‹ ThermodynamiqueChapitre 4 sur 86 · X PRÉFACE · texte numérisé non relu

X PRÉFACE

présence d'une telle application, un contemporain avait ose dire : Tout cela est admirable et exact, mais la théorie du pendule reste à faire, on l'aurait accusé de repousser de la Physique l'emploi des vérités de fait. Il ne faut pas les repousser, mais en réduire le nombre au minimum. Qu'importe le nombre, dira-t-on peut-être, si celles que Ton admet sont certaines? Il importe beaucoup : le principe poussé à l'extrême supprimerait toute théorie.

Nous admettons aujourd'hui comme un fait qu'un corps chaud échauffe les corps voisins en se refroidissant luim^me; que la chaleur, à une température qui dépend de la pression, évapore un liquide et ne l'échauffé plus. Il appartiendrait cependant à la théorie de prévoir ces faits, à l'expérience de les confirmer.

La haute importance des méthodes nouvelles n'est pas contestée : loin de là, c'est contre une admiration sans réserve qu'il importe de se tenir en garde. Il faut tolérer les nuages, qui portent ombre, mais aimer la lumière et la chercher toujours.

On trouvera dans ce Livre plus d'un raisonnement dont l'exactitude et la netteté, comme dans la théorie proposée plus haut pour le pendule, n'empêchent pas l'imperfection. Je me suis efforcé de n'en admettre aucun qui puisse rappeler une anecdote dont la vraisemblance est certaine.

Un calorifère brûle beaucoup de charbon. La maison, que cependant il chauffait très mal, s'écroule tout à coup. Que s'est-il passé? L'explication est aisée, répond un philosophe, fier de pouvoir démontrer en quelques minutes tous les principes de la Physique : « La force est immuable. La chaleur qui n'échauffait pas s'est transformée en travail. La chute de la muraille confirme la théorie. Il n'y a pas d'autre cause à chercher. » On cherche cependant, et l'on

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