MESURES PRISES PAR LES COMITÉS
Tandis que la Commune de Paris s'efforçait d'entraîner la population parisienne à résister par la force au coup d'État de la Convention, les comités de Salut public et de Sûreté générale ne restaient pas inactifs, et, aux arrêtés de "la municipalité, ils répondaient par des arrêtés contraires. Ainsi : défense de fermer les barrières et de convoquer les sections, ils avaient peur du peuple assemblé ; ordre d'arrêter ceux qui sonneraient le tocsin et les tambours qui battraient le rappel; défense aux chefs de légion d'exé- : outer les ordres donnés par Hanriot, etc. En même temps :^ ils lançaient des mandats d'arrestation contre le maire , Lescot-Fleuriot, contre tous les membres de Tadministra- .tion de police et les citoyens qui ouvertement prenaieni part à la résistance, et ils invitaient les comités de section, "notamment ceux des Arcis et de VIndivisilnlùé, à faire cesser Tles rassemblements en apprenant au peuple que les repré- 'sentants décrétés d'arrestation par l'Assemblée étaient les plus cruels ennemis de la liberté et de l'égalité. On verra r'bientôt à l'aide de quel stratagème les Thermidoriens B^essayêrent de justifier cette audacieuse assertion. De plus, ^les comités convoquaient autour de la Convention la force armée des sections de Guillaume Tell^ des Garder [françaises et de la Montagne (Butte des Moulins) (*). Cette dernière section avait, dans tous les temps, montré peu de penchant pour la Révolution, et Ton songea sans aucun doute à tirer parti de ses instincts réactionnaires. Enfin le commandant de l'école de Mars, le brave Labretèche, à qui la Convention avait décerné jadis une couronne
i>) Nous avons relevé aux ^rc^ir es les différents arrêtés des comités lie Salut public et de Sûreté générale. Les signatures qui y figurent le plus fréquemment sont celles d'Amar, de Dubarran, Barère, VouUand, "Vadicr, Élie Lacoste, Garnot. G.-A. Prieur, Jagot, Louis (du Bas-Rhin), ^uhl et Billaud-Varenne. On y voit aussi celle de David ; mais c'est ^noore là, je le crois, une supercherie thermidorienne.
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civique et un Babre d*honneur, était arrêté à cause de soi attachement pour Robespierre, et Carnot mandait autoor de la Convention nationale les jeunes patriotes du camp des Sablons (').
Les Jacobins, de leur côté, s^etaîent réunis précipitaoment à la nouvelle des événements ; il n'y eut de lev part ni hésitation ni faiblesse. Ils ne se ménagèrent doflC pas, comme on Ta écrit fort légèrement (*), ceuxdumoiiH — et c*était le plus grand nombre — qui appartenaieit au parti de la sagesse et de la justice représenté ptf Robespierre, car les conjurés de Thermidor comptaient au sein de la grande société quelques partisans dontlei rangs se grossirent, après la victoire, de cette masit d*indécis et de timorés toujours prêts à se jeter entreles bras des vainqueurs. Un républicain d*une énergie rare, le citoyen Vivier, prit le fauteuil. A peine en séance, les Jacobins reçurent du comité de Sûreté générale Tordit de livrer le manuscrit du discours prononcé la veille ptf Robespierre et dont ils avaient ordonné rimpression. Refus de leur part, fondé sur une exception d'incompétence (^). Sur le champ ils se déclarèrent en permanence, approuvèrent, au milieu des acclamations, tous les actes de la Commune, au fur et à mesure qu'ils en eurent connaissance, et envoyèrent une députation au conseE général pour jurer de vaincre ou de mourir, plutôt quf
(*) Archives, A F, 11, 57.
(') M. Michelet, t. VII, p. 485. Aucun journal du temps n'a reproduÉ la séance des Jacobins du 9 thermidor, et les procès- verbaux de b société n'existent probablement plus. Mais ce qu'en a cité Courtois, dans son rapport sur les événements de Thermidor, et ce qu'on peut en voir par le procès-verbal de la Commune démontre suffisamment Tardenr avec laquelle la majorité de la société embrassa la cause de Rolx^pierre.
(3) Extrait du procès-verbal de la séance des Jacobins, cité par Courtois dans son rapport sur les événements du 9 Thermidor, p. 51.