OBSERVATIONS XIII
Grippe. — Forme gastro-intestinale.
Marie G... 28 ans, journalière entrée à la salle Montazet le 3 octobre 1891.
Mère âgé de 58 ans, hémiplégique. Père de 70 ans bien portant.
Mariée à 19 ans, 2 enfants. Il y a 5 ans, scarlatine qui laissa un peu d'ædème des jambes, quelque temps après érysipèle de la face.
Tombée malade il y a 10 jours, céphalée violente pendant une semaine, avec lassitude générale et inappétence ; ne s’est alitée que depuis deux jours devant l'accroissement de sa courbature et la production d'un point de côté très douloureux à la base droite de la poitrine. Depuis deux jours enfin la malade a eu des vomissements bilieux au début, puis alimentaires. Pas de diarrhée ni d'épistaxis.
A l'entrée, état général peu déprimé. Rien du côté de l’abdomen si ce n'est un peu de gargouillement dans la fosse iliaque droite et grosse rate. Aux poumons, respiration obscure à la base droite. Rien au cœur. Pouls 110, T. 39. Disque albumineux dans l'urine.
Le 5, signes manifestes de congestion dans le creux axillaire et à la base du poumon droit, râles fins survenant après les quintes de toux, crachats liquides non adhérents, non sanguinolents. Point de côté sans oppression, quelques vomissements.
Le 8, rate un peu grosse. Les urines restent albumineuses.
Le 10, très grande amélioration, pas d’albumine ; beaucoup d'urates.
REMARQUES. — On voit dans ce tracé une dépression profonde qi fait une encoche de 2 degrés, 2
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dixièmes au milieu du plateau hyperthermique du début (38,8), y figure à la date du 5 octobre entre Æle, 2 et 40e.
Le 11, la défervescence qui s’est faite en lysis paraît complète, 36 heures après on note cependant 380,4 après quoi l’apyrexie devient permanente.
OBSERVATION XIV Grippe exanthématique.
X...,est entrée à l’'Hôtel-Dieu, salle des 3° femmes, au commencement de février 91, pour un léger degré de néphrite puerpérale survenue après son accouchement, qui remonte à trois semaines.
La malade était depuis plusieurs jours à l'hôpital, apyrétique, suivant un traitement spécial pour son albuminurie, lorsque le 21 février on constata, à la visite, les signes d'un état général wrave caractérisé par de la prostration, une céphalée intense et un érythème scarlatiniforme très étendu, prononcé surtout au niveau du cou, de la poitrine et des bras. T.: 40°, #.
Le diagnostic resta naturellement indécis, mais dès le lendemain, en considération de la présence de plusieurs grippes dans le service, d'une augmentation assez sensible de la rate qui était douloureuse à la pression, enfin de l’absence de toute angine, le diagnostic de grippe fut porté.
D'ailleurs, l’évolution du tracé thermique vint bientôt confirmer ce diagnostic ; dès le surlendemain, 23 février, la température tombait à 39°, elle se relevait bien Le soir à 4°,5, mais elle faisait 2 jours après sa défervescence complète puisqu'elle tom-
bait à 37°, 7. La défervescence s’accentua encore le soir même, mais dès le lendemain on assistait à une rechute pathognomonique. 36 heures après la défervescence, le thermomètre marquait 39°,3. Cette ascension fut absolument passagère, car le 27 février au matin la défervescence définitive était réalisée.
Durant toute la durée de cette crise, les urines furent fortement albumineuses ; dès le début on put compter 7 g.d’albumine, il est vrai que la veille la malade avait pris 150 g. de poisson de mer.