Scène VII
Les mêmes, JACQUELINE
Jacqueline, elle entre par la porte du fond, à droite. —
Vous m'appelez ?
Labussière. — Oui, oui, venez vite, chère amie. Cette fois, j'ai recours à la costumière.
Il la fait descendre à l'avant-scàne, à droite.
Jacqueune. — Pour ?
Labussière, indiquant Fabienne. — Pour me changer tout de suite cette toilette-là.
Jacqueline. — Si vite ?
Labussière. — Le temps d'un entr'acte ! Vous avez bien quelque ajustement de théâtre qui nous convienne ?
Jacqueline. — Attendez ! Une toilette ?...
Labussière. — Bourgeoise, très simple.
Jacqueline. — J'ai l'affaire ; le costume de Cécile dans le Mari coupable, de la citoyenne Villeneuve, que nous jouons dans trois jours.
Labussière. — Destiné à...?
Jacqueline. — Dupré l'aînée... c'est la même taille.
Labussière. — Parfait ! Vous aurez le temps d'en couper un autre pour Dupré... Et vite, vite, déguiseznous vite.
Il fait passer Jacqueline à gauche en la poussant vers Fabienne.
L'ILLUSTRATION THEATRALE
^ Fabienne, hésitante. — Mon Dieu, mais cette robe de théâtre...
Jacqueline. — Toute neuve...
Elle remonte vers la porte du fond, à gauche.
Fabienne. — Mais, pourtant...
Martial, au-dessus de la table. — Oh ! je vous en prie, Fabienne !
Labussière. — Ne risquons pas trois têtes pour une robe !
Fabienne. — C'est vrai, pardonnez-moi d'oublier
que ma perte serait la vôtre ! (Elle remonte vers Martia'.)
Mais on doit être bien inquiet de moi rue des Tournelles.
Labussière. — Habillez-vous d'abord !... Nous penserons plus tard à vos amies.
Fabienne, à Jacqueline qui l'attend. — OÙ dois-jc VOUS
suivre, madame ?
Jacqueline, indiquant u porte. — De ce côté, mademoiselle, s'il vous plaît.
Elle ouvre la porte. Fabienne la suit.
Martial, à Fabienne prête à sortir. — Courage, Fabienne ! Courage... tout ira bien !
Il prend sa main qu'elle retire doucement sans affectation, mais sans répondre à son étreinte, et elle sort