PARIS
GAUTIIIER-VILLARS ET FILS, IiMPRI-MEURS-LlBRAlRES
DU BUREAU DES LONGITUDES, DE l'ÉCOLE 1>0 L Y T E C II M Q U E ,
Quai des Giands-Augiistiiis, 53.
(Tous droits réserves.)
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Coll.
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PRÉFACE
L'Ouvrage que j'ai l'honneur d'offrir aujourcriuii aux savants a pour objet l'exposition des lois numériques et données de la Thermochimie. Ces données et ces lois jouent un rôle fondamental dans la Science pure, comme dans ses applications à la Physiologie, à l'Agriculture, aux Arts militaires, aux Industries électriques etmétallurgiques : en effet, elles fournissent la mesure des travaux moléculaires accomplis pendant les transformations chimiques, travaux qui constituent l'une des bases indispensables de toutes nos théories, et, je le répète, de leurs applications.
La connaissance de ces travaux est la substance même de la Mécanique chimique, indépendamment des conceptions et formules atomiques, ou algébriques, que l'on peut y faire intervenir; c'est le fond nécessaire et le point de départ de l'interprétation rationnelle de tous les phénomènes.
J'ai consacré, depuis l'année 1864, un grand nombre de Mémoires et d'expériences à l'étude de ces lois et données numériques, et j'ai résumé les résultats obtenus jusqu'en 1879 dans le Livre 111 de mon Essai de Mécanique chimique. Traité auquel le public a bien voulu faire un favorable accueil et que l'Ouvrage actuel n'est pas destiné à remplacer : il conserve son originalité et sa signification générale. Mais, en ce qui concerne les données numériques, il est aujour-, dliui devenu insuffisant. Dès l'origine, il avait paru trop sommaire à cet égard, ayant dû être ramené aux proportions du
VI PRÉFACE
cadre principal tle l'Ouvrage, consacré à des questions plus générales. Or depuis lors, et sous l'impulsion des idées qui s'y trouvaient développées, les recherches expérimentales de Thermochimie ont pris une extension tous les jours plus considérable, dans mon laboratoire et dans ceux des autres savants, français et étrangers. En eiïet, j'ai poursuivi mes travaux sans relâche, et de nombreux élèves les ont continués et développés sous ma direction.
L'emploi de mes méthodes calorimétriques s'est généralisé; celui de la bombe calorimétrique et des combustions par l'oxygène comprimé, en particulier, a permis de donner aux mesures relatives à la Chimie organique une facilité et une précision inconnues auparavant. J'ai pris soin, en iSqS, de résumer ces méthodes dans un Traité pratique de Calorimétrie chimique, qui a été aussitôt traduit en allemand et en russe.
Cependant, un grand nombre de savants, en France, en Allemagne, en Angleterre, en Russie, en Danemark, en Italie, se sont livrés de leur côté aux mêmes études et y ont introduit leurs vues propres et une multitude de données nouvelles. Bref, la Thermochimie n'a cessé de progresser; malgré cette paresse naturelle à l'esprit humain, qui a porté certains chimistes à résister à l'introduction des doctrines nouvelles et à tâcher d'en contester l'intérêt, pour se dispenser de les comprendre.
Les expérimentateurs qui ont consenti à entrer dans les voies de la nouvelle Mécanique chimique, qui s'ouvraient devant eux, ont été aussitôt frappés de la clarté apportée par celle-ci dans la conception des phénomènes, ainsi que de la fécondité des prévisions et des recherches originales, qui en étaient la conséquence. La confiance et la foi leur sont venues en marchant devant eux, comme il arrive dans les Sciences; c'est-à-dire à mesure qu'ils comprenaient mieux l'étendue et la profondeur de la révolution scientifique, dont
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ils étaient les promoteurs et que l'avenir développera de plus en plus.
Cependant, par une conséquence presque inévitable, cet agrandissement rapide de la Thermochimie a fini par amener une certaine confusion, qui va Jusqu'à compromettre et obscurcir la suite de ses études. L'ensemble des données qu'elle embrasse n'ayant pas été l'objet de publications nouvelles depuis dix ans et plus, il est devenu nécessaire de les réunir et d'en reprendre tous les calculs, afin de les coordonner d'une façon méthodique.
Non seulement ces résultats sont épars dans les recueils spéciaux, journaux, comptes rendus de Sociétés chimiques, annuaires, etc., imprimés en divers pays et dans des langues différentes; mais une difficulté, plus grande peut-être, est née de cette circonstance que les chiffres relatifs à la chaleur de formation des combinaisons n'ont été que rarement mesurés directement. Dans la plupart des cas, on est obligé de les déduire par le calcul d'expériences indirectes, où interviennent des données multiples. Or ces calculs ont été exécutés par des auteurs différents, en partant de valeurs fondamentales qui ne sont pas les mômes et qui ont subi certains changements et perfectionnements, comme il est inévitable dans l'ordre des Sciences expérimentales.
Par exemple, en 1879, la chaleur de formation des composés azotés était déduite de celle de l'ammoniaque, fixée à 4-2Gc^',7, d'après les expériences de M. Thomsen, acceptées à ce moment de tout le monde. Or, j'ai reconnu que ce chiffre était tout à fait inexact et devait être remplacé par -hi2^'\2; rectification que M. Thomsen n'a pas tardé à adopter avec pleine sincérité. De là la nécessité de revoir les chaleurs de formation des oxydes et autres composés de l'azote; ce que j'ai fait aussitôt par des méthodes directes et indépendantes, mes résultats ayant été confirmés
ensuite d'autre part. Je citerai encore les chani^ements B. - I.