SECTION II
Des granulations méningiennes chez les animaux.
Pour ne pas être incomplet, nous dirons quelques mots cle l’anatomie comparée des granulations méningiennes. Ce sujet n’a attiré que faiblement l’attention des anatomistes, et la plus grande incer-
titude règne encore sur l’existence des corpuscules chez les animaux supérieurs.
Charles et Joseph Wenzel sont les seuls auteurs qui aient examiné la question jusqu’au commencement de ce siècle; ils n’ont rien trouvé, disent-ils, chez le cheval, le loup, le porc, le veau, le chien : chez le chat, ils ont cru trouver quelque chose de semblable aux corpuscules. Aucun naturaliste n’a depuis fait de recherches générales sur ce sujet, mais des résultats partiels ont été obtenus : dans les ouvrages d’anatomie vétérinaire , on signale les granulations comme existant chez le cheval , et y étant même assez marquées. Nous n’avons pu faire jusqu’à ce jour de recherches suivies que sur les chevaux, les bœufs, les lapins, les moutons, et, dans tous ces animaux, nous avons trouvé des granulations méningiennes. Mais, hâtons-nous de le dire, elles n’occupent plus, dans la trèsgrande majorité des cas, leur siège habituel; c’est sur les plexus choroïdes qu’on les rencontre en nombre très- considérable. Nous nous expliquerons, à l’article Usages, sur ce siège spécial. Comme nous ne voulons décrire ici que les granulations méningiennes qui se rapprochent le plus de celles de l’homme, nous renvoyons à un autre travail les productions des plexus choroïdes.
Lorsqu’on enlève la faux du cerveau , chez le cheval , on trouve tout à fait en arrière, sur les côtés de la lame mince que forme cette portion de la dure-mère, de petites productions très - nombreuses , disposées sous forme de touffes. Si la faux est plongée dans l’eau , on voit distinctement flotter ces touffes très -rapprochées les unes des autres ; chacune d’elles se compose de filaments nombreux et distincts, déformé variable, et chaque filament représente un groupe de granulations méningiennes. On ne saurait s’y tromper, si l’on examine au microscope la forme et la structure.
La forme ressemble en tous points à celle que nous avons décrite chez l’homme; les corpuscules sont arrondis, ovoïdaux, mamelonnés, disposés en masses multilobées : nous en avons fait représenter plusieurs. En général, les granulations méningiennes, chez le che-
val comme chez tous les autres animaux que nous avons pu examiner, sont infiniment plus petites que chez l’homme. Si on soumet à un grossissemeut de 500 diamètres les granulations d’un cheval, on découvre la même structure que chez l’homme, c’est-à-dire un dépôt organique au sein des mailles d’un tissu cellulaire très-dense. Les grains calcaires sont assez gros, ils offrent un diamètre moyen de 0m,002 à 0'“,004 : les uns sont sphériques, les autres allongés; ils se comportent d’ailleurs, sous l’influence des réactifs chimiques, comme les concrétions de l’homme. Il est commun de rencontrer, au milieu des granulations du cheval, des lamelles de cholestérine.
Dans les six têtes de chevaux que nous avons ouvertes, nous n’avons jamais vu de granulations le long de la scissure antéro-postérieure, non plus que dans le sinus longitudinal.
Le long de la faux du cerveau d’un lapin, nous avons constaté la présence de plusieurs concrétions blanchâtres mamelonnées et complètement dépourvues de tissu cellulaire. Au microscope, on les voyait composées de grains nombreux semblables aux grains calcaires qu’offrent les productions méningiennes de l’homme et du cheval.