‹ Thèse pour le doctorat en médecineChapitre 7 sur 15 · IST · texte numérisé non relu

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ne pas s'attendre à trouver la pléthore caractérisée, dans les auteurs, par une augmentation de la quantité de fibrine ? [ei encore nous voyons l'hypothèse préférée à l’analyse directe, qu’il était cependant facile de faire intervenir en cette circonstance. Mais, avec les idées généralement proposées et reçues sur le rôle de la fibrine, la conclusion était si logiquement déduite que personne n’a hésité à l’admettre, et à partir de cette base tout hypothétique comme d’une vérité irrévocablement démontrée.

Eh bien! si, laissant de côté le champ si vaste des suppositions, nous demandons aux recherches sévères et exactes de fixer le rôle que la fibrine doit remplir dans les phénomènes de la pléthore, nous verrons que ce rôle est absolument nul. Une pareille opinion parait paradoxale, sans doute ; mais comment se refuser à l’admettre, quand nous voyons, dans les nombreuses analyses publiées par MM. Andral et Gavarret, la fibrine ne jamais sortir des limites physiolosiques dans tous les cas de pléthore simple. C'est donc un fait désormais bien établi et irrévocablement démontré que, dans lu pléthore , quelle que soit son intensité, la fibrine reste invariablement à son chiffre normal.

Quand nous avons parlé des modifications introduites dans la composition du sang, suivant les tempéraments et la manière de vivre, nous avons vu que ces influences se traduisaient constamment par une variation dans le chiffre des globuies. C’est encore cet élément du sang, dont l'importance avait été beaucoup trop négligée depuis le commencement du siècle, qui, par ses variations, nous rendra compte des phénomènes si caractéristiques de la pléthore. En effet, dans tous les cas de pléthore bien constatés qu'ils ont soumis à leur analyse, MM. Ardral et Gavarret ont trouvé que le chiffre des globules s'élevait audessus de la moyenne 127, et que l'élévation était d'autant plus considévable que les phénomènes pléthoriques étaient eux-mêmes plus intenses. Ce résultat avait été annoncé déjà dans la belle et remarquable thèse de M. Le Canu, qui n'avait malheureusement pas su le rendre indépendant des variations de proportion de la fibrine. Ainsi,

1841. — Hilbaux. | 4

dans la pléthore, un sang trop riche en globules, et privé d’une assez grande quantité de l’eau qu'il contient à l'état normal, est en contact incessant avec les divers organes de l’économie. Il en résulte une surexitation générale qui exagère l’action de la plupart des actes, et précipite le jeu de la machine vivante, à tel point qu'elle amène des troubles notables et un véritable état morbide. Et, st maintenant nous nous rappelons que le premier effet de la saignée sur la composition du sang est de diminuer la masse des globules et d'augmenter la proportion d'eau, ne sera4-il pas facile de comprendre la toutepuissance des émissions sanguines dans le traitement de la pléthore ?

Anémie.— Si nous passons maintenant à l'étude de la composition du sang dans l’anémie soit spontanée ( chiorose), soit acquise sous l'influence d'une cause quelconque, nous verrons que les mêmes idées préconçues , les mêmes préjugés admis sur le rôle des divers éléments du sang, ont entraîné les auteurs dans des erreurs semblables à celles que nous avons déjà signalées pour la condition pathologique opposée. Ainsi, en face de la décoloration générale des systèmes eutanés et muqueux, on pensa immédiatement à une diminution dans la masse totale du sang, sans réfléchir un instant qu'une pareille assertion échappait à tout moyen de vérification directe. Pour rendre compte de la langueur des fonctions, et de la flaccidité du système musculaire en particulier, on fit intervenir la diminution de la fibrine, et on affirma cette diminution, sans même essayer une vérification si facile à obtenir. |

Pour les diverses anémies, comme pour la pléthore, nous n'hésitons pas à le dire , le rôle dela fibrine est aa/. Il est incontestable aujourd’hu: que, dans la chlorose et dans les diverses anémies acquises, la fibrine-ne s’abaisse pas au-dessous de son chiffre normal. MM. Andral et Gavarret ont publié à cé suiet des faits tellement nombreux et tellement probants que le doute n’est plus permis. Nous devons d’autant plus insister sur cecremarquable! résultat, qu'il a paru dans la science, sous le nom de M. Fœdish , des analyses du sang d'où il résul-

terait que chez les chlorotiques le chiffre de la fbrine ne représente plus que letiers du chiffre normal. Cette assertion étaitsi bien en harmonie avec les idées accréditées qu'elle fut acceptée sans contestation, et répétée avec empressement sans que personne songeût à la vérifier. C’est sans doute une chose fâcheuse que de voir ainsi un travail rigoureux, en apparence du moins. tendre à la consécration d’une veritable erreur pathologique. Mais, en vérité. 1l suffit de jeter les yeux sur les analyses de M. Fœsdish pour dire, avec M. Le Canu, que la composition du sang par lui admise s'écarte tellement de ce qu'ont appris les analyses les plus récentes et les mieux faites, qu'on ne saurait donner cours, dans la science, à des résultats qui ne concordent même pas entre eux, comme 1} serait facile de le vérifier.

