‹ Thérèse, drame en deux actesChapitre 8 sur 21 · SCENE rv · texte numérisé non relu

SCENE rv

ARMAND, seul.

Le parc!... Et le perron!... Le vieux banc... Ma jeu-

nesse!... Mon enfance et le sol qui vit mes premiers jeux... Le château de famille... et là, cette fenêtre où les fronts vénérés du père et de la mère apparus, disparus, m'apparaissent encore... Je veux vous retrouver, souvenirs et sourires, ô mains de mes chers morts qui semblent me bénir !... Je veux vous retrouver, spectres de ma tendresse. O toi, qui vins ici, furtive enchanteresse, amour cher à mon cœur, je veux te retrouver... Et qu'importe au proscrit qu'on lui prenne la vie? On étouffe en exil, on ne vit qu'au pays où palpite notre âme... Logis de mes parents, logis de mes amours... (Il regarde encore le banc, écartant les feuilles tombées sur la pierre.) Elle était là, pleurant, lorsque je l'ai quittée... Notre dernier adieu, ces arbres l'entendirent... Un an déjà passé..., un an, mais c'est l'oubli... Et la pierre du banc, où tous deux nous assîmes, me paraît aujourd'hui la pierre d'un tombeau... (En revenant sur ses pas il aperçoit sur la muraille, à la porte du château, les affiches apposées.) Mais qu'est-ce que leurs mains ont mis sur la muraille?... Comme un stigmate au front sacré de

quelque aïeul, ils placardent leurs lois... Oh! que ma main l'arrache cette injure au logis du marquis ! (Il monte vivement les marches.)

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