Scène II
Les MÊBfES, LABUSSIËRE
Il arrive du fond par la droite et, pendant toute la scène, il garde un air ahuri et bégaye légèrement; il a des lunettes.
Chateuil, s'arrêtant sur le seuil, à gauche, avec les deux autres.
— Ah ! le voici ! Eh ! arrive donc, traînard !
Labussière. — Quoi ? Qu'est-ce que c'est ?
Vasselin, nmitant — Qui !... Que !... Oui, nous n'avons pas le temps!... Tu ne vas pas à la séance, n'est-ce pas ?
Labussière. — Quelle séance ?
Tous. — A la Convention !
Labussière. — Ah ! oui !...
Tous, surpris. — Oui ?...
Labussière. — Non !
Il descend au fauteuil, à droite de la table.
Vasselin. — Parbleu !
Chateuil. — Naturellement !
Labussière. — Pourquoi faire ?
Il rapproche le fauteuil de la table où il dépose ses papiers et s'assied.
Chateuil. — On se passera bien de toi... Tous. — Oui !
Chateuil. — Mais nous y allons tous.
Vasselin. — Garde les bureaux !
Labussière. — Les bu... bureaux !
Chateuil. — Et fais partir ma correspondance à deux heures. Je t'ai laissé une note.
Il indique la table.
Labussière. — Une... note. Bon !
Vasselin, déposant une clef à l'angle de la table, à gauche. —
Et garde ma clef !
Labussière. — La clef ! Bien.
Chateuil. — J'ai écrit sur ma porte, à la craie : « S'adresser en face. » Tu répondras pour moi.
Il gagne la sortie.
Labussière. — Pour toi !... Bon !
Chateuil, de même. — En revanche, nous t'apporterons les nouvelles !
Labussière. — Ça m'est bien égal !
Vasselin, de môme. — Quel idiot !
Chateuil. — Allons I en route ! en route î
Ils sortent en courant
Pierre, ll entre de droite avec deux bouteilles de bière et deux verres, qu'il pose sur la table. — Citoyen !... je vais aussi
là-bas ! Voici la bière que tu m'as commandée. Labussière. — La bière... bon!
Pierre s'élance dehors par la gauche, au moment où Martial parait au fond du corridor, à droite, descendant droit devant lui.