‹ ThermidorChapitre 6 sur 17 · PROLOGUE · texte numérisé non relu

PROLOGUE

en devoir civique, ces espions étaient aidés dans leur besogne par beaucoup de citoyens qui, officieusement, soupçonnaient tout et dénonçaient tout.

Le luxe était devenu dangereux; l'oisiveté, la richesse, l'élégance étaient criminelles. Le grand commerce était tué par la loi du maximum ; le petit commerce était empêché par la dépréciation morale des assignats, dont la valeur n'avait d'autre protection quQ la peine de mort menaçant quiconque les dédaignait. En fait, l'industrie était arrêtée par cette mort du commerce, par cette haine de la richesse et cette im« position d'une monnai^ décriée ; et comme toute pro* menade était impossible, toute réunion suspecte, toute visite difficile, tout rendez- vous douteux, les rues étaient mornes, muettes et sombres.

D'autre part, les lieux fréquentés habituellement par les jacobins, les sectionnaires à deux francs par jours, les furies de guillotine et les séides des prin« cipaux Montagnards, des chefs de la Commune et des meneurs de 1% Société-mère, toutes ces places étaient bruyantes et grouillantes. C'étaient le Palais* National (ci-devant les Tuileries) , où siégeait la Convention, et surtout le pavillon Égalité (au midi) où se tenait le fameux Comité de Salut public; le jardin de la maison Égalité, ci- devant Palais-Royal, le seul endroit où ceux qu'on appelait les Muscadins, c'est-àdire les gens propres, tenaient tête aux sans-culottes ; la maison du menuisier Duplay, rue Saint-Honoré, où demeurait Robespierre; le club des Jacobins, rue Saint-Honoré ; les diverses prisons, le Palais, les mai-

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