‹ Thermométrie Cutanée: Son Utilité en Pratique MédicaleChapitre 19 sur 21 · NE · texte numérisé non relu

NE

nablement placées ; le choix possible de la position de l’électrode

doit être fait après l'exploration préalable de la thermométrie

cutanée au niveau de la réaction douloureuse. Signalons notamment trois cas :

1° Névralgies cervico-brachiales : Explorer la température au niveau de la colonne cervicale, et si on trouve des perturbations, on mettra l’élecitrode à la partie refroidie. De même, pour placer l’autre électrode sur le bras ou l’avant-bras, on cherche les régions les plus refroidies au niveau du membre douloureux.

20 Arthrites chroniques de la hanche : On sait que dans beaucoup d’arthrites de la hanche, le malade se plaint moins de douleurs de la hanche que de douleurs dans le genou. H est donc classique, comme nous l'avons dit plus haut, aussi bien chez l’enfant que chez l'adulte, aussi bien pour une ostéo-arthrite tuberculeuse que pour les lésions rhumatismales, de ne jamais se contenter d'explorer legenou quand quelqu'un se plaintde douleurs à cet endroit, mais d'examiner également la hanche.

Il va sans dire que, dans les conditions, on utilisera dans le traitement des arthrites chroniques de la hanche par les ondes courtes, un champ qui comprendra, non seulement la hanche, mais également les régions avoisinant le genou.

39 Scrariqhe : Comme nous l'avons dit, dans toute sciatique, il faut examiner la thermométrie cutanée au niveau de la colonne lombaire, ce qui révélera parfois l’origine vertébrale de la douleur. On placera donc les électrodes au niveau des régions les plus refroidies.

Variations de la température cutanée dans les troubles endocriniens.

Avant de parler des différentes recherches effectuées dans les Services du Professeur Guy Laroche à Tenon sur les sujets atteints d’'hyperthyroïdie, nous allons faire état de trois examens süccessifs faits sur le même sujet dans les laboratoires de notre Maître Saïdman :

— examen de la température cutanée de Mine G... : il a été fait trois examens successifs :

AT CAE

À se premier examen sans préparation spéciale, — le deuxième examen précédé par une irradiation d'ondes courtes de la glande thyroïdienne (3 ampères — 4 minutes), — le troisième examen précédé par une irradiation de la glande hypophysaire (même intensité — même temps).

1° Examen sans préparation spéciale :

La moyenne de 33 points, avec une température de 18% est de 32° (chiffre qui se trouve à la limite des chiffres normaux).

Le point le plus froid (2203) correspond à la plante des pieds.

Le point le plus chaud (3591) correspond à la région de la Velombaire.

Il a été fait une série de mesures comparatives pour déterminer la température de 6 points du rachis et de 6 points de la main. On trouve, dans ces conditions, une moyenne de 3493 au niveau du rachis et de 2598 au niveau de la main.

La malade n’a pas d'hyperthermie de la main, que nous avions observée si souvent dans l’hyperthyroïdie.

20 Examen après irradiation de la thyroïde.

Le pouls, au coùrs de cette irradiation, ne dépasse pas 80 pulsations à la minute.

La moyenne des 33 points atteint 3393.

- Le point le plus froid (2401) est toujours la plante des pieds. Le point le plus chaud (3693) est au niveau de la fosse iliaque droite.

La comparaison entre la température du rachis et celle de la main donne 34°4 au niveau du rachis et 268 au niveau de la main.

- Donc l’irradiation de la thyroïde n’a pas modifié la température au niveau du rachis, tout en l’élevant sur le reste de la surface cutanée (main 1°).

3° Examen après irradiation de l'hypophyse :

On retrouve à peu près la même moyenne de 33 points, c’est-à-dire 33°2, en diminution de 1/10° de degré sur l'examen précédent. |

Les rapports sont modifiés en ce qui concerne le rachis, dont la moyenne est passée à 35°8 contre 27° comme moyenne des deux mains. Le point le plus froid (23°) est au niveau de l’extrè-

ReS@ VE

mité du médius. Le point le plus chaud (37°3) est au niveau du . front.

Signalons qu'au cours des trois examens on a noté que la température au niveau de la thyroïde n'était pas exceptionnellement élevé, malgré la brûlure subjective accusée par la malade et l'érythème spontané de cette région.

Voici leschiffres notés :

Premier CXAMEN ES. Lobe droit 3402 Lobe gauche 3409 Deuxième examen..'.... Lobe droit 3503 Lobe gauche 35°4 Troisième examen....... Lobe droit 35°5 . Lobe gauche 35°2

Conclusion : Il est évident que la malade présente des

températures élevées en certaines parties du Dares notamment la tête et le tronc.