Dans l’anémie, comme dans la pléthore , c’est dans les variations de l'élément globulaire que nous devons chercher la véritable interpré= tation des phénomènes morbides. Tandis que, dans la première, le chiffre des globules s'élèverait au-dessus de la limite physiologique supérieure, nous le voyons, dans la seconde, s'abaisser rapidement au-dessous de la limite inférieure. Il peut alors atteindre des proportions tellement basses qu’on aurait peine à ajouter foi à de semblables

résuitats, si les faits n'étaient à présent assez nombreux pour former une série de dégradations continues, et en rapport avec la gravité des phénomènes. Ainsi, dans les anémies peu marquées, le chiffre des globules est resté contenu entre 100'et 80; faites un pas de plus vers l'accroissement de l’état morbide, et ie chiffre tombera entre 80 et 60; à un degré plus avancé, vous n'aurez plus qu'une proportion de globules entre 60 et 40. Mais là ne s'arrête pas la maladie; elle peut encore faire des progrès, et avec elle marchera la lésion du sang : les globules pourront tomber à 30 et même à 21. Il est donc constaté aujourd’hui que la vie peut persister avec une proportion de globules six fois moindre que celle de l’état normal. Et si on considère que , à mesure que les globules diminuent, la proportion d’eau augmente, on comprendra comment on a pu rencontrer une femme anémique dont le sang ne contenait plus en globules que 21 au lieu de 127,

chose tandis que la proportion d’eau s'était élevée de 790 au chiffre énorme. de 905. |

Dans l'anémie, c'est donc un sang très-riche en eau et très-pauvre en globules qui circule dans les vaisseaux. Ses propriétés stimulantes sont, par suite, considérablement diminuées; aussi la vie particulière de tous les organes est en souffrance. De là résultent cette langueur générale, ce peu d'énergie réactionnelle, cet affaissement, qui caractérisent à un si haut degré l’état anémique, et la chlorose en particulier.

Cependant nous ne devons pas ici dissimuler que dans l’anémie, malgré l'abaissement des forces générales au-dessous de leur type normal, puissent apparaitre, et apparaissent fréquemment des phénomènes susceptibles de faire croire à une surexcitation de certains organes en particulier. Quoi de plus commun que de rencontrer, du côté de l’estomac, chez les chlorotiques , une susceptibilité particulière, une sensibilité exagérée qui a trop souvent fait croire à l'existence d’une gastrite ? Et du côté des fonctions de relation, la céphalalgie , les vertiges, les troubles de la vue, n'ont-ils pas souvent simulé, de la manière la plus complète, de véritables congestions cérébrales ? Avons-nous besoin de dire enfin que, dans la chlorose, très-souvent le pouls est vif, accéléré, et les battements du cœur exagérés, de manière à produire de véritables palpitations ? Et cependant tout cet appareil trompeur de forces, surabondantes coïncide avec une véritable faiblesse radicale. C’est ici le lieu de rappeler que la privation de l’excitant naturel cause souvent dans un organe des phénomènes extérieurs identiques, en apparence du moins, à ceux que produiraitune surexcitation véritable. Lorsque dans l’économie tout entière vient à manquer l'excitation nécessaire à l’exercice régulier des fonctions, le système nerveux se pervertit dans ses actes, acquiert une prédominance fatale , et crée dans les organes des lésions d'action propres à induire en erreur sur la véritable cause des phénomènes observés. A la vue des graves aceidents nerveux qui suivent les grandes hémorhagies, et des désordres purement fonctionnels que l’on. remarque chez les individus affaiblis

hole

par de longues maladies , on a dit depuis longtemps, et avec raison : Sangutis frenat nervos. Cette proposition est vraie, et doit servir de guide dans l'emploi des moyens antiphlogistiques. Mais nous devons dire que cette influence modératrice du système nerveux, qu’on a attribuée au sang en masse, doit être, avec plus de vérité, rapportée à la présence d’une certaine proportion de globules dans le liquide nourricier.

Névroses. — De ces dernières considérations présentées sur les phénomènes de l’anémie, de ce que nous avons dit déjà sur le tempérament : nerveux, !l est facile de déduire les altérations du sang qu'on doit rencontrer dans les grandes névroses. Et en effet, l'analyse à confirmé ce qu’on pourrait prévoir. Contentons-nous de dire que, dans ces maladies, la fibrine reste à l'état normal, tandis que les globules, s’abaissant considérablement, entrainent une augmentation proportionnelle de la quantité d’eau. Ajoutons encore que, si nous avons rencontré dans certains tempéraments nerveux les signes et la composition du sang propres aux constitutions pléthoriques , les mêmes exceptions peuvent se rencontrer dans les névroses. Dans certains cas, rares en effet, la saignée, loin d'exaspérer les accidents nerveux dont nous nous occupons, exerce une influence favorable sur l’état des malades. En pareille circonstance, l'analyse du sang a prouvé que l'élément globulaire prédominait dans l'économie. Et à l'appui de ce que nous venons de dire, nous pouvons citer un fait tout récent, observé dans le service de M. Andral. Chez un jeune sujet atteint d’une chorée, dont les accidents allaient tous les jours en s’agoravant, l'emploi des émissions sanguines eut tant de succès que la guérison fui bientôt complète. L'analyse démontra , dans cette circonstance, la présence d’une très-grande proportion de globules dans le sang. .

