Scène V MARTLiL, LABUSSIÈRE
Labussière, arrêtant Martial, au-dessus du fauteuil. — As-
sieds-toi, je t'en prie ! Et calme cette fièvre. Il n'y a pas péril immédiat ; on l'a conduite à quelque prison, probablement à la Force. Mais on y reste des mois
entiers ! Elle n'a même pas son dossier. Rien à craindre pour aujourd'hui ! Demain c'est jour férié — le tribunal chôîne — en mettant les choses au pis, c'est quarante-huit heures de répit ! Et, dans quarantehuit heures...
Martial. — Soit ! Mais qu'attendons-nous là, au lieu d'aller nous-mêmes ?...
Labussière. — A la séance ?
Martial. — Je le pousserai, moi, ce cri de rage que tout le monde attend.
Labussière. — Et c'est bien be que je redoute; tu crieras, tu nous feras arrêter, et Fabienne sera privée de tout secours.
On voit paraître au fend, à droite, Marteau, par la porte que Lupin a laissée ouverte à son arrivée.
Martial. — On vient !...
Labussière, vivement. — Marteau, qui vient prendre les dossiers.
Il retourne à la table au-dessus et paraît occupé à sas paperasses.