OHAP. VI. — CHALEUR ET MASSE CHIMIQUE DES ÉLÉMENTS
Strontium; ou bien au groupe platine et palladium; au groupe plomb et tballium. Or, nous avons vu que ces métaux, pris deux à deux, dégagent à peu près les mêmes quantités de chaleur; en s'unissant aux éléments négatifs, ces corps simples jouent le même rôle que les radicaux composés.
D'autre part, en Chimie organique, lorsqu'un corps se transforme en un isomère de fonction différente, on observe souvent un dégagement de chaleur considérable,! l est clair que si deux isomères de ce genre, doués de fonctions différentes, engendrent des composés de même type, la chaleur dégagée pourra être et est, en effet, souvent fort inégale.
A fortiori, en sera-t-il de même si l'on compare des corps polymères ou homologues de fonction différente, mais susceptibles d'engendrer des composés de môme type. Or c'est là précisément ce (pii arrive en Chimie minérale, lorsque des éléments aussi dissemblables que le soufre et le manganèse, ou bien le chlore et ce même manganèse, engendrent des sels de même type (chromâtes comparés aux sulfates; perchlorates, comparés aux permanganates et aux persulfates, etc.).
13. Quoi qu'il en soit, la chaleur de combinaison, étudiée en dehors de toute surcharge accidentelle due aux changements d'états physiques, est une fonction complexe de plusieurs variables, parmi lesquelles le poids des masses élémentaires, leur nombre relatif, enfin la fonction du composé résultant, jouent un rôle essentiel. Or, ce sont là trois données d'un caractère général, qui peuvent être définies dès aujourd'hui, et qui pourront sans doute être introduites plus tard dans les calculs, indépendamment de la nature individuelle des éléments.
§ 13. — Sur la relation entre les volumes moléculaires des combinaisons et les quantités de chaleur dégagées dans leur formation.
1. On a souvent examiné la question de savoir si la slahilité des composés ne serait pas en relation avec la condensation éprouvée par leurs éléments, dans l'acte de la combinaison. C'était une conséquence des idées de Berthollet sur le rôle de la cohésion dans les réactions, et il existe une littérature entière relative à cette question . Sans prétendre la discuter ici dans toute son étendue, je me pro- |)Ose de réunir ici quelques données propres à la mieux définir. En effet, la stabilité des composés est corrélative, toutes choses égales
d'ailleurs, avec la chaleur dégagée dans leur formation, et il convient de voir si cette relation s'étend aux volumes moléculaires, c'est-à-dire à la condensation des éléments, sous la triple forme gazeuse, liquide ou solide.
2. Sous forme gazeuse, il suffit de comparer la formation similaire des quatre hydracides : fluorhydrique, chlorhydrique, bromhydrique, iodhydrique ; tous quatre sans condensation et avec des dégagements de chaleur très inégaux. Les nombres obtenus excluent donc toute relation générale de ce genre.
3. Passons aux composés solides. Nous allons d'abord citer les faits propres à l'appuyer; puis nous signalerons des ])hénomènes tout à fait opposés.
On sait que les éléments halogènes possèdent le même volume moléculaire dans l'état gazeux. Ils possèdent aussi des volumes voisins dans l'état liquide, car
gr ce
35,5 de chlore liquide à o° occupent 24 80 de brome liquide à 0° » 25 127 d'iode liquide vers 120° » 3i
valeur qui se rapprocherait des précédentes, si on pouvait la calculer pour la même température.
Il est probable qu'il en serait de même pour l'état soUde ; mais nous ne possédons pas les données nécessaires.
Or, les volumes moléculaires de sels haloïdes, même isomorphes, soit à l'état solide, soit à l'état dissous, sont au contraire très inégaux.
En effet, à la température ordinaire :
Diffcrence. Différence.
gr ce
/ KCl solide ( 74,1) occupe 36,2 ) g )
KBr >> (119,1) " 44,0 ( ^ ' •7",3
! Kl » (166,0) » 53,5 1
Kl surpasse KBr, qui l'emporte sur KCl.
Ce n'est pas là un résultat isolé; car on observe à peu près les mêmes différences numériques entre les volumes moléculaires des chlorures, bromures, iodures, acides de la Chimie organique, tels que les chlorure et iodure acétiques (liquides); on les observe encore dans beaucoup d'autres cas.
Elles subsistent, quoique avec des valeurs différentes, dans la comparaison des volumes moléculaires des sels métalliques (plomb.