KOH ), ... +32,0 > 8,0x
Il semble que la réaction du premier équivalent de potasse ait été incomplète; l'acide réputé normal, 10* H, étant mélangé d'un anhydride (ou d'un composé monobydraté), lequel exigerait une dose plus forte d'alcali pour se transformer entièrement. La fonction normale pourrait dès lors être envisagée comme celle d'un acide bibasique, avec adjonction d'une autre fonction, analogue à la troisième de l'acide phosphorique. Ce sont là des points à éclaircir.
§ 6. — Sur la neutralité chimique et sur l'emploi des matières colorantes comme indicateurs de la neutralité et dans le dosage des acides.
1. La neutralité chimique des sels est définie par le rapport équivalent entre l'acide et la base, qui se combinent exactement.
CUAP- IX. — FORMATION DES SELS. SSy
Dans les analyses, il est souvent commode de la constater, au moyen d'une matière colorante susce{)tible de prendre des teintes dilîérentes, en présence du sel neutre et en présence de l'acide, ou de la base libre. Jusqu'à ces dernières années, le tournesol était presque seul employé pour celte destination.
Or celte matière accuse surtout la neutralisation des alcalis fixes par les acides forts; tandis que les sels formés par les autres bases, ou par les autres acides, sont partiellement décomposés par l'eau, avec mise en liberté d'une certaine dose d'acide et de base, qui empôcbent la neutralisation parfaite et le virage précis de la matière colorante. Celte décomposition distingue et définit les acides forts et les acides faibles, les bases fortes et les bases faibles, ainsi que je viens de le rappeler. La réaction des acides sur la teinture de tournesol exprime, en définitive, le déplacement d'un acide très faible, coloré en rouge, lequel a lieu en totalité et sans partage appréciable, lorsque le sel qui prend naissance n'est pas décomposé par l'eau d'une manière sensible. Mais, si le sel principal éprouve im commencement de décomposition, la portion de base mise en liberté par l'eau engendre quelque trace de sel bleu, en s'unissant avec l'acide du tournesol; sel bleu dont la teinte atténue la coloration rouge propre à cet acide, et exige l'emploi d'un excès notable de l'acide principal, pour saturer la base plus complètement. Dans ces conditions, le virage est donc progressif et la teinte de la liqueur sans netteté.
11 est une autre circonstance qu'il convient d'envisager aussi : c'est la force relative de l'acide du tournesol lui-même, comparée avec la force de l'acide qu'il est destiné à accuser. Pour que la liqueur vire brusquement, il faut que l'acide du tournesol soit déplacé complètement, ou sensiblement, par l'acide antagoniste. S'il y a partage, la teinte manque de netteté. Il pourra même arriver qu'un corps uni aux bases soit plus faible que l'acide du tournesol; auquel cas il sera déplacé par ce dernier, au lieu d'en décomposer les sels alcalins : circonstance qui paraît se présenter en effet avec les alcoolates alcalins.
Ces divers déplacements sont corrélatifs en définitive des deux circonstances qui dominent toute la statique chimique des dissolutions, à savoir : la prépondérance thermique relative des acides, comi)arés entre eux, et le degré de dissociation par l'eau des sels que forment ces mêmes acides.
•2. Dans ces derniers temps, plusieurs matières colorantes nou-
velles, douées de propriétés spéciales, ont été introduites dans l'analyse chimique. Tantôt ces matières accusent la neutralité, pour des cas où le tournesol se trouve en défaut; tantôt elles manifestent des degrés divers dans la neutralité des acides polybasiques, degrés correspondant à la complexité de leur fonction. C'est ainsi que M. Joly a signalé récemment deux matières colorantes, dont l'une définit l'acide phospliorique comme monobasique, tandis que l'autre définit ce même acide comme bibasique. Ces résultats sont conformes à ceux que nous avons établis, M. Longuinine et moi, par nos expériences thermiques ('), et d'après lesquels le deuxième équivalent de base des phosphates est combiné à un titre différent du premier; la combinaison de l'acide phosphorique avec le troisième équivalent de base, qui n'est pas accusée par les mêmes réactifs colorés, répond à son tour à une fonction différente des deux autres (p. 355).
Je me propose de généraliser ces résultats et de donner l'interprétation théorique des effets qui distinguent les nouvelles matières colorantes. Il suffit, pour cela, d'observer que ces matières colorantes sont des acides et que leur mise en liberté est régie par les mêmes lois générales chimiques et thermiques que les déplacements d'acides les uns par les autres.
Je commencerai par définir les faits au point de vue chimique, en m'appuyant sur les mesures calorimétriques; lesquelles fournissent l'un des moj^ens les plus sûrs pour savoir exactement ce (jui se passe dans les dissolutions.
Les faits une fois précisés, j'en établirai l'interprétation et j'en montrerai la conformité parfaite avec les principes généraux de la Thermochimie : j'en donnerai ainsi la théorie rigoureuse.