‹ Thermidor: d'après les sources orginales et les documents authentiques, avec un portrait deChapitre 6 sur 123 · IV PRÉFACE · texte numérisé non relu

IV PRÉFACE

pierre d'être l'objet des menaces du parquet de l'époque. « Nous l'attendons au second volume », s*était écrié un jour le procureur impérial en terminant son réquisitoire dans un procès retentissant. Cette menace produisit son effet. Les éditeurs Lacroix et Verbœkoven, effrayés,' refusèrent de continuer la publication du livre, il me fallut employer les voies judiciaires pour les y contraindre. Un jugement, fortement motivé, les condamna à s'exécuter, et ce fut grâce aux juges de TEmpire que l'œuvre, interrompue pendant dix-huit mois, put enfin paraître entièrement.

Ni l'auteur, ni l'éditeur, ne furent inquiétés. Eh pourquoi l'auraient-ils été? La situation s'était un peu détendue depuis la saisie de mon Histoire de Saint-Just. Et puis, le livre n'était pas une œuvre de parti : c'était l'histoire dans toute sa sérénité, dans toute sa vérité, dans toute son impartialité.

« En sondant d'une main pieuse, comme celle d'un fils, disais-je alors, les annales de notre Révolution, je n'ai fait qu'obéir à un sentiment de mon cœur. Car, au milieu de mes tâtonnements, de mes incertitudes et de mes hésitations avant de me former un idéal d'organisation politique et sociale, s'il est une chose sur laquelle je n'aie jamais varié, et que j'aie toujours entourée d'un amour et d'une vénération sans bornes, c'est bien toi, ô Révolution, mère du monde moderne, aima parens. Et quand nous parlons de la Révolution, nous entendons tous les bienfaits décrétés par elle, et dont sans elle nous n'aurions jamais joui : la liberté, l'égalité, en un mot ce qu'on appelle les principes de 1789, et non point les excès et les erreurs auxquels elle a pu se laisser entraîner. Prétendre le contraire, comme le font certains publi-

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