‹ Thèse pour le doctorat en médecineChapitre 5 sur 12 · MORVE AIGUE · texte numérisé non relu

MORVE AIGUE

Attaque particulièrement les chevaux de race distinguée , les ânes et les mulets.

COURS DE LA MALADIE

Début. — Débute tout à coup ; inappétence; grande tristesse; yeux larmoyants; jetage par une seule narine, et plus ordinairement parles deux, de mucus glaireux, légèrement jaunâtre, abondant et inodore ; pituitaire tuméfiée, d’un rouge vif ou d’un rouge jaunâtre: ganglions de l’auge empâtés, douloureux; respiration accélérée ; pouls plein et fort; engorgement des membres et des enveloppes testiculaires. Cet état dure deux à trois jours , rarement il se prolongé jusqu'au huitième.

Augment. — Jetage plus abondant, d’une couleur jaunâtre; ailes du nez, particulièrement l’interne, tuméfiées, douloureuses; nasale engorgée, rouge jaunâtre, douloureuse, recouverte de pustules blanchâtres, de forme variable, souvent entourées d’un cercle rouge ; ganglions de l’auge volumineux , non adhérents mais douloureux. Quelquefois , éruption à la peau de petits boulons cutanés, rarement sous-cutanés , lenticulaires , douloureux , disséminés dans diverses parties du corps, mais particulièrement autour du nez, sur l’encolure, les côtes et le ventre. Engorgement des membres et des enveloppes testiculaires plus considérable; dyspnée laborieuse , sifflante; pouls petit, vite; battements du cœur tumultueux; faiblesse très-grande. Cet état dure deux à trois jours au plus.

État. — Aux pustules nasales succèdent des ulcérations profondes, rugueuses, irrégulières, encadrées par un cercle rouge, quelquefois isolées, souvent réunies, et formant alors une large et profonde ulcération qui détruit la pituitaire, attaque et perfore très-rapidement la cloison cartilagineuse. Jetage conservant les mêmes caractères, mais plus abondant et strié de sang; ailes du nez rapprochées: occlusion presque complète des naseaux, rendant la respiration sif-

flante et suffocante; air expiré fétide; murmure respiratoire accompagné de bruits confus tels que les râles muqueux et crépitants très-humides; toux fréquente et grasse; ganglions de l’auge très-douloureux; boutons cutanés et sous-cutanés ramollis renfermant une matière puriforme , quelquefois rouge lie de vin; d’autres fois sécrétant et laissant suinter une matière ichoreuse, se desséchant et formant croûte; œdèmes des membres et du fourreau plus considérables. Les plaies, si on en fait, les sétons , si on en passe, laissent écouler, six heures après, un fluide glaireux , jaunâtre, semblable au mucus nasal. Ces symptômes se montrent pendant les cinquième , sixième et huitième jour.

Terminaisons. — Bientôt , dyspnée suffocante; ulcérations nombreuses, mais difficilement explorables; résorptions purulentes annoncées par des pétéchies sur la conjonctive, la prompte coagulation du sang retiré de la jugulaire, et l’abondance de sa partie séreuse; adynamie; mort par suffocation du dixième au douzième ou quinzième jour. Quelquefois le cinquième ou huitième jour la maladie décline, les pustules s’affaissent, les ulcérations peu profondes ne tendent pas à s’élargir; les symptômes généraux se calment, le jetage diminue, les ganglions de l’auge se dégorgent lentement; une direction heureuse se fait remarquer. Si alors des moyens curatifs aident la marche de ce déclin, les animaux guérissent, mais après un temps toujours long. D'autres fois la maladie prend le type chronique, en revêt tous les caractères, et reste incurable.

altérations morbides, cavités nasales. — Pituitaire rouge jaunâtre, épaissie; nombreux ulcères, à bords frangés, rouges et élevés, recouverts d’une matière épaisse, caséeuse, souvent fétide, occupant toute l’épaisseur de la muqueuse, quelquefois l’ayant perforée ainsi que le cartilage de la cloison; cordons blanchâtres, noueux, irrégulièrement festonnés, se dirigeant vers les ouvertures gutturales, formés par des lymphatiques superficiels ou profonds, malades et remplis de lymphe altérée. Quelquefois, existence de corps lenticulaires, arrondis, blanchâtres, faciles à détruire, entourés par un cercle rouge (pustules que nous avons signalées lors de la période d’augment pendant la vie). Cornets et sinus renfermant un mucus glaireux, jaunâtre, filant et sanguinolent. Ulcérations dans le larynx et quelquefois dans la trachée (1).

(t) Ici, comme dans la morve chronique , les élevures et les plaques éruptives précèdent les ulcérations. Dans un cas cité par M. Rayer, la lésion morveuse des fosses nasales était exclusivement caractérisée par le premier genre d’altérations; il n’y avait pas une seule ulcération. M. Rayer a quelquefois rencontré l’éruption morveuse dans le larynx, la trachée-artère, sur l’épiglotte et le voile du palais. M. Delafond ne parle que d’ulcérations dans le larynx et la trachée.

Poumons. — Tissu pulmonaire parsemé de nombreuses ecchymoses et de dépôts de la grosseur d’une lentille, d’un petit pois, faciles à écraser, d’un blanc sale au centre, d’un rouge livide à la circonférence, formés de matière albumino-fibrineuse, et entourés de tissu pulmonaire, rouge vif et friable, occupant particulièrement la superficie du poumon. Ailleurs , ces dépôts sont réduits en une matière mucoso-puriforme , rouge au centre, et entourés de tissu pulmonaire rouge brun et très-friable. Lymphatiques superficiels très-gros et trèsnombreux; bronches renfermant beaucoup de mucus filant et jaunâtre.

Ganglions lymphatiques. — Sous-linguaux, sous-parotidiens, pectoraux, bronchiques, mésentériques, sous-lombaires, des aines, gros, rouges ou rougeâtres, entourés d’une infiltration séro-sanguinolente, gorgés d’une grande quantité de lymphe roussâtre contenue dans les ulricules de leur tissu. Rate quelquefois maculée de taches noires formées par un sang boueux. Boutons de la peau formés au centre d’une matière albumino-fibrineuse entourée d’une belle arborisation vasculaire; œdèmes des membres, du fourreau, des ailes du nez, formés par un fiuide séreux ou séro-sanguinolent.

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