Buccale
J 14. Linguale.
\15. Auriculo-temporale.
(2) Traité des névralgies ou affections douloureuses des nerfs ; Paris, 1841.
(3) Dictionn. en 25 vol., art. Névralgies de la face.
1 Névralgie faciale
Tic douloureux. .
Branche ophthalmique.
I Névralgie trifaciale. / BraDche “axillaire supj
Branche maxillaire inf. ■
— lt —
sont , du reste , jamais prises isolément , et ne peuvent guère, par conséquent , former des espèces distinctes.
B. Symptômes. — Une douleur plus ou moins violente, ayant son siège sur le trajet d’une ou plusieurs branches des nerfs que j’ai indiqués, interrompue de moment en moment par de brûlants élancements , qui prennent toujours leur origine de points constants pour chaque nerf (1) , revenant par accès fort courts, plus ou moins réguliers, souvent très-rapprochés, et sans réaction fébrile; voilà le caractère essentiel du tic douloureux. Mais, dit M. Bérard (2), ce symptôme, presque unique, s’offre sous des formes si variées, que le langage est presque impuissant à le traduire; il n’a de constant que sa cruelle intensité. On peut juger de la diversité de ces douleurs par les comparaisons au moyen desquelles les malheureux qui les endurent cherchent à les dépeindre : il semble à quelques-uns qu’on leur déchire les chairs, à d’autres, qu’on leur enfonce un coin à coups isochrones aux pulsations des artères, ou que leur tète se fende dans un douloureux effort. L’ébranlement que quelques malades éprouvent dans la partie affectée leur fait croire qu’ils sont en butte à de fréquentes décharges électriques; dans d’autres cas, les douleurs deviennent si déchirantes, que le patient paraît être dans un état convulsif et de contraction tel, qu’on croirait qu’il est attaqué d’un tétanos
(1) Une remarque importante, faite par M. Valleix, et qui semble en contradiction avec ce qu’ont avancé la plupart des auteurs, est que la douleur, loin d’être soulagée par une forte pression, en est presque constamment beaucoup augmentée, surtout lorsque cette pression est circonscrite, et il regarde même cette particularité comme très-importante à noter parmi les caractères de la douleur névralgique, en ce qu’elle n’a guère lieu que dans certains points du trajet du nerf, points qui correspondent toujours aux foyers des élancements, et auxquels il a spécialement donné le nom de points douloureux.
(2) Loc. cit.
général , sensation cruelle qui ne leur laisse pas la faculté de dire un mot, ni même d’ouvrir la bouche : dolores ingentes , stupent...
Le début de la douleur est ordinairement subit , et monte assez souvent tout à coup jusqu’à son summum d’intensité , dure quelques minutes avec des rémissions partielles, puis disparaît aussi subitement qu elle était venue , pour reparaître encore sous la moindre impression : «Le plus léger attouchement de la main ou d’un mouchoir, dit Fothergill(l), ramènera souvent la douleur »; aussi voit-on quelques malades éviter tout mouvement, et refuser même parfois de manger, dans ia crainte de voir se renouveler leurs souffrances; les horreurs de la faim leur semblent mille fois plus supportables que les tourments que sa satisfaction doit leur faire éprouver. Mais lorsque, contraints parle besoin et l’état d’inanition dans lequel les jette une abstinence trop prolongée, ils veulent prendre quelque nourriture, iis profitent du moment où paraissent les accès ; on les voit alors , les yeux hagards, et semblables à des animaux féroces irrités par la faim et la résistance, se jeter avec fureur sur les aliments, les déchirer avec leurs dents en faisant des contorsions affreuses , et en laissant échapper des cris de rage, étouffés par l’état de plénitude de la bouche. En proie au plus sombre désespoir dans ces moments terribles, il semble que c’est moins pour entretenir leur triste existence qu’ils prennent cette nourriture, que pour la terminer plus promptement.
