RECHERCHES ANATOMIQUES
La décomposition cadavérique ne paraît pas marcher avec plus de rapidité, chez ceux qui ont succombé à la morve aiguë, qu’à la suite de la plupart des affections aiguës : les lividités cadavériques ne sont généralement que peu prononcées; la rigidité persiste le plus souvent au moment ou l’on fait l’autopsie, c’est-à-dire, vingt-quatre heures après la mort. L’amaigrissement est souvent sensible, malgré le peu de durée de la maladie.
1 0 Peau.
Éruption pustuleuse. — a. L’examen anatomique de la papule rosée, qui précède la formation de la pustule , démontre que le derme est légèrement épaissi et injecté dans ce point. À un degré plus avancé , il n’y a pas encore de liquide, mais au-dessous de l’épiderme se trouve un petit dépôt de lymphe plastique, avec amincissement et excoriation du derme, mais sans dépression arrondie du disque pseudo-membra-
neux, comme clans la pustule variolique. A son état de développement complet, la pustule contient, outre le dépôt plastique, une petite quantité de liquide purulent, et, dans le point correspondant, il y a écartement censidérable des mailles du derme, sinon destruction complète de celui-ci , disposition tout à fait particulière, suivant M. Rayer, et qui ne se retrouve dans aucune éruption purulente de la peau.
b. Dans les grosses pustules violacées , qui méritent plutôt le nom de phlyctènes, celles que l’on a quelquefois comparées à des bulles de rupia simples, devenues purulentes, le liquide est sanieux, comme sanguinolent et purident; au-dessous, le derme est épaissi, rouge et tomenteux à sa surface, injecté jusque dans ses couches profondes, qui sont infiltrées du meme liquide, et quelquefois presque gangrenées ; le tissu cellulaire sous-jacent participe ordinairement à cet état.
c. Dans les bulles gangréneuses que l’on a quelquefois observées , l epiderme soulevé était toujours très-mince , se déchirant avec la plus grande facilité , et, au-dessous du liquide sanieux qu’il renfermait, on trouvait le chorion épaissi, sensiblement ramolli, imbibé de sang noirâtre qui lui donnait une couleur lie de vin ; le tissu cellulaire sous-cutané é.tait fortement ecchymosé et épaissi.
d. Enfin, au niveau des tumeurs gangréneuses, la peau est désorganisée complètement, état toujours à peu près semblable dans ce genre de terminaison, quelle que soit, d’ailleurs, la cause qui l’ait provoquée.
2° Fosses nasales.
Les fosses nasales, toutes les fois qu’elles ont été ouvertes, ont présenté des lésions caractéristiques : épaississement et injection de la membrane pituitaire couverte d’une couche épaisse de mucus altéré, dépôts morbides à sa surface et dans son épaisseur, simulant une éruption, ulcérations, gangrène, vascularité plus grande des os et des cartilages, dénudation, carie, perforations. Toutes ces altérations ont été observées isolées ou réunies , et dans les fosses nasales proprement dites, et dans les prolongements de ces cavités connues sous le nom
desinus: fait de la plus haute importance, et qui, seul, suffirait pour établir l’identité de la morve du cheval et de celle de l’homme, tant la ressemblance est grande.
Lorsque l’injection est à son maximum , la membrane pituitaire est sensiblement épaissie; les feuillets qui tapissent les parois opposées sont presque au contactât les narines sont singulièrement rétrécies ou oblitérées ; la membrane muqueuse a une couleur rouge très-vive , uniforme , sa consistance est diminuée. À un degré moins considérable, on observe à sa surface des arborisations vasculaires, des étoiles, des ecchymoses; une couche plus ou moins épaisse de mucus grisâtre, visqueux, mêlé de stries sanguinolentes, la recouvre dans toute son étendue, s’enfonce dans les méats, et se prolonge dans les différents orifices que l’on trouve à l’intérieur des fosses nasales.
