‹ Thérèse, drame en deux actesChapitre 7 sur 21 · SCENE III · texte numérisé non relu

SCENE III

THÉRÈSE, seule.

THÉRÈSE

Oui, je t'aime, André, je te vénère. . Bonté, douceur, dévouement, c'est bien toi... Mais pourquoi ce doux nom que je n'ose redire, le nom de l'exilé... du fond de ma pensée où dort son souvenir, pourquoi l'as-tu donc évoqué?... Armand!... Ce seuil, mes pas éperdus le franchirent... Et ce château désert est plein de mes douleurs... C'est là que, me fuyant et fuyant sa patrie, un soir, un soir d'été plein de trouble et de fièvre, me parlant de mourir et prêt à disparaître , Armand me demanda d'emporter mon amour... Et mon cœur a. gardé son image... Et ce parc nous a vus nous sourire et pleurer. O maison de l'ivresse, ô maison des fantômes!... Oui, c'est bien là, cœur en détresse comme au printemps la fleur d'avril, que mon seul amour, fleur de jeunesse, s'épanouit dans le péril... dans le péril et dans les larmes. C'est là que je lui dis adieu, c'est là que je passais ; parmi les alarmes, avec ses douleurs et ses charmes, le cher amour vit encore ! O crépuscule de ma vie, ô maison du bonheur suprême, c'est toi que j'ai voulu revoir... Ici, le rêve et la tristesse... Là-bas, la vie et le devoir!

(Elle monte lentement J.cs marches du Dgrron et^ entre dans le château.) . . *

La scène reste vide un moment. Puis on aperçoit à travers les arbres un homme, enveloppé d'un manteau de voyage, qui semble du regard chercher autour de lui s'il ne pourrait être aperçu; jusqu'au perron il s'avance lentement. Il s'arrête. Il regarde!.. Scène muette* Il va au bord du bassin, contemple l'eau où les feuilles tombent, se dirige pas à pas vers le banc de pierre à droite et le regarde en hochant la tête.)

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