joui’S, cin(| ou six sont un minimum, que l’on pourra obtenii ■- la mise à sec » de fa vessie, et dans aucun cas il ne faut .Malil(Iir^‘< iirinainj.-i.
MMilON. — THilHAPEUTIQUE UIUNAIiiE.
pousser l'évacuaLion jus(iu’à la production de corilraclious douloureuses de la vessie, qui indiqueraient sa remise immédiate en tension par un peu de li(iuide introduit par la sonde.
Au cours de cette évacuation lente et progressive de la vessie, il est possible (juo l'urine, (|ui jusque-là était claire, — car ces malades atteints de rétention incomplète chronique avec distension sont toujours des aseptiiiues, — se trouble, manifestant uneinfection qui, heureusement, est restée localisée à la vessie; dans ces conditions, au lieu d’acide borique, ori emploiera le nitrate d’argent à 1 p. 1000, et même, si les urines sont très troubles, on laissera une sonde à demeure fermée, (lue l’on débouchera toutes les deux heures, par laquelle on pratiquera des lavages au nitrate. Bien entendu, on n’en viitera pas la vessie plus rapidement pour cela, et cha(|iie évacuation sera suivie de l’abandon dans la cavité d’une certaine quantité de li(|uide antisepticpie jusqu’au jour où la vessie permettra son évacuation complète.
Les malades qui ont été atteints de rétention incomplète chronique avec distension sont condamnés à se servir de la sonde pour le reste de leur existence. Une fois que l’on sera parvenu à obtenir la mise à sec de la vessie, le traitement de la phase de distension sera terminé; mais il est absolument nécessaire <[ue le malade se sonde une ou deux fois par jour, suivant l’abondance du résidu, sous peine de voir réapparaître les mêmes accidents.
7® Hématuries. — Les hématuries peuvent s’observer, spontan'^îs chez les prostati(iues en état de rétention complète aiguë, ou de rétention incomplète chroni([ue, sans distension.
Elles peuvent, d’autre part, èlre provoquées parle cathétérisme, la sonde traumatisant la muqueuse congestionnée de la région prostati(iue ou même pénétrant dans la prostate etprovoquant une fausse l oide. Elles peuvent, d’autre j)art, résulterde l’évacuation troprapide d'une vessie en état de distension aiguë ou chronique, hémorragie a vacuo.
L'hémorragie peut provenir non seulement de la vessie, mais encore du rein. Dans tous tes cas, c'est à la sonde à demeure que l’on devra recourir pour faire cesser l'hématurie.
Si des caillots abondants existaient dans la vessie, (|ue la sonde oi-dinaire fut imi)uissante à évacuer, il conviendrait, avant de mettre la sonde à demeure, dévider la ve.ssie de ces caillots au moyen d'une sonde métallifpie de gros calibre, telle (pie celle ipie l’on emploie dans la lithoirilie. Si ces moyens étaient iiiqmissants à ari'èler l'hématurie, il faudrait recourir à la cystostomie.
b" Infection. — L’infection chez les prostali<|ues peut se ]>ré-
seiitcr sous des aspects clini(|ues diderents ; septicémie urineuse arrivant à la mort rapide en quelcpies jours et se produisant à la suite d'un cathétérisme septique d’une vessie distendue surtout d’une façon chronique ; infection urineuse caractérisée par des frissons, de l’élévation de la température et conduisant également à la mort, mais d'une façon plus lente si le nécessaire n’est pas fait ; cystite aiguë, survenant brusquement, spontanément ou à la suite d'un cathétérisme chez un malade qui était auparavant aseptique ou déjà infecté localement d’une façon chroni([ue; cette cystite provoque le tableau un peu particulier que l'on décrit sous le nom de rétention incomplète aiguë sans distension, le malade étant pris brusquement d'envies fréquentes de vider sa vessie qu’il ne peut évacuer que tout à fait incomplètement; cystite chronique caractérisée par le trouble des urines.
Au cas de septicémie urineuse, la sonde à demeure est la seule ressource, du reste presque toujours inefficace.
