MADEMOISELLE CLARISSE HARLOWE
MADE.MOISELLE CORA . la belle Grecque.
MADEMOISELLE ROSA , de l'Académie royale de musique. M.ADEMOISELLE HERMIXIE, jeune première do théâtre du Palais- Royal.
T'ii nraud salon ; une table lichenienl servie ; les bou<{ies des lustres et des candélabres font étinceler les cloches et les réchauds d'argent.
LE UIXER -iOi»
I.ps raecltes des caiafeA Pt de» vrrri's de ciistn) pelilleiit de toutes les couleurs du prisme. Au centre du surtout est une inimeiise corbeille de porcelaiue de Saxe remplie «le lloiirs naturelles (envoyée par le marquis).
Le marquis est au milieu de la table ; à sa tlroitc , le prince Castelli , comme étranger ; à sa gauche Ewen de Ker-Ellio , le baron lui ayant été présenté le matin même ; eu face du marquis, Serpentine.
Eïcepté ces trois places, désignées par M. de Beauregard , les autres convives se sont placés à leur gré : le capitaine Des Roches à droite de Serpentine , le major Brown à sa gauche ; Clarisse Harlowe est placée entre M. de Haudricunrt et le comte de Sainte-Luce. Rosa est à la droite d'Kwen de Ker-Ellio ; mademoiselle Herminie , à gauche du prince de Castelli. De chaque côté île Cora , la belle Grecque , il reste une place vide ; ou s'informe de iL Labiriute, le poète-député, et de M. Alonzo Florès.
Placés en dehors de la porte du salon, tous deu\ s'obstinent par savoirvivre à ne pas passer l'un devant l'autre. .A un signe du marquis, Cora se lève majestueusement, va prendre gravement ^I. Florès d'une main , M. Labiriute d'une autre , leur fait ainsi traverser ensemble la formidable porte , et les prie de s'asseoir , qui à sa droite , qui à sa gauche.
M. Florès a gardé son chapeau à la main ; il en est très-empêché, et se décide à le mettre entre ses genoux. Un des gens du cabaret s'en aperçoit et vent l'en débarrasser : M. Florès s'en défend modeslement. L'homme s'obstine respectueusement, et délivre enfin le coasia de M. de Ueauregard de cette incommodité.
M. Labirinte se trouve à coté de mademoiselle Herminie.
Pendant le silence que nécessite l'inglutition du potage , M. Labiriute a cru voir plusieurs fois le regard du marquis s'arrêter sur lui avec une expression étrange , puis se reporter avec une expression non moins étrange sur le capitaine Des Roches. M. Labirinte regrette beaucoup d'être venu à ce diiier. Il a appris que le matin même le marquis avait tué le capitaine Koller.
Ewen attentif observe ; son cœur est horriblement seiTé. Il s'est aperça d'une chose (iiiigulière : son genou s'est, par hasard, un moment ap-
r. li
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prochi- (1p relui du marquis, et il a senti ce deiniei (reinb)er couvulsiienieiil et coinme par saccades, l'ourlant la ligure du marquis semble pins enjouée, plus railleuse que jamais.
Les autres convives n'offrent aucune particularité. Tous semblent animés de la plus franche aa'e'c , et prêts a jouir du plaisir que promet cette réunion si heureusement composée. Bientôt la conversation s'en- •jage et se généralise, la table n'étant pas assez grande pour permettre des entretiens particuliers.
SERPENTINE. — Tu t'cs fait bien attendre, marquis ; est-ce que tu parlais d'amour à ta femme?
LE Ai.ARQUis. — ^la femme? voilà deux ou trois jours que je ne l'ai vue. Savez-vous comment se porte ma femme, monsieur Labirinte?
M. LARiRiNTE , devenant très-rouge. — Je n'ai pas eu l'honneur de voir madame la marquise depuis... (il feint de tousser pour dissimuler son embarras et sa rougeur) depuis plusieurs jours; je... je suis très-occupé à la Chambre. (Il tousse encore et boit un verre d'eau.)
SERPENTINE à Laliriute. — Comment! c'est à M. Labirinte que j'ai l'honneur de parler? à AI. Labirinte , le député doctrinaire ?
LxmYaxim^., flatté. — A moi-même... mademoiselle... je ne sais en vérité... comment ma réputation...
SERPENTINE. — Monsieur... permettez-moi de vous