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I. — Prostatites aiguës

Apei’ç-u aiiatoiiio-clîiilque. — Dans le cours d’une blennorragie aiguë, le plus souvent à son déclin, ou d’une blennorragie chroni(|ue, quelquefois à la suite d’une fatigue, d’un relroidissement ou d’une injection urélrale défectueuse, le malade ressent de la pesanteur au périnée, quelquefois de violentes douleurs avec lièvre ^ et frisson, en même temps que la miction devient douloureuse, difticile, parfois impossible; il faut immédiatement songera une prostatite. Le toucher rectal confirmera le diagnostic en taisant f constater une prostate grosse, douloureuse, dont un léger massage " parle doigt fora sourdre, au bout de quehjues instants, au niveau du i méat, un li(|uide lilant plusou moins trouble. 11 s’agit d une prostatile | folliculaire ou glandulaire ; s'il était possible de se rendre compte de | l’état de la prostate, on la trouverait, au bout do (luehiues jours, |

inlilli'ée d’une multitude de petits abcès (jne le microscope démon- [

li'crait siéger dans l’intérieur des glandes, le ])arenchyme de 1 organe j n’étant (|u’inliltré de leucocytes.

Que cette [)roslalite glandulaii'e n’évolue pas vers la guérison, des abcès se foi iueront dans le tissu péri-acinoux, exli’tmumienl nombreux [ d’abord, se l’éuni.ssant entre eux peu à peu de laçon à constituer de | grands abcès, ('/est la proüalile suppurée, Vabrùs de la proatalc

iNnrcATroNS. — prostate.

l’POSTATTTES.

Ouel(|iiefois uni(|ues, le plus souvent multiples, ces abc6s, dont la paroi est iiri'gulière, traversée de brides, peuvent siéger soit immédiatement en arrière de rurèlre, soit au milieu de la glande dans un de ses lobes, soit tout à fait en arrière en avant du rectum. La transformation de la prostatite folliculaire en prostatite suppurée, lorsipie cette transformation a lieu, se fait plus ou moins rapidement suivant les cas ; c’est l’affaire de six à huit jours dans les formes aiguës ; dans les formes subaiguës, il faudra Ipois semaines et plus ; dans les formes suraiguës, c’est en trois ou quatre jours (pie la glande entière est envahie par l’infection, qui tend immédiatement à diffuser.

L'abcès de la prostate sera reconnu à la persistance et à l’accentuation des pbénomènes fonctionnels et généraux. Le toucher rectal, suivant le siège de l'abcès, fera constater soit simplement une grosse prostate s’il s'agit d’une collection rétro-urétrale peu volumineuse, soit une tuméfaction résistante si l’abcès est central, soit une sensation spéciale de dépressibilité au niveau d’une zone bordée circulairement de tissu résistant. Par conséquent, il est des cas où l’abcès existe sans qu’il puisse être reconnu par le toucher; ce sont les douleurs et les symptômes généraux qui doivent faire porter le diagnostic.

Cette prostatite suppurée peut s’ouvrir spontanément dans l'urètre ou le rectum, après que des adhérences se sont formées entre cet organe et la face postérieure de la prostate, et la guérison suivre cette évacuation. Ou bien à ces ouvertures succèdent des phénomènes de rétention avec infection surajoutée. Quelquefois une ouverture simultanée dans l’urètre et le rectum donnera lieu à des fistules urétro-rectales. Ou bien l'abcès qui ne s'évacue pas dilfuse, el il se forme une jxiriproslalUe.

La pcriproslalile est l’envahissement du tissu cellulaire périprostatiipie par le pus. C’est en arrière et sur les côtés que se fait cet onvahi.ssement, caractérisé au toucher par la diffusion de la tuméfaction. L’abcès périprostatique s’ouvre en général dans le rectum ou an périnée; dans des cas jd us rares, il se porte à distance et gagne la région obturatrice, la région inguinale, exceptionnellement l’ombilic, ou bien il iierforo le cul-de-sac de Douglas.

La périiirostatite peut donner lieu à des |)hénomènes de septicémie ou (le pyohémie graves.

\ signaler éigalemcnt, comme compHcaliims des abcès de laprostate et (les [lériproslatites, la phlébite des plexus périprostatiques se terminant parfois par embolie, l’infillration d’urine, la cystite, le fiassage de la |)rostatile à l'état (•hroni(|U(‘. la |)ossibihté de lésions

MARION. — TMÉKA'’EUTI^UE URINAIHE.

tuberculeuses venant se grell'er sur une lésion inflammatoire. Après l'ouverture des abcès, on peut voir |)ersister dos fistules urétropérinéales, urétro-rectales. Plus rarement la destruction de la glande et sa réparation ])ar du tissu fibreux amènent une consiriction des canaux éjaculateurs et des troubles douloureux lors des éjaculations.

La prostatite peut encore s’observer en dehors de la blennorragie , au cours des maladies générales, quelquefois à la suite de contusions répétées de la région, ou chez des sujets affaiblis. Enfin des inoculations directes de la |)rostate du fait d’une fausse route lors d’un sondage, ou par une plaie périnéale atteignant la glande, peuvent également donner lieu à de la prostatite suppurée.

Lue variété de prostatite qu'il importe de bien connaître est la prostatite dis vieillards, (|ui peut évoluer d’une façon tout à fait insidieuse et ne se caractérise (|ue par des troubles généraux dont la cause échappe si l’on ne pratique pas de parti pris le toucher rectal.