Pendant les accès , la physionomie prend une expression particulière , causée par la contraction des muscles sous l’influence de la douleur ; mais ces contractions ne doivent pas être confondues avec des convulsions, quoique, selon tous les auteurs, ces dernières puissent exister, et le nom de tic douloureux, appliqué à celte affection, ne semble pas avoir d’autre origine; on est loin cependant de les remarquer
(1) On a painful affection of the face. — Compl. works. vol. 2.
toujours. M. Valleix , dans les quatorze cas de tic douloureux qu'il a observés , n’a constaté que quatre fois une agitation involontaire des muscles, et jamais alors il n’y a eu de véritable distortion de la face. Dans les cas signalés par Méglin et d’autres auteurs , les mouvements involontaires avaient, au contraire, une intensité très grande, et prenaient le caractère de violentes convulsions.
L’attention se porte-t-elle maintenant sur les points qui sont le siège de ces souffrances quelquefois si atroces, c’est tout au plus si, dans quelques rares occasions , on remarque une légère injection de la peau ou des muqueuses ; presque toujours, cependant , les parties qui correspondent aux nerfs affectés sont le siège d’une tuméfaction assez notable, mais sans rénitence. On a remarqué aussi que les artères battaient plus fort au voisinage de la névralgie; mais il est difficile de comprendre, comme on l’a avancé, que leurs pulsations soient plus nombreuses. Dans un cas que j’ai observé, les veines étaient gonflées pendant l’accès, et semblaient même avoir acquis un plus grand développement dans la région affectée. La sécrétion de la glande lacrymale prend souvent aussi un accroissement anormal pendant les attaques, et des larmes brûlantes s’échappent d’entre les paupières. André dit de plus avoir remarqué presque constamment de la salivation chez ses malades, et M. Valleix a fait la même observation.
G. Diagnostic. — Lorsque le tic douloureux dure depuis longtemps, et qu’il présente dans tout son développement la série de caractères que je viens d’énoncer, il est impossible d’hésiter sur sa nature ; mais il n’en est pas tout à fait de même lorsqu’on est appelé à le juger à son début, et il est d’autant plus important de le reconnaître à cette époque, que l’on évite, non-seulement la perte de moments précieux et qui lui, laissent le temps de croître et de s’enraciner, mais surtout des tâtonnements dangereux qui pourraient aggraver encore la maladie que l’on a méconnue. Or, il est difficile, même dans le cas que nous supposons, de confondre la prosopalgie avec les autres affections
de la face, pour peu que l’on y mette quelque attention, et que l’on ait présent à l’esprit l’ensemble des symptômes que j’ai énumérés.
Parmi les maladies susceptibles de donner lieu à quelque confusion, je dois d’abord citer, pour les mettre de côté, les lésions locales qui peuvent souvent coexister avec une névralgie faciale dont ils sont le point de départ , soit par l’irritation qu’ils occasionnent dans le nerf qu’ils avoisinent, soit parce que, occupant le tronc nerveux lui-même, ils agissent plus directement encore. 11 y a évidemment , dans ces cas, deux affections : l’une, la névralgie elle-même, et une autre qui peut être de nature très-diverse, et qu’on doit bien se garder de considérer comme étant le caractère anatomique du tic douloureux. Il ne faut voir là , comme l’observe , avec juste raison , M. Bérard, que des altérations pathologiques qui, développées dans le voisinage plus ou moins immédiat du nerf, y ont provoqué la même action morbide qui, dans un nerf, où nous ne découvrons cependant aucune lésion anatomique, constitue le tic douloureux.
La turgescence qui s’empare quelquefois de la joue dans certaines prosopalgies , pourrait faire croire à une fluxion proprement dite de cette partie ; mais l’erreur ne serait que momentanée , car les caractères inflammatoires de cette affection, qui manquent totalement dans le tic douloureux, ne permettraient pas d’hésitation. La suppuration commençante pourrait à la rigueur en imposer encore par la nature lancinante des douleurs qu’elle suscite; mais alors aussi la fluctuation viendrait bientôt éclairer sur leur nature.
La douleur vive avec exacerbation et irradiation autour de l’orbite , qui accompagne l’inflammation du sinus maxillaire, pourrait faire confondre cette affection avec une névralgie sous-orbitaire; mais l’absence de véritables élancements et de douleur vive à la pression ' suffira pour faire éviter cette erreur; un coryza a d’ailleurs presque