PROLOGUE
sons où siégeaient les comités révolutionnaires de chacune des quarante-huit sections; l'Hôtel de ville; les corps de garde, qui étaient nombreux; enfin et surtout les barrières. Là, et dans le voisinage de ces endroits, tout était vivant, fiévreux; c'était le va-et-vient affairé, le bruit, la clameur, l'inquiétude.' Là on parlait de tout ce qui menaçait la République. On revenait principalement sur cette fameuse Conspiration de r étranger^ qui semblait la mère de toutes les autres. L'on maudissait avec une rage civique les fameux chefs de la conspiration, le ci-devant baron de Batz et Leroy, chefs jusque-là insaisissables, mais que Ton avait enfin découverts, et que Ton allait saisir.
Nous exposons ces faits et ces idées au début de ce roman, qui a le désir d'être absolument historique. Nous demandons pour lui la foi qui est due.aux œuvres d'érudition laborieuse et sincère, quelle que forme qu'elles prennent pour pénétrer dans le public. ■ Dans l'ordre des faits, nous espérons nous être mis à même de prou ver jusqu'à ïa plus minutieuse de nos affirmations, fût-ce le nombre de maisons qui se trouvaient dans telle rue- de Paris et le temps qu'il faisait dans lés plaines et les bbis des environs de Paris, en ces premiers jours de thermidor.
Mais comme la preuve de nos assertions n'est pas aussi facile à donner dans l'ordre des idées, nous prions 1^* lecteurs de garder en mémoire les quelques explications qui précèdent, et sans lesquelles il serait difficile de croire à l'existence de bien des folies qui vont se dérouler ou grotesques ou furieuses.