‹ Thermométrie clinique de la grippe envisagée comme maladie spécifiqueChapitre 18 sur 41 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Observations recueillies dans divers services hospitaliers

de Lyon et de la région. — Observations étrangères.

Nous allons procéder, pour l'exposé des notes cliniques étrangères au service des 3° Femmes, ainsi que nous l’avons fait pour les observations insérées dans le précédent chapitre.

Nous passerons tout d’abord en revue quelques grippes simples, purement nerveuses, indemnes de toute réaction inflammatoire. Les variétés plus compliquées de la forme thoracique nous fourniront une série de cas intéressants qui nous occupera immédiatement après. Pour finir, nous décrirons un certain nombre de grippes à localisations abdominales.

Deux paragraphes spéciaux termineront ce chapitre : l’un que nous avons réservé aux observations anciennes de fièvre catarrhale, communiquées par M. le profes-

MY ve seur Mayet, l’autre qui contiendra l’exposé des docu ment: colligés dans la littérature médicale russe.

De la lecture des tracés qui accompagnent ce recueil d'observations, qui sont au nombre de 24, de la eritique résumée en quelques lignes que nous ferons de chacun d'eux, nous espérons faire ressortir que le cycle fébrile n’a pas sensiblement différé, pour chacun de ces malades, de ce que nous avons observé dans les salles des 3° Femmes. |

La particularité si importante, si pathognomonique de la rechute s’y révélera dans toutes les courbes d’une manière frappante. Nous verrons enfin l’opinion du docteur Zaccharine, sur la température de la grippe, professée par M. Teissier, dans ses lecons, corroborée à nouveau par les affirmations et les notes cliniques du docteur W. Chnaoubert, médecin de l'hôpital de Moscou.

OBservaTION XVI (Hôpital de Saint-Etienne).

Grippe simple.

Cyprien P..., 50 ans, manœuvre, entré le 25 janvier 1890, dans le service M. Cénas.

Quelques excès alcooliques, variole à 18 ans, plusieurs fluxions de poitrine. Tousse chaque hiver depuis 5 à 6 ans.

La maladie actuelle remonte à 15 jours. Début par céphalalgie, rachialgie, douleurs dans les membres, courbature. Perte complète de l'appétit; langue saburrale mais humide. Constipation, abdomen indolore, foie normal.

Aux poumons, sonorité thoracique normale partout; quelques

ND As

râles sonores. Toux quinteuse ; expectoration insignifiante, Matité cardiaque normale, bruits normaux.

Pas d’albumine.

REMARQUES. — Grippe de moyenne intensité, ayant évolué très probablement au cours d’un léger état catarrhal. La défervescence n’a pas dépassé 3&, rechute très nette dans les 48 heures (3%) à la date du 30.

OBSERVATION XVII Grippe simple.

Auguste P... 40 ans, manœuvre, entré le 8 janvier 1890, dans le service de M. Garand.

Père mort de pleurésie, mère bien portante ainsi qu’un frère et une sœur. Anémie dans la seconde enfance ; à 20 ans, battements

de cœur.

L'affection actuelle a débuté, il y a 4 jours : lassitude généralisée, grande faiblesse dans les membres inférieurs, céphalalgie violente. Vomissements ; état nauséeux permanent. Actuellement il subsiste encore de la faiblesse marquée des membres et un point douloureux partant du creux épigastrique pour s'irradier aux deux côtés du thorax.

Aux poumons, percussion normale. En arrière, respiration légèrement soufflante des deux côtés au sommet et à droite. Quelques râles bulleux.

Rien au cœur. Urines normales.

REMARQUES. — La défervescence à commencé chez ce malade le jour même de son entrée. Le troisième jour elle s'était effectuée. 36 heures après, rechute (38) qui s’est maintenue pendant deux jours, pour arriver rapidement à une apyrexie permanente.

OBSERVATION XVIII Grippe simple.

François P..., 27 ans, mineur, entré à l’hôpital de Saint-Etienne, le 6 avril 1889, dans le service de M. Chavanis.

Rien dans les antécédents à part un traumatisme ancien de l'œil droit, et un refroidissement (?) il y a trois ans environ.

Se sentait fatigué depuis deux jours: maux de tête accentués, rachialgie, grande lassitude dans les jambes.

Pas de tuméfaction au niveau des articulations, ni de douleurs localisées ; ni nausées, ni vomissements. Rougeur de la gorge, langue légèrement saburrale, peu de toux, expectoration muqueuse.

Rien aux poumons et au cœur. Le nez est légèrement œdématié, la tuméfaction s'étend, sans bourrelet saillant pour limites, de chaque côté des joues. Larmoiement.

Pas d’albumine dans l'urine.

8 avril. — Légère épistaxis le matin.

Le malade s’en allait guéri le 20 avril.

REMARQUES. — La fièvre a été ici très modérée, comme les symptômes. La température maxima n’a guère dépassé 39%. En deux jours l’apyrexie à été complète. Légère tendance au relèvement dans les 48 heures

qui ont suivi.

OSERVATION XXIX

Claudius P.., grippe légère à forme thoracique, observée à la clinique de M. le professeur Bondet.

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