DIGESTIF
Les recherches qui précèdent, jointes au mémoire que j’ai récemment publié sur la digestion des matières amylacées , ont eu pour but d’établir que le pancréas ne remplit aucune fonction essentielle dans la digestion , et de restituer, en même temps, à l’estomac l’exercice plein et entier de son action sur toutes les matières alimentaires indistinctement; mettant ainsi la théorie d’accord avec
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l’expérience de tous les jours, et avec ce sentiment, en quelcpie sorte, instinctif, sous l’inspiration durjuel savants et ignorants ont, de tout temps, attribué, d’une manière exclusive, aux vicissitudes de l’estomac, les troubles survenus dans le travail digestif.
Ces recbercbes viennent, en outre, apporter la dernière pierre, et, pour ainsi dire, la clef de voûte à mon système sur la digestion, en donnant aux principes généraux établis dans mon T r ailé analytique une pleine et entière confirmation.
Qu’il me soit donc permis de saisir l’occasion solennelle qui m’est offerte aujourd’bui, pour mettre en évidence les points les plus saillants de ce système , et pour appeler sui' eux l’épreuve de la discussion.
Il y a un siècle et demi environ , Boerhaave définissait la digestion, d’une manière aussi juste que concise, pas ces quelques mots : Liquor diluens , vis conterens , vas coercens. Or, selon moi, c’est encore à cette théorie si simple , qu’après bien des détours, il faut revenir aujourd’bui ; ainsi que je vais essayer de le démontrer, eu commentant successivement les trois points que cette définition comporte.
Liquor diluens. — Contrairement à l’opinion généralement admise, j’ai établi en principe que, de tous les fluides qui se déversent dans le tube gastro -intestinal, un seul (liquor) mérite, en effet, la dénomination de fluide digestif proprement dit , c’est le suc gastrique ; car lui seul exerce une action véritablement ebimique sur les aliments ; tandis que les autres , savoir la salive, la bile, le suc pancréatique, en un mot, les fluides miupieux de toute espèce, ne sont autrechose que des produits excrémcutitiels, qui, avant d’ètre expulsés définitivement de l’économie, lui i-endent encore un dernier service, si je puis m’exprimer ainsi, soit en facilitant le glissement des matières ingérées, soit en protégeant les surfaces qu’elles lubrifient , soit même, comme nous venons de le voir, en contribuant par leur viscosité à l’émulsionnement des matières adipeuses.
Il résulte de là qu’en définitive le rôle (pii est départi à ces fluides est exclusivement mécanique et, du reste, tellement secondaire, qu’on peut le supprimer, sans que la digestion cesse de s’accomplir assez régulièrement pour l’entretien de la vie, pendant