S’il's'agit d'infection urineuse, la sonde à demeure s'impose encore et devient susceptible de donner les meilleurs résultats. Cette sonde à demeure sera laissée débouchée d'une façon continuelle, et, plusieurs fois dans la journée, on pratiquera des lavages au nitrate d’argent au millième. La sonde sera laissée jusqu’à ce que la température soit bien définitivement tombée. Dans quelques cas, la sonde à demeure ne suffira pas pour faire tomber la fièvre, ou ne sera pas supportée, et, dans ces cas, nous nous voyons forcé d’en arriver à l'ouverture sus-pubienne de la vessie, que l’on devra compléter par la prostatectomie ; ces cas sont des indications formelles de l’opération (Voy. p. 187).
Au cas de Cî/sfite aiguë, on aurasurtout recoursaux moyens antiphlogistiques : bains, applications humides laudanisées sur l’hypogastre, lavements laudanisés, sup|)ositoires belladonés, boissons délayantes. Au bout de quelques jours, les phénomènes aigus s’apaiseront, et l'on poui'i'a prati(|uei' des sondages matin et soir avec instillations de nitrate à 1 ou 2 p. 100, ou lavages suivant la tolérance de la vessie. Comme la cystite a provoqué une rétention, il n’est j)as indiqué de vider complètement la vessie du premier coup, il ne faut le faire que graduellement. Au cas où les moyens médicaux n’agil’aienl pas, il faudrait, sans les cesser, placer une sonde à demeure, qu on laisserait continuellement ouverte.
Les pliénornènes d'infection locale chronique .sont presque la règle chez tous les prostali(iues (jui sont pour une raison ([uclconque dans l'obligation de recourir constamment àla .sonde. Cette infection n entraîne que j)eu de conséquence si l'évacuation de la vessie esl
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MARION. — TIIftRAPKUTlQCE UHÎNAmii.
faite régulièrement, comme il a été dit k pro|)os des rétentions incomplètes chroniques, si elle est faite asepliquementct complétée par des lavages antiseptiques.
9» Fausse route. — Un sondage a été tenté par le malade ou par une main inexpérimentée ; la sonde n’a pas évacué la ve.ssie, mais afaitsaigner pasmal l’urètre, etla même sonde employée butte contre un obstacle dans lequel on sent on même temps qu’elle s’enfonce ; il y a fausse route. Il importe, dans ces cas, de placer une sonde à demeure qu’on laissera cinq jours, en traittint le malade au point de vue des évacuations de la façon (ju'il a été dit pour le cas qui a nécessité le sondage.
G. Sonde à demeure. — Au chapitre précédent, il a déjà été question, à plusieurs reprises, de l’emploi de la sonde à demeure, précieuse ressource dans le traitement de l’hypertrophie par la sonde.
Hésumant ce qui a trait à son emploi, nous dirons ([ue la sonde à demeure est indiquée :
1® Dans les cas de fausse route;
2® Dans les cas où des cathétérismes doivent être faits d’une façon répétée pour une rétention aiguë et où l’on ne peut compter sur le malade ou son entourage pour les faire convenablement si l’on ne peut les faire soi-môrne;
3® Dans les cas où le cathétérisme pour rétention aiguë est particulièrement difficile;
4® Dans les mêmes conditions qu’il vient d’être dit, au cours d’une rétention incomplète chronique avec distension ;
5® Dans la rétention incomplète chroni([ue avec distension, si, à la suite des cathétérismes, les urines se troublent fortement ;
G® Dans les hématuries;
7® Dans les infections, au cas de septicémie urineuse, d'infection urineuse, quelquefois dans la cystite aiguë.
D. Ponction vésicale. — La ponction do la vessie peut être très utile pour parer à des accidents do rétention aiguë complète ou incomplète, (]uand le cathétérisme est impossible.