Ces modifications ne diffèrent pas de celles que pourrait produire une inflammation simple très - intense; mais une altération spéciale consiste dans le développement, à la surface de la membrane pituitaire, de petites élevures jaunâtres, arrondies, dont la grosseur varie entre celle d’une tête d’épingle ( il y en a même de plus petites) et celle d’un grain de millet ou de chènevis, isolées ou groupées, miliaires et confluentes sur quelques points, ressemblant à des pustules : on en trouve aussi dans l’épaisseur de la membrane, ou même à sa face profonde. On reconnaît, en les soumettant à une coupe verticale, qu’elles sont formées par des petits dépôts de pus ou de lymphe plastique assez consistante , et ne peuvent être confondues avec le produit morbide connu sous le nom de tubercule.
Ces élevures se ramollissent, et font place à des ulcérations qui, dans l’origine, sont arrondies , régulières , offrent un fond lisse et brillant et une circonférence nettement découpée; mais plus tard elles augmentent de largeur ; plusieurs se réunissent et forment des surfaces irrégulières, grisâtres, celluleuses; la portion de membrane pituitaire sur laquelle elles reposent s’enflamme davantage, se tuméfie considérablement, et devient fongueuse. Sur le bourrelet qui entoure ces
plaques ulcérées, de nouvelles élevures se développent', semblables aux premières, et, comme elles, doivent s’ulcérer et suppurer.
Comme conséquence de cette inflammation ulcéreuse, on s’attend à voir survenir assez promptement la destruction de la membrane muqueuse et la dénudation des cartilages et des os; mais cet effet ne doit survenir que très-lentement, à cause de cette espèce de végétation des couches sous-jacentes aux ulcérations ; et lorsqu’on trouve la membrane pituitaire détruite, c’est le plus souvent parce qu’il y a eu gangrène: celle-ci marche alors d’une manière très-rapide, et la membrane se détache par lambeaux qui ont pu être reconnus pendant la vie.
On n’a vu que dans un cas le cartilage de la cloison perforé (Husson et Nivet), et dans un autre, les os du nez cariés (Shilling). Les altérations des os et des cartilages sont donc rares ; mais une vascularité plus grande, reconnaissable à leur couleur rosée, à des orifices de vaisseaux béants à leur surface , à des gouttelettes de sang qui s’en échappent, ne doit-elle pas déjà être considérée comme un travail morbide, qui, si la maladie durait plus longtemps, ou avait une intensité plus grande, se terminerait par des altérations semblables à celles des deux observations que je viens de citer.
Les lésions de la membrane muqueuse que nous avons décrites ne sévissent pas avec la même fréquence et la même gravité sur les différentes régions. Elles peuvent être circonscrites sur plusieurs points , mais le plus souvent ne laissent tout à fait intacte que la portion qui correspond au nez: leur maximum d’intensité se voit ordinairement sur la cloison et les cornets inférieurs. Dans les cas les moins graves, on n’observe que l’injection de la membrane muqueuse et l’éruption. Les ulcérations sont encore fréquentes; la gangrène et la destruction des cartilages devient rare.
La plupart de ces lésions se retrouvent aussi dans les sinus frontaux et maxillaires (plus fréquemment dans les premiers) , mais à un degré moins avancé. La membrane qui les tapisse est presque toujours injectée et abondamment recouverte de mucus semblable à celui des
narines. Les dépôts lymphatiques et purulents, moins nombreux, acquièrent quelquefois un volume plus considérable que dans les fosses nasales. Dans le cas que j’ai observé avec M. Burguières, la membrane qui tapisse le fond du sinus maxillaire droit offrait un état voisin de la gangrène.
3° Bouche , pharynx , larynx et trachée .
La membrane muqueuse de la bouche est rarement malade; cependant on l’a vue gangrenée sur une partie de la voûte palatine ; on a trouvé la base de la langue et les piliers des amygdales rouges et injectés, les follicules plus saillants que dans l’état naturel; le voile du palais (face buccale), la luette, les amygdales , enflammés , quelquefois meme gangrenés, ou recouverts de pustules isolées. Mais la face postérieure du voile du palais, la partie supérieure du pharynx, l’ouverture pharyngienne du larynx, offrent plus souvent des lésions identiques à celles des fosses nasales : meme éruption , mêmes plaques ulcérées et gangrenées ;f parfois meme, à un degré plus intense, ces lésions, dans un cas (Burguières et Vigla), pouvaient être comparées avec une grande exactitude aux altérations de la membrane muqueuse intestinale dans la fièvre typhoïde; les pustules isolées, plus grosses, en général, que dans les fosses nasales, ressemblaient bien auX follicules de Brunner, et les larges ulcérations fongueuses, aux plaques de Peyer ulcérées et gangrenées.
