‹ Thérèse DunoyerChapitre 14 sur 71 · M. DE MO MAL · texte numérisé non relu

M. DE MO MAL

Ces mots de leqs et de feu avaient d'abord l'ait espérer à M. de Alonlal qu'au moins ces anciens amis étaient morts... Point... ils n'étaient moi'ts que dans le cœur de mademoiselle Julie ; cela expliqua au comte le sens poétique et figuré du langage funîbre de madame Sauvageot.

Quoique le règne des défunts protecteurs de mademoiselle Julie fût passé depuis trois ou quatre ans, jouir d'une fortune d'origine si impure semblait quelquefois à AI, de Montai le comble de la dégradation, et il se prenait à récriminer amèrement contre sa providence. Alors, luttant contre la tentation, il avait de terribles retours sur lui-même ; mais la nécessité était là qui chaque jour s'avançait, menaçante, inexorable.

Soit juste réflexion , soit besoin d'excuser à ses yeux la résolution qu'il prenait par crainte de la misère , AI. de Montai se disait encore : « On ne voit guère que dans les romans invraisemblables des mariages pareils a ceux que je revais ; si les veuves riches qui épousent de pauvres gentilshommes sont rares , il est rare aussi de trouver des parents capables de donner leur fille et leur fortune à des jeunes gens dont la dot se compose d'une ho?ine étoile pour capital , et de gains possibles à la loterie de Francfort pour revenus.

Xéanmoins , après de longues hésitations , M. de Montai résolut d'épouser mademoiselle Julie. S'il avait eu le cœur moins desséché par l'égoïsme , moins aigri par l'envie, il eût compté parmi les corn-

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peiisations de son sacrilice le boniieiii' de mademoiselle Julie, qui était loiu de s'attendre à une pareille détermination désespérée, M. de Montai cédait surtout à la peur de la misère, et ne songeait que trèssecondairement ù l'orgueilleuse joie de mademoiselle Julie lorsqu'elle se verrait comtesse.

Or, environ quinze jours avant le départ d'Evven de Ker-Ellio pour Paris , M. de Alontal attendait un matin mademoiselle Julie pour lui faire part de sa résolution. Le comte avait jugé à propos que cette scène importante de sa vie se passât chez lui.

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