II. — Ppostatites chroniques
.Aperçu clinique. — La prostatite chronique peut s’installer d’emblée ou succéder à une prostatite aiguë. Elle aiiparaît tantél dans le cours d’une blennorragie, plus souvent à son déclin ou dans le cours d’une urétrite chronique, lorsque le létrécissemenl a déjà fait son apparition, et l’exislence de ce rétrécissement n'est pas une des moindres causes du dévelojqiemenl de celle prostatite par l’infection qu'il entretient dans l urèlre en arrière de lui.
L’état général en est une autre, et louteîi les causes qui, dans l’état général, sont susceptibles de prolonger les affections agiront sui' la prolongation indéfinie d’une prostatite ; lymphatisme, affaiblissement nerveux, arthritisme.
La prostatite chroiii(|ue a besoin d’élre dépistée; les malades qui en sont porteurs peuvent se présenter sous quatre aspects très difîéreufs. Les uns se plaignent de gène ])érinéale, do sensations urétrales spéciales, sensations de li(|uide venant dans furèlro, de sensations rectales de corps étrangers; eu même temps ils auront le malin les lèvia's du méat collées. Les autres insisteront suitout sur un écoulement filant blancbàlre (jui se produira en allant à la selle, écoulement qu’ils prennent pour de la spermatorrhée et qui n’est (pie de la prostalorrhée, écoulement qui inllue d’une fa(;on considérable sur leur systt'ine nei’veux; ce sont des névropalbes, (|ui accusent des doubmrs au périnée, dans les testicules, à la racine
Indications. — i>:!ostAtE. — puosTATiTiis. 205
(les cuisses. Glioz cecliiins iiialiides, la j)i‘oslaliLe clu'üni(|ue se Li'ailuiia surtout par des troubles micüonnels rappelant ceu.x de l’hyper- Iropliie de la prostate. Cliez d’autres, enfin, le principal symptôme est l’écoulement de pus abondant au dél)ut et à la lin de la miction.
(Connaissant les diirérents aspects sous lesquels peut se présenter le malade atteint de prostatite chronique, on dépistera facilement l'alfection en pratiquant le toucher rectal, qui dénotera une prostate grosse, irrégulh’re de forme et de consistance, sensible, et dont l’expression au moyen du doigt fera sortir en plus ou moins grande quantité soit du pus, soit un liquide filant blanchâtre. L’hypertrophie de la prostate sera facile à distinguer en raison de la régularité de la glande, de son égalité de consistance. Le cancer pourrait être plus facilement confondu à ses débuts ; cependant, à ce moment, la lésion est limitée à un seul lobe, et les bosselures du cancer sont plus grosses que celles de la prostatite chronique ; d’autre part, la prostatite cancéreuse est bien vite impossible à délimiter au niveau de sa partie supérieure. La tuberculose prostatique pourrait être parfois d’un diagnostic très délicat; cependant, en général, elle est limitée à un lobe et s’étend à la vésicule et à l’épididyme; d’autre part, les noyaux qu’elle détermine dans la prostate sont beaucoup plus gros que ceux de la prostatite chronique.
Affection très tenace, procédant par poussées, la prostatite chronique est en réalité plus ennuyeuse que grave ; elle peut êti-e pourtant l’origine de cystite, d’épididymite et le point d’appel d’une tubei'culose. Enfin elle est la cause de bien des urétrites chroniques rebelles. Heureusement, spontanément à partir d’un certain âge, les troubles fonctionnels tendent à s’atténuer pour faire place, il est vrai, dans bien des cas, plus tard à des troubles de l’hypertrophie prostatique.
Indications. — Traitement général. — Le ti-aitement général est indispensable pour la cure d’une prostatite, car l’état général est le plus souvent assez atteint, cause ou effet de la chronicité de la lésion. On aura recours aux toniques : fer, quinquina, huile de foie de morue, l’econstituants du système nerveux, arsenic, phosphore, glycéroph()spliates, strychnine, kola, injections de sérum. En même temps on i)rescrira le grand air, les distractions, l'hydrothérapie, les stations clilorurés sodi(jues, Salies-de-lléarn, Salins, etc., la mei'. If influence de ce traitement généi'al esl considérable; il ne doit donc |)as être négligé.
Traitement local. — Il consistera, d’une [)art, dans un IraUemcnl hfldiénique destiné à éviter autant que possible les congestions du petit bassin et de la proslate : ulimeninfion peu excitanle, sup-
pression «le l’alcool, du café, du Ihé ; exercice après les repas; laxatifs ou lavements pour éviter rencombrement du rectum ; petits lavements froids le soir à garder; rapports se.xuels pratiqués d’une façon très modérée, ne pas les prosciâre complètement.
D'antre part, on agira sur l'urèlre, dont certaines lésions [leuvent être la cause de la persistance de la prostatite. On recherchera tout d’abord le rétrécissement, dont on aura raison par la dilatation, ou mieux par l’urétrotomie interne s’il est un peu serré. On .s’eiroi-cera de désinfecter l’urètre par des lavages au permanganate si l’on trouve encore du gonocoque dans l’écoulement, des lavages au sublimé s’il existe des microbes quelconques, des instillations au nitrate d’argent si l’écoulement est asepti([ue. L’urétroscopie démontrera s’il est besoin d’agir de façon plus énergique sur les glandes Urétrite chronique).
