HART LARE UN
lières. Retranchez, en effet, à la pléthore quelques-uns des accidents qui la caractérisent; adoucissez, pour ainsi dire, les teintes du tableau des symptômes généraux qui la représentent, et, insensiblement, vous rentrerez dans le tempérament sanguin. Et par contre, si vous venez à charger les traits sous lesquels on s’est accordé de tout temps à décrire le tempérament sanguin, vous retomberez dans les phénomènes de la pléthore. De même, il serait facile de faire voir comment on peut passer de lanémie à ces constitutions grèles et délicates, qui sont l'attribut presque exclusif de la femme, mais qui se rencontrent aussi physiologiquement dans l’autre sexe. La pléthore et l’anémie doivent donc être considérées comme deux états morbides, résultant de con- ditions inverses. Voyons si l'analyse du sang nous aidera à nous rendre compte de ces remarquables différences.
Pléthore. — De tout temps on a senti que, dans cette maladie, le sang doit jouer un grand rôle. L'absence complète de lésion locale, et la considération des phénomènes sénéraux qui caractérisent cet état morbide, avaient forcé les pathologistes à chercher la cause.de tous ces désordres fonctionnels dans une altération du liquide nourricier de l’économie. Mais, ici encore, c’est à l'hypothèse qu'on avait recours, au lieu de procéder par des recherches directes. Ainsi, à la vue de la turgescence du système capillaire général, on s'était empressé d’admettre que la masse totale du sang devait être augmentée de quantité. Mais où sont les preuves de cette augmentation ? qui l'a vérifiée? comment a-t-on pu établir la moyenne normale de la quantité du sang? comment a-t-on pu procéder à la recherchedes variations de cette moyenne? Non-seulement ici les expériences manquent, mais nous devons encore dire qu’une pareille détermination est impossible , qu'il n’y a pas de moyen connu pour résoudre un pareil problème. C’est donc une hypothèse, et une hypothèse toute gratuite, qui a fait choisir le mot de pléthore, et celui plus moderne de polyhémie, pour désigner l’état morbide qui nous occupe. Mais ce n’est pas tout : dans le tempérament sanguin, et dans la pléthore qui n’en est que l'exagération, les actes vitaux s’accomplissent avec une énergie remarquable. Comment alors