Éther composé, formé d'acide et d'alcool
Les éthers mixtes, formés par l'union d'un alcool polyvalent et d'un alcool monovalent, devraient être envisagés d'abord; mais on n'en connaît pas d'exemple qui soit calculable au point de vue thermique. Au contraire, nous i)ossédons un grand nombre de données pour les éthers formés d'acide et d'alcool.
1° Soit un acide de la série grasse, C'IP^'O-. Sa chaleur de formation, sous un état physique donné, augmente en moyenne de 7^'-'' (p. 65o), chaque fois que n augmente d'une unité :
Soit pour la série C«H2«02 105 + 7//, l'acido supposé solide,
» io3 7//, l'acide supposé liquide,
ces valeurs étant approximatives et non applicables au premier terme, l'acide formique.
Dans la série benzénique (p. 65 1) on a, pour les acides homologues, C"PF«-»0-,
On pourrait prendre aussi le second coefficient égal à 7, sans erreur notable.
Soit encore un alcool C'"W^^-0. Sa chaleur de formation s'accroît à peu près de la même quantité pour la même variation homologue. Soit (p. 548)
Pour la série C'"U^-"'+^0, clat liquide 54, 4-1-7, 3w
Les mêmes accroissements approximatifs s'appliquent aux diverses séries d'alcools et d'acides homologues.
Ceci étant admis, l'observation prouve, d'autre part, qu'un éther, formé par l'union d'un acide C"II-'^()- avec un alcool C'"H^'?+"^0, présente une chaleur de formation par les éléments très voisine de la somme de celles des deux composants ( A -t- B) , diminuée de la chaleur de l'eau (69), tous les corps étant supposés liquides. Soit pour la formation par les éléments dudit éther :
ou plus exactement, d'après la plupart des comparaisons :
A + B ainsi calculé serait constant pour le même nombre total d'atomes de carbone et d'hydrogène, ainsi que l'exigent les formules données ci-dessus.
Pour un éther liquide, de la formule C«+'«H-(" + '"'0% on aurait dès lors approximativement
io3 H- 54 — 71 4- 7 (« -t- wî), soit 86 -1-7 -h m).
D'après cette valeur numérique, si l'on remplace l'acide C^H^^'O^ par un acide C^+'-H-^t^+z^) OS l'alcool C'^H^^'+^o par un alcool Qm-riii(q-k)+iQ^ de façon que la somme du carbone et de l'hydrogène demeure la môme, on voit, je le répète, que la chaleur de formation de l'éther composé doit demeurer sensiblement constante : c'est, en effet, ce que l'expérience vérifie pour les éthers métamères.
■i° Comparons mainleiiaiit la chaleur de formalion d'un éthcr avec celle d'un acide isoniérique.
Celle de l'acide C«^"'H"(«+'">0^ sera représentée approxinialivenient par io3 + 7 [/i -h m] ( état liquide ) ;
Et celle de l'éther isomère par 86 -t- 7 [/i +
La chaleur de formalion de l'acide devra donc surpasser, en général, notablement celle des éthers isomériques; l'excès moyen étant voisin de 17*^"^ pour l'état liquide.
Nous allons comparer ces déductions aux nombres tirés des expériences :
ET to o o