IV. — TUBERCULOSE DE LA PROSTATE
Aperçu anatomo-clinique. — La tuberculose prostatique peut être primitive et isolée; le fait est rare. Elle peut être consécutive à une tuberculose rénale et vésicale ; le plus souvent elle coïncide avec des lésions testiculo-épididymaires. Dans tous les cas ou à peu près, les vésicules séminales sont atteintes en même temps que la glande.
.Vu début il s’agit de gommes prostatiques, qui, plus tard, en se ramollissant, donnent lieu à des abcès s’ouvrant le plus souvent dans l'urètre.
Lorsque la tuberculose prostatique éxiste seule, c’est soit [lar des phénomènes simulant la cystite, fréquence des mictions, légère douleur, soit par un écoulement de pus au commencement et à la lin delà miction qu’elle se caractérisera. Dans les deux cas, le toucher prostatique fera reconnaître des noyaux d’un ou des deux côtés, ou des abcès.
Lorsque la tuberculose de la prostate coïncide avec des lésions rénales, vésicales, testiculaires, on la reconnaîtra au toucher rectal qui, dans tous ces cas, doit être pratiqué d’une façon systématique.
Modes de traitemenl. — Traitement général. — Ce sera celui de toutes les tuberculoses, en particulier des tuberculoses urinaires (Voj. Tuberculose rénale, vésicale).
Traitement palliatif. — Ce traitement aura pour but déparer aux accidents provo([ués par la tuberculose prostatique, ou d’atténuer ses inconvénients. Au cas de rétention d’urine, qui n’est pas Iréquentc, on sondera les malades. S’il y a suppuration, on pratiquera des lavages uréiraux ou vésicaux; on traitera la cystite tuberculeuse souvent concomitante comme il convient. On pourra aussi, ]>ar des massages très doux de la |)rostate, favoriser l’écoulement du pus.
Les injetdions interstitielles de chlorure de zinc, ([ui ont été pratiquées autrefois, sont à laisser de côté absolument.
Traitement curatif. — Au cas de tuberculose non suppurée de la i)rostafe, on interviendra en pratiquant une prostatectomie périnéale unilatérale ou bilatérale, suivant la localisations des lésions, et en même temps l’on enlèvera les vésicules séminales atteintes. Cette prostatectomie n’olTre aucune particularité. Ses résultats sont souvent très satisfaisants immédiatement, mais quelquefois aussi elle est suivie d’une fistule uro-purulente interminable. L’état général du sujet, l’état de la vessie sont pour beaucoup dans le ! résultat de l’opération.
Lorsqu’il existe des abcès, on les ouvrira largement par le périnée, j on en curettera les parois, on les cautérisera même, et l’on termi-
i nera par un tamponnement. Les soins consécutifs sont naturel-
t lement de la plus haute importance, et l’on cherchera par tous les
I moyens à modifier les parois de la cavité ainsi ouverte : attouche-
( ments au chlorure de zinc, à la teinture d’iode, au nitrate d’argent,
; curettage ; on évitera avec soin la formation de clapiers en débri-
I dant de nouveau, s’il est nécessaire, en empêchant certaines parties
1 de la plaie de se refermer. Malgré tout, bien souvent, il persiste
I une fistule uro-purulente.
Indications. — Traitement général. — 11 est indiqué dans 1 tous les cas.
Traitement curatif. — Il aura de rares indications ; le profit qui peut en résulter pour le malade n’élant pas toujours de nature à le justifier; dans bien des cas, en effet, il est suivi de fistulisation I périnéale, plus pénible pour le malade que la tuberculose prosta- I tique elle-même.
11 a, en somme, des indications de choix et des indications de '» nécessité.
Les indications de choix seront fournies par l’existence d’une 1 tuberculose prostatique, primitive, isolée, ne s’accompagnant pas I de lésions vésicales. Au cas de tuberculose testiculaire concomitante, on n’interviendra du côté de la prostate que si les lésions .sont I très développées, car, à la suite d’une castration ou d’une épididy-
'I mectomie, les lésions peu avancées de la prostate sont susceptibles
' de rétrocéder.
Ün état général mauvais, une tuberculisation simultanée du rein et de la vessie .sont des contre-indications formelles, car ils sup- ' posent une diffusion des lésions peu propices à la guérison définitive et même à la cicatrisation de la plaie.
S’il est indiqué d’intervenir, on pratiquera une ])rostatectomie au cas de noyaux non ramollis, une ouverture et un curettage au cas ' d’abcès.
Maladies urinaires.
MARION. — TIIRUAPEUTIOUE URINAIRE.
Les imlicalions de nécossilé e.xistent (iiiand un ahcè.s tuberculeuxprostatique ouvert spontanément s’est infecté secondairement. t)n intervient aloi-s pour mettre tin aux accidents, qui peuvent résulter de cette infection et de la rélention.
Traitement palliatif. — Il sera employé dans tous les autres cas.