La dilatation de l'urètre au moyen du dilatateur de Kollmann (Voy. Urétrite chronique) aura également sa raison d’être pour évacuer le contenu des glandules de l’urètre prostatique.
Enfin on agira simultanément sur la prostate. Lorsqu'il s’agit d’une prostatite chronique sans abcès, — et l’abondance de l’écoulement du pus permettra de faire le diagnostic, — on aura recours avant tout au massage.
Le massage sera pratiqué de la façon suivante : on aura commencé par laver l’urètre, puis on aura rempli la vessie de liquide légèrement antiseptique, eau boriquée, oxycyanure de mercure, permanganate faible, soit par simple injection, soit avec une sonde. Le malade pourra rester dans la position dorsale horizontale, ou bien se placer debout le corps penché en avant, une main appuyée sur une table, l’autre main tenant un verre au-dessous du méat. L'opérateui’, ayant introduit l’index dans le rectum, va par des ]>ressions douces qui ne doivent pas être douloureuses pour le malade chercher à faire sortir le liquide contenu dans les glandes prostatiques; l’index doit agir de haut en bas et de la périphérie vers le centre.
Le massage doit durer deux ou trois minutes environ; il aboulit à l'issue d’une quantité plus ou moins notable de liquide par le méat, ou, si ce li(|uide n’est jias rendu immédiatemeni, il le sei-a quand le malade évacuera sa vessie, que l’on a remplie auparavant, évacuation «|ui doit succéder immédiatement à la séance de ma.'^sage.
Lor.sfpie la séance de massage est terminée et (|ue le malade a uriné le liquide de la vessie, si les sécrétions prostatiques contiennent des gonocoipies, on pratiquera un grand lavage urétrovésical au iiermanganate de potasse.
INDICATIONS. — PROSTATE. — PROSTATITES. 207
Ces séances seront pratifjuées tous les jours ou tous les deux ou trois joui’s, suivant l'abondance de l’écoulement et la façon dont les malades le supportent.
Dans l’intervalle, on conseillera au malade des supposiloii'cs soit calmants, à la morphine et à la belladone, s’il y a des douleurs.
soit résolutifs :
E.vtrail do bolladuno 0s‘’,03
Ctdorliydrato do mijrpliino OB'çOt
Bourru tlo cacao 4 graniiiios.
Extrait de bolladono Og'ÇOl
Extrait de ciguë Osi^.O!
loduro de plomb 0s'',15
Bourre de cacao 4 graiiiiiios.
Le massage sera toujours pratiqué avec le doigt, et on laissera de coté tous les instruments vibrateurs ou non, destinés à l’expression de la prostate, qui n’ont aucun avantage sur le doigt, qui possède au contraire celui d’apprécier les parties les plus atteintes.
Par contre, il pourra être très utile d’adjoindre au massage l’élec-
Itricité, qui agira en faisant contracter les fibres musculaires de la prostate. On pratiquera alors le massage de la façon suivante : la main de l’opérateur étant recouverte d’un gant de caoutchouc dont l’extrémité de l’index a été supprimée, une électrode négative est ti.xée sur son avant-bras, alors que l’électrode positive est appliquée sur l’abdomen du malade. Pendant que le doigt agit, on fait passer ; un courant de 15 milliampères environ, et la séance dure de cinq à >: dix minutes.
L’électrisation combinée au massage peut être encore pratiquée • au moyen du doigtier de llogge ; ce doigtier en caoutchouc possède,
> au niveau de la portion destinée à recouvrir la pulpe de l’index, un
disque de platine recouvert de peau de chamois auquel vient aboutir un lil relié au pôle négatif.
Les courants alternatifs, les courants de haute fréquence ont été employés également.
De toutes laçons, le traitement doit être longtemps prolongé si l’on M veut obtenir un résultat.
Le traitement opératoire est indit|ué dans la jirostatitc clii'oiiique dans trois cas :
1" Dans les abcès chroniques de la prosiale, qui no s’améliorent [>as par le massage tel (pi’il a été indiqué plus haut. Dans ce cas, on agira comme poui‘ une |)rostalite aiguë su[)j)ui‘ée, mais en veillant avec plus de soin encoi'o à ce qu’il ne reste aucun foyer oublié; on pouri’a être amené à faire un véi'itable cui’ottage de la glande;
MMilON. — THÉRAPEUTIQUE UklNAi E.
2“ Dans les proslaUtcs chroiù/ucs fjhindulaires rebelles, ipie l’on traitera par le curetlage de la proslale par la voie périnéale. Cependant, au cas de prostate volumineuse, on i)ourrait très bien |)i'ati([uer une prostatectomie sus-pubienne, surtout si le malade est déjà d’un certain âge;
3“ Dans les prostatites clironi([ues pi’ovoquant des troubles mictionnels simulant riiypertrophic de la prostate, auquel cas on interviendra par la voie sus-pubienne, et l’on pratiquera une prostatectomie par la méthode de breycr.