Dans le larynx, il est ordinaire de trouver à la partie postérieure de l’épiglotte l’éruption pustuleuse bien caractérisée , souvent confluente, et quelquefois assez proéminente pour rétrécir l’ouverture supérieure du larynx et hâter la mort par l’asphyxie. Les ligaments arythénoépigloltiques, et les replis muqueux qui entourent l’orifice pharyngien , ne présentent guère que des élevures discrètes.
La trachée est bien moins souvent malade. Elle était saine dans les dernières observations recueillies en France; cependant elle parut offrir quelques vésicules dans un cas rapporté par Graves : la mem-
brane muqueuse était rouge à la division des bronches dans le cas de Wolff, et contenait un mucus gluant clans celui d’Alexander.
Au delà de la trachée et du pharynx, les lésions de la membrane
muqueuse sont moins constantes, et présentent d’ailleurs d’autres caractères. Nous les étudierons plus loin.
4° Tissu cellulaire.
Les altérations du tissu cellulaire dans la morve sont assez nombreuses. Au niveau des tumeurs charbonneuses, il est le plus souvent ecchymosé, infiltré de sang noir, ou gangréné comme la peau. Il peut être détruit et transformé en vastes collections purulentes; mais il est plus ordinaire de trouver des petits abcès circonscrits ou du pus infiltré : celui-ci peut s’étendre en nappe, ou pénétrer dans les interstices musculaires, jusqu’aux os, qui sont quelquefois dénudés dans une plus ou moins grande étendue.D’autres fois on rencontre, au lieu de pus, un liquide gélatineux épanché dans les mailles de ce tissu , ou seulement de la sérosité, comme chez les hydropiques. E nfin on a vu dans les régions où le tissu cellulaire est dense et serré, comme à la région temporale, à la région frontale, de petits dépôts de lymphe plastique analogues à ceux des fosses nasales que nous aurons encore occasion de signaler dans d’autres tissus.
5° Ganglions et vaisseaux lymphatiques.
Les ganglions lymphatiques ne sont pas, à beaucoup près, aussi malades chez l’homme que chez le cheval. Grub et Schilling ont noté chacun une fois l’altération des ganglions mésentériques. Dans les observations plus récentes où ils ont été étudiés avec soin, on les a trouvés une fois entièrement sains (Rayer). Dans un autre fait, les ganglions de plusieurs régions (cou, pharynx, aine) étaient tuméfiés et rouges; dans le cas de MM. Husson et Nivet, ceux des mêmes régions , et, de plus, ceux de la moitié droite de la mâchoire , avaient un
volume plus considérable qua 1 état naturel, une coloration rosée et une assez grande friabilité. Mais, hâtons-nous de le dire, l’engorgement des ganglions sous-maxillaires paraît n’être que très-léger, ou manquer dans la plupart des cas publiés jusqu a ce jour.
On n’a indiqué de lésion des vaisseaux lymphatiques que dans deux cas où la maladie avait été transmise par inoculation. Dans l’un, il est dit qu’il y avait du pus dans les vaisseaux absorbants du bras (Parrot et Elliotson); dans l’autre, on sentait comme une corde suivant le trajet des vaisseaux du bras, et l’autopsie n’a pas été faite. ( Lancette anglaise , février 1832; anonyme.)
6° Glandes salivaires.
Elles sont peut-être plus fréquemment malades que les ganglions. Alexander, Mac-Donnel et Graves , les ont trouvées manifestement enflammées et suppurées; elles étaient tuméfiées et plus vasculaires qu’à l’état normal, dans les derniers cas publiés.
