‹ Thèse Pour Le Doctorat En MédecineChapitre 9 sur 33 · PAR LES MOYENS DE LABORATOIRE · texte numérisé non relu

PAR LES MOYENS DE LABORATOIRE

Le chancre que nous venons de décrire et dont 38 observations nous affirment aujourd'hui l’existence, avait élé contesté par Ricord quiavait érigé en loi l’immunité du cuir chevelu dans la syphilis. Fournicr lui-même avait considéré cette lésion non seulement comme une rareté,mais comme une exception, une exception telle, dit-il, que nombre de mes collègues m'ont dit n’en avoir jamais rencontré un seul exemple.

Aujourd’hui que de nouveaux moyens d’investigations nous permettent de dépister plus facilement la syphilis au début, le chancre du cuir chevelu nous apparait comme une affection plus fréquente : nous n’en voulons pour exemple que l'observation de Weiss (obs. XIX), le diagnostic était hésitant lorsqu'on eut l’idée de rechercher au niveau de l'érosion la présence du spirochèle à l’ultramicroscope: cette recherche fut positive.

La réaction de Wassermann donnera des ren-

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seignements plus tardifs ; on sait qu’elle est fréquemment négative dans les premières semaines de l'infection, toutefois s’il est classique de dire que dans les chancres extra-génitaux avec forte réaction ganglionnaire le sérum donne une réaction plus précoce que dans les chancres indurés des organes génitaux.

La réaction de Wassermann peut aussi établir la nature syphilitique de lésions du cuir chevelu comme elle a prouvé la nature syphilitique de la leucoplasie buccale aux médecins de l'école de Breslau qui ne voulaient pas en admettre l’existence, comme elle a montré à Letulle et Bergeron le rôle de la syphilis chez des malades atteints de néphrite chronique,comme elle a encore confirmé cette opinion de la nature syphilitique du tabes et de beaueoup de cas d’hémorragie et de ramollissement cérébral.

Malheureusement, la réaction de Wassermann ne donne de résultats positifs que sept semaines après l’infection. Les malades qui se présentent à nous atteints de chancres du cuir chevelu ne sont, la plupart du temps, porteurs de leur chancre que depuis quelques jours seulement : l'infection remonte à trois semaines, quatre semaines, rarement plus. Si nous voulons confirmer immédiatement, par les moyens de laboratoire, le diagnostic de chancre syphilitique, la réaction de Wassermann ne nous est d'aucun secours.Celte méthode,

qui donne des renseignements précieux pour

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établir le diagnostic de chancre syphilitique alors : que le malade présente une ulcération déjà cicatrisée, ne peut pas nous confirmer le diagnostic précoce: il faut avoir recours à l’examen direct du spirochète à l’ultramicroscope.

L'examen de l’exsudat du chancre syphilitique du cuir chevelu peut se faire directement à l’état pur, mais il est souvent préférable, après avoir prélevé l’exsudat par grattage du chancre à l’aide d’un scalpel stérilisé, de porter cet exsudat dans une goutte d’eau distillée préalablement déposée sur une lame. En effet, les objets ultramicroscopiques devant nous apparaître brillants sur fondnoir il importe qu’ils ne soient pas trop nombreux dans le champ du microscope. S'ils étaient trop nombreux ils éclaireraient le champ du microscope et le fond noir disparaitrait.

Cependant, lorsqu'on emploie cette technique, il faut bien se souvenir que le spirochète examiné dans l’eau ou dans tout autre liquide présente un aspect différent, au point de vue morphologique, de celui qu'il offre lorsqu'on l’examine dans la sérosité pure.

Les avantages de la dilution sont d’abord d’assurer la dissolution des hématies par hémolyse, ensuite de donner au spirochète ur diamètre plus considérable. Le spirochète, gonflé d’eau, apparaît d’une façon beaucoup plus nette, le protoplasme subit une transformation qui le rend plus réfringent, plus brillant à l’ultramicroscope.

On âainsi, au point de vue de la visibilité, la plupart des avantages qu’on tire de la coloration du spirochète par le nitrate d'argent.

11 faut examiner les spirochètes immédiatement après les avoir portés dans la goutte d’eau distillée, car la dilution leur fait perdre assez rapidement leurs mouvements.

L'examen dela préparation montre, se détachant sur le fond noir du champ de lultramicroscope :

10 Des particules brillantes animées de mouvements : ces particules correspondent à des granules colloïdes de diverses tailles, à des débris cellulaires, etc. ;

2° Des spirochètes, dont l'aspect tranche nettement au milieu des corpuscules précédents.

Leur nombre est extrêmement variable; on en compte parfois un ou deux par champ, d’autres fois plus de cinquante.

Sion déplace lentement la vis micrométrique on peut constater que les spirochètes ne sont pas toujours enroulés sur un seul plan.

On peut également rencontrer des spirochètes dont le diamètre est augmenté sur une portion du filament, cetle augmentation correspond à la disparition de un ou plusieurs tours de spire, mais ces formes sont peu fréquentes. Le plus souvent, les éléments apparaissent comme de petits filaments en forme de vrille de tire-bouchon présentant des spires régulièrement espacées dont le nombre varie avec la longueur du parasite. On peut ren-

Are contrer des spirochètes ayant 3 à 15 ou 20 tours de spire. Les extrémités (cil terminal) sont souvent à peine visibles

Les formes courtes, 4 x, sont rectilignes et les formes longues, 12 y à (5 u, peuvent présenter des courbes très accentuées.

Lorsque cet examen, aseptiquement fait, met en évidence la présence de spirochète dans une ulcération du cuir chevelu, on peut affirmer sa nature syphilitique quels que soient les doutes qui subsistaient après l'examen clinique. Cette technique donne des résuitats certains et précis même dans les mains d’expérimentateurs qui n’ont pas la pratique et l’habileté nécessaires pour colorer sur lame les frottis d'exsudats. |

L'examen systématique, à lultramicroscope, d’après celte technique de l’exsudat de toules les ulcérations de nature douteuse, pourra être appliquée au diagnostic précoce de chancere syphilitique du euir chevelu, elle permettra d’instituer, dès le début, le traitement spécifique.

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