Phlegmasies. — Au milieu de leurs différences, si nombreuses de forme et de siége, les diverses phlegmasies aiguës présentent des caractères communs d'une telle évidence, que les pathologistes ont toujours

MC ut été d'accord pour les ranger dans une même classe: La considération des qualités physiques du sang, loin de donner un démenti au rapprochement de ces divers états morbides , était venue, comme nous le verrons plus tard , les rattacher les unes aux autres par un nouveau lien commun, Îl était donc permis de penser que l'analyse élémentaire de ce liquide justifierait à son tour l'établissement de cette famille si naturelle du cadre nosologique. Et, en effet, hâtons-nous de le dire, les résultats ont été si tranchés, et d’une telle constance , que les données de l’expérience directe ont certainement dépassé toutes les prévisions qu'il était permis de fonder à ce sujet. Il résulte, en effet, de l'analyse de plus de deux cents saignées pratiquées, dans les diverses espèces de phlegmasies aiguës, par MM. Andral et Gavarret , que toujours, et d’une manière invariable, le chiffre de la fibrine est notablement élevé au-dessus de la moyenne 3, et oscille entre les chiffres 4 et 10; et encore ce chiffre 4 ne s'est-il rencontré que dans les phlegmasies très-légères , ou quand la saignée était pratiquée moins de 24 heures après l'établissement du travail local. La constance de cette altération particulière du sang, dans les phlepmasies aiguës, est sans doute très-remarquable; mais nous serons encore obligé de lui accorder une bien plus grande importance, si nous suivons l'étude des variations de la fibrine dans les diverses périodes de l’état phlegomasique. Des faits publiés par les deux observateurs dont nous venons de mentionner les recherches 1! résulte, en effet, que, depuis le début de la phlegmasie jusqu'à sa terminaison , les variarions de la fibrine sont en harmonie parfaite avec l’état de la lésion locale. L’accroissement de la fibrine, faible au début de la maladie, alors que la lésion d’organe ne fait que commencer, prend un nouveau développement à mesure que la phlegmasie envahit de nouvelles parties de l’orgaue frappé, ou passe à un degré plus avancé dans les parties primitivement atteintes. Tant que dure la marche ascendante de la maladie, le chiffre de la fibrine monte invariablement, et peut atteindre le chiffre 10, e’est-à-dire s'élever à une proportion plus que triple de celle de l'état normal. Mais examinez le sang à une époque où la mala-

me NN =

die commence à décroitre, et alors vous verrez le chiffre de la fibrine

s'abaisser à son tour, et suivre la marche descendante de l’état local. comme il avait traduit fidèlement sa période d’accroissement. Et quand enfin la lésion d’organe a cotnplétement disparu, lorsque tout travail morbide local s’est éteint, le chiffre de la fibrine est retombé à ses proportions normales, l'altération du liquide à disparu en même temps que la lésion du solide.

Voilà donc dans toute phlegmasie deux grands faits qui marchent ensemble, qui parcourent d’un pas égal deux lignes parallèles, dont l’un peut servir de traduction à l'autre : le travail qui s’opère dans le solide, et la production de fibrine dans le sang. Mais par où s'ouvre la scène ? lequel des deux du solide ou du liquide est le premier atteint ? quel est celui de ces deux états qui commande la manifestation de l’autre? Question importante, sans doute, et dont la considération nous entrainerait dans les champs les plus élevés des discussions médicales. Mais dans l’état actuel des connaissances acquises, nous ne trouvons pas de matériaux suffisants pour laborder. Seulement nous devons dire ici que si on n’a jamais, à notre connaissance du moins, constaté une véritable augmentation de fibrine avant la manifestation des signes locaux de la phlegmasie, il n’est jamais arrivé non plus que la lésion du sang ait été trouvée en retard par rapport à la maladie locale. À quelque époque rapprochée du début de line flammation qu'ait été pratiquée la saignée, toujours la firme a été trouvée notablement augmentée. Si donc il est impossible d'établir que l’altération du sang a la priorité, il n’est pas plus permis d’affirmer que c'est la lésion du solide qui commande et entraîne après ellé l'élévation da chiffre de la fibrine.

Jusqu'ici nous n'avons rien dit des globules, cet élément du sang auquel nous avions accordé une attention toute spéciale et exclusive dans l'étude de la pléthore et de l’anémie. Néanmoins dans les phlepmasies les globules sont modifiés; mais ce n’est pas réellement par l'influence ce l’état local, mais bien sous l'influence de la diète et du traitement antiphlogistique. En effet, (lepuis lé début de’famalatlie

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