7° Muscles,
Dans toutes les autopsies complètes on a trouvé des abcès dans l’épaisseur des muscles. Wolf les a bien décrits, et a insisté sur leurs caractères; il les signale déjà comme ayant existé dans les trois cas de morve qu’il avait observés. On les rencontre dans les muscles des extrémités et du tronc; nous en avons même trouvé dans les muscles du pharynx. Leur grosseur est très-variable : ils ne dépassent guère ordinairement le volume d’une noix, et peuvent être beaucoup plus petits. Ils occupent le milieu des muscles. On les trouve remplis de pus de bonne nature ou un peu sanguinolent, peu fluide, infiltré dans quelques cas, plus souvent rassemblé en foyer; mais, même dans ces derniers, le pus n’est pas renfermé dans une membrane particulière; il est entouré parles fibres musculaires elles-mêmes , érodées, irrégulièrement découpées, d’un rouge vif, et dont les débris flottants simu-
lent quelquefois de petites végétations. Dans quelques cas , au lieu de pus on trouve une matière gélatineuse assez dure qui paraît précéder la formation du pus; autour de ces abcès, la chair musculaire ne s’éloigne pas de l’état naturel. Les veines qui rampent dans le voisinage sont ordinairement saines ; quelquefois cependant le sang est coagulé à leur intérieur , elles paraissent enflammées (Husson etNivet).
8° Appareil de la circulation sanguine.
L’état du sang après la mort est à peu près le même que dans les affections aiguës. Il se coagule assez promptement dans les veines et le cœur; il n’est pas fluide et poisseux comme dans la fièvre typhoïde et la plupart des autres maladies par empoisonnement; il ne colore que médiocrement la membrane interne des vaisseaux. D’ailleurs ce liquide n’a pas encore été soumis à l’analyse chimique, et, dans un cas où il fut examiné au microscope par M. Gluge, il n’a offert aucune altération appréciable. "
Le cœur et les artères ont toujours paru être dans l’état normal. Il en a été de même le plus souvent des veines d’un certain calibre , dans les cas où la maladie n’avait pas été transmise par inoculation. Cependant, le cas que j’ai rapporté avec M. Burguières a offert une inflammation manifeste de plusieurs veines superficielles des membres, et même de quelques veines profondes (tibiale antérieure et hypogastrique). Peut-être, si elles eussent été recherchées avec plus d’attention dans les autres cas, eût-on rencontré plus fréquemment ce genre d’altérations.
Je suis disposé à croire que les réseaux capillaires veineux sont le plus souvent enflammés dans les régions où l’on trouve des foyers gangréneux et purulents, et autour des articulations malades : on en trouve de nombreux exemples dans les seconde et troisième observations de cette thèse; mais je ne veux pas me hâter de conclure sur un trop petit nombre de faits.
1839. — Vigla.
9° Système osseux.
Les os ne deviennent malades dans la morve aiguë que secondairement. S’ils ont été trouvés fréquemment dénudés, et éprouvant un commencement d’altération caractérisée par des aspérités à leur surface, cette lésion n’était évidemment que la suite et le résultat de la destruction du périoste par le pus.
Cette membrane elle-même ne paraît pas s’enflammer primitivement : l’inflammation lui arrive ordinairement d’un point plus rapproché de la surface extérieure du corps, par les interstices musculaires. Au reste , que ce soit par cette cause , ou directement , on la trouve quelquefois baignée de pus, ou détruite; dans les cas moins graves, elle peut offrir dans son épaisseur un certain nombre de ces petites granulations plastiques dont la production paraît être si facile dans la morve aiguë.