Normalement, cette élévation de la température est compensée par des extrémités froides, ce qui explique la moyenne de 320 observée sans préparation spéciale. Toutefois, la moindre excitation de la thyroïde et de l’hypophyse élève cette température -n lui donnant un caractère pathologique (33°3, 33°2).

La malade présente donc une augmentation de rayonnement, mais le signe de l’échauffement des mains est tout à fait négatif.

La température cutanée chez les hyperthyroïdiens.

La température de la peau, mesurée avec l'appareil de Saïdman, est plus élevée chez les Basedowiens que chez les sujets normaux; elle est abaïssée chez les myxoœdémateux.

Chez huit sujets dont le métabolisme basal était supérieur à 10 %, nous avons constaté cinq fois une température cutanée nettement supérieure à la normale. D’une façon inverse, sur six sujets ayant un métabolisme basal normal ou abaissé, nous avons constaté deux cas de rayonnement augmenté, l’un avec métabolisme basal égal à — 24 pour 100.

Le tableau ci-dessous donne les températures moe et la température moyenne chez trois sujets ayant un mélabolisme basal normal, dont deux femmes âgées de 28 et 50 ans et un homme de 64 ans, tons les trois étant au repos, recouverts et à une température de 25°. Leurs températures moyennes par régions, sont: |

Mme Ca, Mme Z. M. Go.

He 3h | 3308 330 ODA Un en 35° 3409 3405

Membres ru" 3104 3104 31°7

Nous avons mesuré, dans les mêmes conditions, la température de la peau chez quatre Basedowiens :

Temp. moyenne | Temp. ext.

3 À LES ANTEY BORNE RTE ER HER 3403 220 ANRRERE A Ch RER perree 349 23° LES PA RE AE Eee 340 220 EE 0 en dure n 3402 2205

Si l’on compare les températures régionales des trois premiers sujets d’une part, et des quatre Basedowiens d’autre part, on remarque que la température de la peau chez ces derniers est surtout élevée au niveau du tronc :

. Mme Bod. Mme Kol. M. D. Mmr: Lach.

RTE RER ET 349 3402 4085 #5-3309 TONER SE AT 3601 : 3604 36° 3604 Membres ........ 3005 315 3104 3201

La température moyenne du tronc est de 36 environ chez les Basedowiens, cependant que chezles personnes ayant un métabolisme normal la température du tronc ne dépasse pas 3405-350.

La température des membres inférieurs n’est pas plus élevée chez les Basedowiens ; on remarque seulement chez eux une grande irrégularité dans la répartition géographique de la température.

Certaines régions sont très chaudes, d’autres beaucoup plus froides, les écarts de température externe au niveau des membres étant beaucoup plus grands chez les sujets normaux.

Les températures régionales, mesurées dans les mêmes conditions chez une Basedowienne de36 ans et une myxoœædémateuse de 50 ans, sont :

Tête Tronc Membres Mer pi 3507 364 3204 MS Caen 3305 3402 320

G.Michel 5

UN ue

La température cutanée.

dans les troubles circulatoires

Lors des embolies brusques vasculaires des extrémités, l'hypo-

thermie superficielle est appréciable nettement, après une à deux heures, et permet d’affirmer le diagnostic précocement el de permettre ainsi une intervention sur le foyer, durant la période favorable des six premières heures.

Dans la sclérose artérielle, avec 'oblitération progressive, le diagnostic précoce de la gangrène peut être facilité. En outre, il importe de pratiquer l’amputation au-dessus de la zone refroidie de plus de 1° au-dessous de la [EmperRtUre de la région symétrique du membre opposé. Z ;

Lors de certaines gangrènes diabétiques ou infectieuses. la température du côté malade était plus élevée que du côté sain. Dans un cas, on peut affirmer qu'il n’y a pas gangrène, par insuffisance de vascularisation et le traitement conservateur doit être poursuivi.

Les spasmes vasculaires, aussi bien des artères profondes que des vaisseaux superficiels, peuvent être à l’origine de modifications thermiques.

Les phlébites des membres inférieurs à la suite d’une opération sont caractérisées par une élévation de chaleur locale superficielle qui permet parfois d'interpréter des phénomènes douloureux suspects. Cependant lors des affections du bassin, des phénomènes sympathiques peuvent déterminer une élévation thermique symétrique trompeuse, rendant plus difficile le diagnostic des phénomènes post-gravidiques par exemple.

