‹ Thermométrie Cutanée: Son Utilité en Pratique MédicaleChapitre 14 sur 21 · CONDITIONS INTÉRIEURES · texte numérisé non relu

CONDITIONS INTÉRIEURES

Age. — Ilest logique d'admettre que la température cutanée varie avec l’âge, si l’on se rappelle que dans les calculs faits pour le métabolisme basal, on prend comme donnée de rayonnement par mètre carré de surface de la peau, des chiffres qui s’abaissent à mesure que l’âge s'élève.

Ces chiffres sont d’ailleurs théoriques, car, si le rayonnement était simplement une fonction de l’âge, on pourrait calculer aisément à quelle température moyenne il correspond (le rayonement étant proportionnel à la 4 puissance de la température absolue). | £

Dans la pratique de la thermométrie cutanée, les facteurs de l’âge ont été discutés : selon Cobet, l’âge aurait peu d'importance pour la température de la peau ; cet auteur trouve cependant des températures plus élevées chez les enfants maigres. Kuntrel et Talbot arrivent à des conclusions opposées chez les enfants de moins de 8 ans (température plus basse). Talbotet Bates ‘ayant examiné quinze points chez des enfants de 3 mois à 12 ans, trouvent des chiffres plus bas que ceux de Benedict

Ne

pour l’adulte. Toutes ces mesuressont difficilement contrôlables: on ne tient pas compte de l'influence des vêtements, les enfants ont les membres inférieurs plus libres et plus découverts que l'adulte. os

En outre, l'enfant peut être plus instable au point de vue thermique que l'adulte ; la question est bien connue chez les nourris-. sons, surtout les prématurés, dont la température, même rectale, subit les influences thermiques externes. Schelble et Mendelsohn trouvent, non seulement des différences individuelles, mais dans l'ensemble, un refroidissement cutané chez les prématurés. La même constatation est valable pour les nourrissons atrepsiques, qui ressemblent davantage aux prématurés qu'aux autres enfants normaux. % :

__ Des variations qui existent entre l’état de veille et de sommeil chez l'adulte (Kirk) ne se retrouvent pas chez l'enfant (Scheble) © il n’y a pas d'influence de la sudation qui diminue chez l’aduite au cours des premières heures du sommeil (Czerny).

Nous-mêmes, puisant dans les statistiques que Saidman a établis chez les malades hospitalisées à l'Institut d’Actinologie de Vallauris; arrivons aux conclusions suivantes : : |

Les moyennes sont d'environ d’un demi degré plus élevées chez les enfants, maisil y a lieu de tenir compte du sexe et de la température ambiante. Voici les chiffres obtenus :

Garçons. (36 sujets-examinés)..:.041...174,..04 3208 Hommes adultes (243 Sujets) er eee 32045 Filéttes CASIO LT TR RSS RER ESS 39 + Femmes et jeunes filles (300 sujets) ..... RE 31043

. Quant à l'influence de la température ambiante, elle intervient Surtout pour les basses températures; les fillettes ayant 2° de moins en moyenne, lorsque la température ambiante. tombe au-dessous de 14°. Par contre, à partir de 15°, les températures moyennes sont identiques :

Température ambiante 159%à 495 Au-dessus de 20° 15 à 190 Garçons $ Filles 3205 (14 Cas) 3204 (34 sujets)

Au-dessus de 200 3392 (14 Sujets) 3305 (12 sujets)

En somme, les fillettes subissent davantage que les garçons les influences de la température ambiante.

Pour conclure, nous rappelons que chez le nourrisson les fonctions thermo-régulatrices ne sont pas encore bien établies ; l'enfant garde une certaine tendance à l'instabilité, les enfants more auront des températures relativement élevées.

Pour les adultes, les chiffres varient suivant la constitution et - le sexe. =

Chezle vieillard, il est logique d'admettre un n certain état d’abaissement de la température cutanée, mais le rôle de l’âge est en partie compensé par l’amaigrissement physiologique sénile.

La différence qui existe chez l’adulte en fonction du sexe — la femme étant plus froide au point de vue thermique — disparaît au cours de la vieillesse. En outre, les perturbations au niveau des membres, liées à la sclérose vasculaire, entraînent des refroidissements périphériques plus marqués. :

Toutefois, nous devons faire remarquer que Gelband, ayant examiné 14 malades âgés de 65 à 87 ans, dans le Service du Professeur Chevassu, et présentant des troubles urinaires légers dus à une hypertrophie de la prostate, et qui n’ont pas été obligés de s’aliter, il a observé que leur T. GC. M. était semblable à celle des adultes. Les chiffres trouvés varient entre 299% (un seul cas). -et 3304, La moyenne est de 3107.

Lesrecherches faites sur des femmes du même âge ont donné des chiffres plus bas. |

La constitution du sujet interviendra d’une façon importante. Les obèses auront une T. C. M. abaissée, tandis que les maigres aufont tendance à présenter une T. C. M. élevée. Ceci s’explique par le fait que la couche graisseuse est un mauvais conducteur de chaleur et, qu’en plus, elle est peu vascularisée, L'illustration par excellence est représentée par le syndrome de Babinski Frœlich ou la T. C. M. au niveau des différentes couches graisseuses est extrêmement abaïissée, mais reste normale au niveau

des parties non envahies par la graisse.

