II. — CANCER DE LA PROSTATE
Aperçu aiiatoiiio-clinîque. — Le cancer de la prostate n’est pas rare ; sur cent prostatiques, on rencontre environ sept cancers de la [)rostate, et cette proportion est plutôt faibles! l’on tient compte des hypertrophies dont seul l’examen histologique peut démontrer la transformation néoplasique.
Ghez l’enfantetchez l’adulte, il s’agit de sarcome; chez le vieillard, d’épithéliome.
Le sarcome de l’enfant évolue d’une façon excessivement rai)ide; sa première manifestation est en général une rétention d’urine dont l’oi’igine est facile à reconnaître par le toucher rectal.
L’épithélioma, beaucoup plus fré(pient, se manifeste de la meme manière (|ue l’hypeidrophie de la prostate à la(|uelle il succède souvent; (jiielipies particularités |)ermettent cependant de le soupçonner dans cerlains cas : le début à un âge relativement peu avfincé : se méfier des hypertroi)hies (pii débutent avant cimpiante ans, ou ajM'ès soixante-dix ans, alors (|ue le malade ne presenlait aucun trouble auparavant; l'aggravation rapide des symptômes,
la fi'é([uencc et la difüculté des mictions; les hématuries spontanées (|ue l’on observe dans la moitié des cas ; les douleurs du coté du leclum, du périnée.
C’est le toucher rectal qui le décéléra en faisant constater soit une prostate parsemée de noyaux durs ne se vidant pas, comme les noyaux de prostatite chronique, par le massage de la prostate, soit une prostate augmentée de volume et d’une dureté spéciale. Dans ces deux cas, le cancer est encore limité à l’organe; mais lhentôt il diffuse, d’abord du côté des vésicules séminales, et le toucher monti'o alors une prostate grosso, dure, se prolongeant en haut et en dehors sans qu’il soit possible d’en trouver nettement les limites; plus tard, la cavité pelvienne tout entière est envahie : il s’agit de la carcinose prostato-pelvienne.
Fréquemment le cancer de la prostate se propage du côté de la vessie et détermine une inültration des parois du bas-fond ou de bourgeons néoplasiques à ce niveau.
L’envahissement des ganglions est précoce, ganglions hypogastriques, lombo-aortiques et aussi inguinaux, quoique l’anatomie ne démontre pas de lymphatiques allant de la prostate à ces ganglions.
Les métastases et en particulier les métastases osseuses sont d’une fréquence particulière.
Indications. — Traitement curatif. — Le seul traitement rationnel du cancer de la prostate est l’ablation ; malheureusement elle n’est possible ([ue tout à fait au début, à une époque où les malades ne viennent pas consulter et où le diagnostic est particulièrement délicat.
La mortalité opératoire est, d’autre part, considérable, 25 p. 100 en moyenne, et les résultats éloignés sont des plus médiocres; c’est à peine si de temps en temps on note une survie de deux ans, exceptionnellement de quatre ans.
Cependant, lorsque l’on reconnaîtra un cancer de la prostate encore limité à l’organe, ne s’étant pas encore propagé à la vésicule séminale, ce (|u’indiquera le toucher l'ectal; à la vessie, ce (|ue démontrera la cystoscopie, aux ganglionsou à d’au très organes, l’indication d’opérer sera formelle.
L’organe malade sera enlevé en totalité pai' la voie périnéale; l’ablation des vésicules séminales s'impose également.
Traitement palliatif. — Lorsque l’intervention est impossible, et c'est la l'ègle, on s’efforcera d’atténuer chacun des troubles exi.slarils suivant les indications ordinaires.
Les douleurs seront calmées parles .su])j)osiloiies calmanfs, les lavements chauds et surtout la morphine.
MMilON. — Tirtt)'APKUTIQUE UIUNAIIiE.
(lontre les hémorragies, on essaiera les lavages de la vessie à l’eaii L anlipyrinée, la sonde à demeuie. I
La rélenlion d’urine incomplète ou comjdète sera traitée par les |
soudages répétés; si ces sondages sont difficiles, on aura recours à la i
sonde à demeure, souvent assez mal supportée par ces malades. I
Dans (juelques cas, soit que le sondage soit impossible, soit que la ]
sonde à demeure ne puisse être supportée, la (fuestion de la cysto- I
stomie sus-pubienne se posera pour remédier aux accidents de rélenlion et d'infection urinaire. Il conviendra de la résoudre, sauf indications spéciales, par la négative, car les ennuis provoqués par l’écoulement incessant d’urine à travers la plaie hypogastrique ne seront pas compensés par les (pielques semaines de survie douloureuse que l’opération procurera au malade, et véritablement on ne | peut s’empêcher de considérer comme une délivrance la mort, de quelque façon qu’elle survienne : anémie, infcclion urinaire, embolie, cachexie, occlusion intestinale, dans le cours de celte alfection terrible, contre laquelle nous sommes pour ainsi dire désarmés.