Lors de la narcose, la température des pièds augmente progressivement pendant que le malade s'endort. L'absence de ce phénomène ou sa disparition brusque, témoignerait avec certitude d’un phénomène de shock, nécessitant un traitement actif ‘urgent.

L'emploi du thermomètre électrique dans les avitaminoses.

Un signe d’hypoavitaminose B,; est la difficulté de réchauffement des téguments (prédisposition aux engelures). La fréquence

des engelures | aux cours des hivers de ces années de guerre a été certainement plus grande que pendant les années précédentes. Les quelques semaines de froid rigoureux ne suffisent pas à l'expliquer. Nous avons constaté, au cours des périodes où le thermomètre ne descendait guère au-dessous de 5° C, le syndrome suivant :

1° Sensation de froid au niveau des extrémités (mains, pieds) ; 2° Abaissement de la température cutanée ; 3° Hypoesthésie et sensation de sécheresse des doigts ; 40 Changement de coloration dû aux HORS circulatoires (teinte violacée et blanchätre) ; 9 Grande difficulté à se réchauffer. Ainsi, au lit, les sujets q qui se réchauffaient en 15 ou 30 minutes, se retrouvent encore après

plusieurs heures avec Lee mains ou les pieds très froids.

Ces troubles nous paraissent liés à une carence par tielle en facteurs B.

Ces états peuvent sans doute être révélés par des signes plus directs (par exemple, l'examen des urines), mais il nous a semblé intéressant d'indiquer un procédé simple qui met en évidence les troubles du réchauffement de la peau, même en dehors des périodes de froid hivernal.

La technique est la suivante : |

L'examen est fait, de préférence le matin : on expose he petite surface de la partie antérieure de la cuisse, pendant 15 minutes à l'air, puis on prend sa température au thermomètre électrique, à 3 reprises, et à une minute d'intervalle. On fait la moyenne des trois lectures, et on trouve, selon les sujets et l'heure de l'examen, de 30 à 33° chez les sujets normaux. On applique sur la peau un dispositif réfrigérant, de façon à réaliser un équilibre à 0° ; le contact doit durer une minute. On reprend la température cutanée trente secondes après avoir énlevé le dispositif réfrigérant et ensuite toutes les minutes pendant un quart d'heure. 5

Généralement, chez les sujets normaux, on constate un refroidissement de la peau de 10° à 15°, suivi d'un réchauffement qui se traduit, sur une courbe, par une hyperbole qui se rapproche de la température initiale, à 1° ou 2° près. Chez les sujets que nous avons observés, ce retour à la normale ne se fait pas d’une façon satisfaisante, et la température reste abais-

DE 1 Dee

sée pendant une période qui dépasse beaucoup la durée du test. L'épreuve thérapeutique a été faite en administrant à ces sujets une préparation spécialisée, contenant la vitamine B ; nous avons constaté que l'écart entre la température initiale et celle observée après 15 minutes était sensiblement réduit, par exemple de 402 à 206. :

En général, l'écart thermique entre la main et la Re la bus CHA dE de la surface cutanée ne dépasse guère cinq degrés. Or, chez les carencés, le refroidissement thermique peut atteindre 15°, même lorsque la température est à peine fraiche. Voici des chiffres que nous avons observés :

Température ambiante 140

Front. find thhenmsreeleetbialeter 3106 Paume de Tanam tre ER 2408 Pulpe:du pouce." es MG 1604 Pulpesde lauriculaire eee rio

En somme, l'excès de température sur celle de Pair ambiant frais tombe de 10 ou 159 à 1°2 ou 3 degrés.

L'homme sous-alimenté ou carencé en vitamine B se rapproche des animaux à sang froid et se trouve incapable de maintenir la chaleur du sang périphérique.

LS signe décrit plus haut n’a pas une valeur pathognomonique; on le rencontre dans divers états d'hypocirculation périphérique. Colomban, et Bourgeois l'ont cherché chez des tuberculeux pulmonaires ; ils l'ont trouvé négatif chez des sujets même fébriles, dont les lésions ne sont pas rapidement exténsives. Ils ont trouvé des courbes abaissées chez les malades évolutifs graves et amaigris, et aussi chez des obèses et des bronchitiques chroniques.

Sous ces réserves, la recherche de la «courbe de réchauffement » est un signe précieux des troubles circulatoires périphériques engendrés par les hypoavitaminoses, dont on connaît les répercussions fâcheuses sur les fonctions cutanées.

Températures cutanées et maladies d'origine nerveuse.