Le sexe du sujet joue probablement un rôle ; les femmes auront une T. C. M. plus abaissée que celle des hommes. Bonnenkamp évalue cette différence de 1/2 à 1°, expliquant le phénomène par la surface plus grande de radiation. Au moment de la vieillesse, leur T. C. M. se rapproche un peu plus de celle des hommes.

Un autre groupe d’influences a comme caractères communs l'augmentation de la production thermique. Citons à ce sujet

Les 99 a

l'Alimentation, le Travail physique, la Fièvre, lExGitatIon psychique et les Médicaments.

Alimentation. — Après l'absorption d'aliments riches en substances albuminoïdes, nous observons des élévations de T. C., car il estadmis que les protéines et les graissesaugmentent l’activité dynamique spécifique.

Chez un homme de 50 ans, un repas de 150 gr. de viande, 90 gr. de beurre et 100 gr. de pain, fait passer la température moyenne.de la peau de 3301 à 3307. Il faudrait tenir compte, dans l'interprétation de ces résultats, du fait que la température extérieure peut changer légèrement du matin à 3 heures de l'aprèsmidi. £ 2

Pour établir d’une façon très précise l’action exacte des aliments, il faudrait prendre les mesures de rayonnement dans

une pièce à température constante. Chez deux sujets (Mme M...

et M. H..) l'ingestion de 150 gr. de viande, 50gr. de beurre et 100 gr. de pain, produit upe élévation de la température moyenne de la peau de 6 dizièmes de degré pour l’un et de 1 degré pour l'autre. Chez un 3° (Mme G.), la température étant prise dans les conditions requises, nous avons noté un abaissement de la T.C.M. de 3/10° de degré. | 3

Le travail. — C’est un phénomène absolument logique que la température Centrale monte à l'occasion d'efforts physiques ; grâce à ceci, ce ne sont pas seulement les réactions chimiques qui Sont accélérées comme on l’admet, mais on ménage la circulation générale, car la circulation principale nécessite moins de sang, et les tissus qui travaillent sont aussi mieux ravitaillés.

Ceci est en rapport avec le fait que les température centrales . deviennent inférieures à mesure que l'entrainement augmente. Cependant, nous avons affaire à des déplacements caloriques plus ou moins importants dans l’économie calorique, si bien que

‘ nous ne pouvons pas conclure des relations quantitatives entre la production calorique et la température cutanée.

Tous les auteurs cités par Cobet dans son article paru € en 1926 avaient trouvé que la lempérature de la peau s'élève après le travail. | :

Ce n'est que ces dernières années que Benedict, à la suite d'une série de recherches sur l’action du travail, sur la température de

la peau, trouve que là course à pied et le Colace font monter la température de la peau au niveau des membres et l’abaissent” au niveau du tronc. Seligman rapporte, dans sa thèse, une série d'expériences à la suite desquelles il conclut aussi que la température de la peau s'élève localement au niveau des muscles qui travaillent, mais s’abaisse à distance.

Comment expliquer ce refroidissement de la peau à distance, qui paraît paradoxal ? Tant que les mésures de la T. C. ont été faites avec l'appareil de Benedict appliqué directement sur la peau, on pouvait se demander si la vaporisation d’eau chargée de sel, plus intense dans certaines régions, ne pouvait pas faire naitreuncourant desens contraire à oh provoqué par l’échauffement dela pile. Cette explication n’estplus valable pour les mesures faites à distance, la pile étant protégée par un écran. On pourrait

“supposer que l’évaporatiom#d’eau, très intense à distance, provoque un refroidissement de la peau, cependant qu’au niveau des . muscles qui travaillent, la vaporisation moindre permet de mesurer l'augmentation du rayonnement, plus grande à ce niveau. :

Les mesures de température cutanée faites une heure après le travail montrent que les régions refroidies reviennent à peu près à leur température normale, cependant qu’au niveau des muscles qui ont travaillé, la température qui avait augmenté continue à rester élevée.

Fièvre. — Au moment où la fièvre monte, la peau est relativement froide et sèche, surtout pendant les frissons. La baisse de la température centrale est souvent en rapport avec la baisse de la température cutanée, à laquelle suit (c'est particulièrement net en cas de sueurs) une baisse de la température cutanée avant la température centrale, indiquant une augmeñtation de la transpiration cutanée.

Sans ce facteur, des chutes si brutales de la température cen- : trale, comme on en voit sisouvent, seraient impossibles. Pendant la fièvre on assistérait à de grandes variations locales sur la T. C.

Excitation psychique. — On sait que l'excitation psychique détermine une augmentation des échanges gazeux. On ne peut, par conséquent, pas s'attendre à une influence unique sur la tem- pérature cutanée, puisque le phénomène principal dépend aussi de l'origine de l'excitation psychique.

Médicaments. — Les antipyrétiques déterminent des chutes thermiqués ayant les Conséquences ci-dessus déérites. La thyroïdine à hautes doses augmente surtout lés températures cutanées des. extrémités, surtout s’il y a des phénomènes angiospaäsmodiques côncomitants. L'alcool détermine une augmentation de la T. C. et empêche l’action thermo-régulatrice de là circulation cutanée, si lé milieu extérieur est froid, tandis que l’action frénatrice de la transpiration reste conservée. Le nitrite d’amyle auraït une action analogue. La pilocarpine détermine une baisse de la T. Cpar une augmentation de la transpiration.

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