Indications. — A. Prostatite folliculaire. — Au début d’une prostatite, il importe d'abord de supprimer tout traitement et tonte manœuvre du côté de l'urètre.

On favorisera la décongestion de la prostate au moyen de gfands bains chauds prolongés (un à deux par jour), de lavements très chauds (150 à 200 grammes) ([ue le malade gardera. ()n évacuera d’autre part le contenu des glandes prostatiques par un massage journalier pratiqué au moyen de l’index introduit dans le rectum et promené sur la face postérieure de la prostate, en l’y appuyant légèrement de la périphérie vers le centre (Voy. p. 206). On combattra la constipation par les laxatifs ou les lavements.

Contre la douleur, on aura recours aux suppositoires calmants :

Extrait rie belladone ) al-p et;

Extrait tliebaïque

beurre de cacao i grainines.

La rétention d’urine qui peut se produire mérite une attention toute spéciale; elle cédera en général au traitement médical décongestionnant détaillé plus haut et aux antispasmodiriues, la nervosité du sujet jouant un rôle considérable dans son apfiarition, et Ion n’aui'a pas besoin d’avoir recours au sondage. Lorsqu elle ne cédera [las à ces moyens, il faudra se résoudre à pratiriuer le catbétérisme, (|ue l’on fera de la façon la plus prudenle au moyen dune sonde molle de Nélaton.

('■race à ce traitement, l'amélioration se produira eu général assez rajiidement, et, dans un laps de temps variant de dix jours à trois semaines, le malade pouri'aèfre considéré comme guéi'i.

INDICATIONS. — PROSTATE. -- PROSTATITES.

Dans ([uelques cas, du reste fort rares, les accidents persisteront d'une façon désespérante à l’état aigu ou subaigu avec des alternatives d'amélioration et d’aggravation, et l’on devra, pour les faire cesser, recourir à la mise à découvert de la prostate par le périnée à son ouvertui’c et à son curettage destiné à détruire les culs-de-sac glandulaires que le traitement médical ne parvient pas à désinfecter.

Plus souvent la prostatite paraîtra guérie, mais, si l’on n’y prend garde et si l’on cesse trop tôt le traitement, ou si l’on n’agit pas du côté de l'urètre après sédation des accidents prostatiques, elle persistera à l'état chronique.

B. Prostatite suppurée. — L'abcès de la prostate ne nécessite pas toujours d'emblée l'intervention chirurgicale, et bien des suppurations prostatiques peuvent guérir par ouverture spontanée uréirale ou rectale. Donc, à condition de surveiller de près le malade, — et chez un malade atteint de prostatite il importe de pratiquer tous les jours le toucher rectal, — on pourra rester sur l’expectative en instituant le traitement décrit plus haut, qui suffira dans un grand nombre de cas.

Mais {'intervention s'impose :

1° Quand l’abcès étant ouvert ou non ouvert il n’y a pas d’amélioration dans les phénomènes douloureux ou dans l’état de la prostate sous l’influence du traitement médical;

2° Quand l’état général est mauvais ou quand la lièvre se maintient élevée ;

3° Lorsqu’il existe une collection volumineuse qui ne tend pas à s’ouvrir spontanément;

4° Lorsque l’on constate une tendance à la ditl'us-ion faisant craindre une périprostatite.

Dans tous ces cas, on devra intervenir sans retard.

Deux voies seules sont possibles pour atteindre l’abcès de la prostate : la voie rectale et la voie périnéale, la voie urétrale, ouvei'ture de l’abcès au moyen d’une sonde poussée dans la prostate, devant être complètement abandonnée à cause de ses dangei's.

L'incision rectale, malgré tous les repi'oches ([u’on a pu lui faire (accidents d infection secondaire, fistules, hémorragies), l’eprésente une excellente voie pour 1 ouverture des abcès prostatiques, jioui' [)cu qu ils tendent vers le rectum. L’ouverture rectale est une opél'ation facile et qui assure une guérison complète et rapide.

L'ouverlure périnéale est d’exécution plus délicate; elle n’évite ]>as toujours des lislulos. La guérison de la plaie est longue et, somme toute, elle doit etre ré.servée aux abcès prostati(|ucs rétro-urétraux ou accompagnée de périprostatite.

(.. Périprostatite. Au cas de périprostatite, l’intcrvenlion s’im-

MMtlON. — THÉHAPEUTIQUE UHTNAIl;E.

jiosii Uî plus rà|iidomcnl possil)le ; on ouvrira, d’ime i)aii, le loyer ]H (>slali(]uo |tnr lavoie ]idriuéule, et si, j)ur celle voie, on irnlleinl pas la l'usde de périproslalile, on devra pralicpier une autre incision en bonne place.

1). Fistules consécutives. — Lorsque, à la suite d’ouvertures sitonlanécs ou chirurgicales des abcès de la prostate, il persiste une lislule, il l'aut agir sur elle en la débridant.

Dans le cas oii il s’agit d’une fistule urétro-périnéale, on ouvrira largement la listule, en atteignant la partie la plus [)rofonde, et l’on placera une sonde à demeure.

Au cas de fistule urétro-rectale, on agira en dédoublant le périnée et en isolant le rectum du foyer prostatique largement ouvert et curellé; dans l’iirèlre isolé également, autant que possible on placera une sonde à demeure.

(’.onséculivement à ces opérations pour fistules, on tamponnera la plaie et l'on évitera qu’elle ne se ferme trop rapidement à la surface avant (lu’ello ne soit comblée dans la jirofondeur.

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