Les articulations ont été malades dans plusieurs cas : la synovie a été trouvée plus visqueuse, plus abondante que de coutume; sanguinolente ou même véritablement purulente , avec des flocons de lymphe coagulée (Parrot et Elliotson). On a vu les articulations malades communiquer avec des foyers extérieurs (Roots et Elliotson) ; dans la plupart de ces cas, la synoviale était injectée et épaissie sur les bords : dans un cas (Husson et Nivet) , il y avait une fausse membrane bien formée à la face interne du ligament orbiculaire de l’articulation scapulo-humérale. Rarement une seule articulation était malade; quelquefois toutes celles d’un membre l’étaient en même temps. Il a été ordinaire aussi, dans ces cas, de trouver le tissu cellulaire péri-articulaire injecté ou ecchymosé, épaissi , induré, et les veines qui rampent dans ses aréoles manifestement enflammées : plusieurs fois aussi on a trouvé ces mêmes granulations plastiques dont je parlais encore tout à l’heure, et dont je signalais la fréquence dans cette maladie.
10° Système nerveux .
La seule altération que l’on ait rencontrée dans le cerveau, assez fréquemment pour la noter, c’est la présence d’une grande quantité de sérosité dans les ventricules cérébaux ou au-dessous de l’arachnoïde.
Alexander a recontré un ramollissement inflammatoire de plusieurs nerfs (frontal , facial et péronier), mais c’était au centre de foyers de suppuration; cétte altération n’était évidemment que secondaire et étrangère à la nature de la maladie elle-même.
L’injection de la pie-mère n’ayant été signalée qu’une fois (Mac- Donnel et Graves ) ne mérite pas qu’on s’y arrête.
11° Poumons .
On a rencontré souvent à la surface des poumons des pétéchies et des ecchymoses. On a trouvé aussi du pus dans la plèvre (Elliotson), des adhérences récentes , mais ce sont surtout les lésions trouvées dans l’épaisseur même du poumon qui sont dignes d’attention : elles paraissent caractéristiques dans la morve de l’homme.
L’état des poumons a été noté sur treize des malades qui ont succombé à cette affection : trois fois ils ont été jugés sains ; chez le malade de Mac-Donnel et Graves , « Les poumons offraient l’aspect de la congestion ; de nombreuses pustules étaient répandues sur leur surface; quelques-unes étaient isolées, jaunes au centre, et entourées par un bord ecchymosé, d’autres étaient disposées en groupe: elles ressemblaient en tout à celles qui existaient sur la surface du corps. » Il existait une pleuro-pneumonie dans le cas rapporté par Roots et Elliotson. Plusieurs parties étaient gorgées de sang dans l’observation de Shilling et dans celle de Williams et Elliotson ; Hertwig a observé une vomique; mais la forme inflammatoire la plus fréquente est certainement la pneumonie lobulaire. Elle existait dans les quatre cas observés à Paris ; c’est elle que Grub et Alexander ont décrite sous le nom
de tubercules. Dans les cas où elle a été décrite avec soin , les noyaux pneumoniques étaient disséminés indistinctement dans toutes les régions du poumon , plus nombreux à sa surface que dans son épaisseur , d’un volume qui variait entre celui d’un pois et celui d’une aveline ou même d’une noix, arrondis ou même taillés à facette, et paraissant bornés à un lobule pulmonaire, bruns, grenus, friables ( hépatisation rouge ), ou grisâtres, infiltrés de pus (hépatisation grise); le pus même, dans quelques-uns, était rassemblé en foyer. Autour de ces noyaux, le tissu pulmonaire était quelquefois sain, plus souvent gorge de sang ou de sérosité, mais encore crépitant et spumeux à la pression.
Les bronches sont ordinairement rouges et injectées, mais jamais le siège de désordres aussi prononcés que ceux offerts par le larynx.
12° Estomac et intestins.
On observe fréquemment de l’injection, de la rougeur ou des ecchymoses , avec ou sans diminution de la consistance de la membrane mu-
queuse, dans diverses portions du canal digestif, mais sans que telle portion soit plus souvent affectée que telle autre. Les follicules conservent leur aspect normal. Une fois on a trouvé dans les parois du colon plusieurs dépôts de lymphe plastique ( Williams ).
Le foie, la rate, le pancréas, les reins, et la vessie, n’ont pas présenté de lésions dignes d’être mentionnées. Dans un cas ( Burguières et Vigla ) on a trouvé un abcès dans le testicule gauche. Ces organes devraient être examinés avec soin dans les observations ultérieures, parce qu’on les trouve fréquemment malades chez le cheval.