Pour une main expérimentée, celui-ci est toujours possible dans riiypertro]thie de la prostate; mais, pour celui <|ui n’en a pas une grande habitude, mieux vaut, s’il éprouve des diflicultés à glisser une sonde, recourir à la ponction vésicale, (|ui est particulièrement facile et absolument dépourvue de dangers, pour peu qu’elle soit faite [)ro|irement, et, somme toute, il est [)lus facile do faire |iroprement une ponction de la vessie (|u’un cuthétiM'isme. t.ette pomlion peut, du rosie, être renouvelée autant do fois ([u’on le voudia jusi|u'au moment o(i l’on |)ouiTa iiasser une somhs ce (|iii est pins
INDICATIONS. - HROSTATE. — HYPERTROPHIE. U)7
facile lorsque la vessie a été évacuée, où le malade urinera seul, ou bien ju.squ’à ce (lu’une main o.vpérimentée soit venue en aide.
Elle pourrait être également employée avec avantage dans la rétention incomplète chronique avec distension, dans la(|uellc le cathétérisme est si dangereu.x lors([u’il n’est pas absolument asepti(iue. Au bout de quelques ponctions prati([uées deu.x fois par jour, lorsfjue la distension a disparu, le cathétérisme serait prati(|ué avec des dangers moindres.
E. Soias hygiéniques. — Ces soins sont nécessaires à toutes les périodes de l’hypertrophie de la prostate; ils retarderont le passage de l'une à l’autre période et éviteront les complications à chacune d’elles.
Ces soins peuvent être divisés en quatre classes : hygiène générale, hygiène du tube digestif, hygiène des voies urinaires, hygiène de l’appareil génital.
Hygiène générale. — Exercice, surtout exercice à pied, sans fatigue. Éviter la position assise longtemps prolongée, par conséquent pas de trop longs voyages s’il est impossible de se tenir debout, pas de longs repas.
Éviter les refroidissements, surtout celui des pieds.
Frictions sèches de la peau, idassage général. Bains.
Pas de longues nuits. Si possible couper la nuit par un exercice de marche de queh[ues instants.
Ne passe mettre au travail immédiatement après les repas, surtout le soir ; laire un peu d’exercice avant (te s’asseoir ou de se coucher.
Hygiène du tube digestif. — Nourriture réconfortante, viandes, vins, mais pas excitante. Supprimer eau-de-vie, café, li(|ueurs, bière, mets épicés, llepas du soir toujours léger. Pas de boissons particulièrement diuréticjues.
\ ciller à la liberté de l’intestin au moyen de laxatifs ou do lavements. En petit lavement d’eau froide à conserver le soir est souvent d’un excellent effet.
Hygiène des voies urinaires. — Ne jamais résister aux besoins d’uriner, les satisfaire le plus vite possible.
1 1 endi e pour uriner la position dans la(|uelle la miction est la i)lus facile.
Hygiène de l’appareil génital. — Pas d’excès, mais il n’est pas néces.saire de supprimer totalement les rappoids.
1'. Médicaments. — Ils ont peu d’effet sur l’hypertrophie de la ])rostnte.
L’ei'gotde seiglesembleagir un peu sur les phénomènes congestifs. On pourra l’administrei' sous la forme suivante ;
Ergot de seigle pulvéi’is('‘ Ok'^,30
Carbonate de litliine Ob'',20
Pour un carlict. — 2 à 3 cachots par joui'.
I^a strychnine à faibles doses sera donnée pour agii' sur la tonicité vésicale. Elle agira aussi sur l’estoinac:
Sulfate de slrychnine 0sr,001
Extrait de centaurée 0e>-,05
Poudre de gentiane Q. S.
Pour une pilule. — 1 à 2 pilules avant chaque repas.
L’iodure de sodium, à la dose de 20 centigrammes par jour en deu.\ ois, pourra avoir son indication chez les athéromateux, s’il est bien supporté.
L’urotropine, à la dose de 1 gramme par jour en deux fois, rendra quelquefois de grands services chez les prostatiques infectés.
G. Massage de la prostate. — Le massage de la prostate est (|ueh|uefois suivi des plus heureux elfels, surtout quand à l’hypeitrophie se joint de la prostatite chronique, dont les noyaux petits et durs pourront quelquefois faire penser à un début de cancer. On le pratiquera tous les jours, pendant une durée de deu.x à trois minutes, en promenant doucement l’index sur la face postérieure de la glande et en agissant toujours de haut en bas et en prenant comme centre le bec de la prostate.