Il importe peu, pour les cliniciens praticiens, de participer aux discussions deschercheurs,en vue de connaîtrelescauses et l’inter-

de

prétation d’origine des troubles constatés au cours des différentes maladies nerveuses, surtout au moment où des faits prégiss en ce qui concerne l'expérience, manquent.

Ainsi, nul sujet ne prête mieux à des hypothèses que les. maladies nerveuses ou d’origine nerveuse et leur rapport avec la température cutanée. Un fait est certain : c’est l'importance

des variations de la tempéralure cutanée au moment des troubles variés du système nerveux.

Ipsen, en se basant sur les expériences faites par Bush, exclut

la possibilité de présence d’un système ganglionnaire périphérique dans l’adventice des vaisseaux, et qui fut mise en évidence par Leriche et Jonescu. ; #La physiologie des nerfs vasculaires a fait l’objet de très nombreuses recherches, et c’est à Claude Bernard que revient le mérite de démontrer, par sa célèbre expérience de l’extirpation du sympathique cervical du lapin, le rôle joué par ce système dans les variations de tonus et de calibre des différents vaisseaux et l’action variée sur le muscle lisse et strié qui subit une atrophie après section des nerfs moteurs correspondants.

- Les mesures rapportées-en ce qui concerne les maladies ner-

veuses manquent d’'homogénéité ; les’ méthodes d'investigation sont différentes pour chaque auteur.

Les causes d'erreur exclues, on voil l'intérêt que présente la thermométrié cutanée en Neurologie ; l’interprétalion des résultats sera facile pour les lésions unilatérales, étant donné qu'en général, la différence des températures cutanées de la partie correspondante ne dépasse pas 09%5 centigrades.

Toutes variations en dehors de cetté marge méritent d’être

prises én considération, à condition que les points examinés soient strictement symétriques et que les mesures soient faites dans les mêmes conditions.

Si l’on mesure les températures au niveau de la plante des pieds d’un malade dont le nerf sciatique a été sectionné, on note ceci : les terapératures du côté malade ne varient guère d'un jour à l’autre ; ainsi, chez lui, les variations sont comprises entre 3108 et 3597 du côté malade et de 2704 à 370 du côlé sain. Ces grosses variations du côté sain sont dues, d'après Ipsen, à une excitation régulatrice du système nerveux central, qui ne ee pas s'exprimer du côté malade.

Les artères de la peau réagissent tout différemment vis-à-vis

M Ra ee

d'un refroidissement violent. C’est un fait cliniquement connu que les malades qui ont subi une amputation souffrent du froid pendant l'hiver ; on note même des gelures exclusivement du côté anesthésié. |

Températures cutanées dans les affections de la moelle. 3

Examinons neuf cas de compression médullaire due à une spondylite. La température de la plante était normale dans deux cas et ne descendait pas au-dessous de 309 ; dans deux autres cas la température descendait à 290. Dans un cas où le processus pathogène était localisé dans les environs de LI, la tempé- * rature ne descendait pas au-dessous de 3128. Mais dans trois cas où le processus morbide était localisé entre D9 et D12, et où l'on constatait cliniquement des contractures des muscles striés et des spasmes artériels, la température descendait jusqu'à 270.

Dans un cas de spondylite (D10-D11), avec abcès lombaire, les mesures de température cutanée de la plante des pieds donnaient un résultat curieux. A l'admission, le malade s’est plaint de pieds froids (289) ; à l’aide d'une bouillotte, la température montait légèrement (29°). Le quatrième jour après son admission, on a ponctionné l’abcès, et on voyait alors monter la température du pied. Cette action s’est traduite très nettement tant au point de vue subjectif qu'objectif, pour disparaître de nouveau.

Les recherches de mesures de températures cutanées que nous avons pratiquées paraissent prouver qu'un processus attaquant le segment le plus bas de la moelle n’a pas d'influence sur la température cutanée de la plante.

Le Tabès et la sclérose amyotrophique, d’après Clas et Becquel, ne paraissent pas influencer la température cutanée ; ces conditions s'expliquent localement en se basant sur l’ancienneté des lésions qui, suivant les lois naturelles, se trouvent compensées. | ï

La syringomyélie est intéressante à étudier, car il en résulte des plaques thermiques à température variable.

La régulation thermique dépendant de centres cérébraux, il est certain qu'il existe un centre cérébral sympathique, qui

re — A —

siège au niveau de la base du % ventricule, et qui agit sur la

température cutanée. Ainsi, dans six cas de commotion cérébrale, la température moyenne de la plante des pieds ne s'élève que le lendemain de l'accident. On peut se demander s’il n'y a

pas une excitation directe du centre ou s’il s’agit d’une action post-traumatique.

Page 1