Périodes de chaleur communiquée ou enlevée, — Il n'est
pas inutile d'insister sur une remarque rendue évidente par les explications qui précèdent.
Lorsqu'un gaz subit une série de transformations, la période pendant laquelle la température s'accroît est très différente de celle pendant laquelle il faut lui donner de la chaleur. La raison en est la possibilité, tant de fois rappelée, d'échauffer un gaz par la compression, sans lui communiquer de chaleur, .en lui en enlevant même, si la température doit s'accroître moins qu'elle ne le ferait par la compression seule.
Considérons un gaz dont le point indicateur {^fig* 9) passe de M en M'.
Les conditions pour que le gaz s'échauffe, ou pour qu'une communication de chaleur soit nécessaire, ne sont pas les mêmes.
Si, par le point M, on fait passer une ligne isotherme, il y aura échauffement si MM' est au-dessus de cette ligne. Si l'on fait passer une ligne adiabatique, la chaleur communiquée sera nulle si MM' se confond avec cette ligne; positive ou négative, suivant que MM' sera dirigé au-dessus ou au-dessous. La ligne isotherme et la ligne adiabatique, passant par le point M, forment quatre angles opposés deux à deux parle sommet et marqués h\xv\àfig, g parles chiffres 1, 2, 3, 4.
Si le déplacement s'accomplit dans l'angle 1, il y a échauffement et soustraction de chaleur;
Dans l'angle 2, échauffement et communication de chaleur;
Dans l'angle 3, refroidissement et communication de chaleur;
Dans l'angle 4, refroidissement el soustraction de chaleur.
Si ngus considérons maintenant {^fig^ lo) un cycle fermé AM'A'M, la règle suivante devient évidente.
Si Ton mène deux lignes adiabatiques tangentes au cycle en A et A', le gaz recevra de la chaleur quand le point indicateur passera de A en A', il en cédera quand il passera de A' en A.
Si Ton mène deux lignes isothermes tangentes au cycle en M et M', le gaz s'échauffera quand le point indicateur passera de M en M' et se refroidira quand il passera de M' en M.
Si l'on recueille la chaleur livrée par le gaz pendant le parcours A' M A, on pourra l'employer à échauffer le gaz pendant le trajet AM'A', à la condition, toutefois, que la chaleur qui échauffe soit recueillie à une température supérieure à celle du corps qu'il faut échauffer.
Fig. 10.
Si parle point A', auquel correspond la plus haute température de la période pendant laquelle la chaleur est cédée par le gaz, on fait passer une ligne isotherme A' G', il sera impossible d'échauffer le gaz à l'aide de la chaleur abandonnée par lui, pour aucun des points du cycle situés au-dessus de cette ligne isotherme.
Si par le point A, auquel correspond la plus basse température de la période pendant laquelle le gaz doit être échauffé, on fait passer la ligne isotherme AG, on ne pourra utiliser, pour réchauffement, aucune partie de la chaleur recueillie pendant le parcours de la portion du cycle inférieure à cette ligne AG.
En résumé, si l'on veut, suivant l'expression adoptée, régénérer la chaleur abandonnée par le gaz, ce sera seulement en transpor-
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lant sur le gaz, pendant le parcours corresj)ondant à l'arc AG', la chaleur recueillie pendant le parcours correspondant à A' G.
AG' et A' G forment, dans la plupart des cas, de très petites fractions des cycles auxquels ils appartiennent. Souvent même ils se réduisent à zéro. La régénération de la chaleur est alors impossible.
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CHAP. II. — LES IDÉES DE SA.DI CARNOT. l\y