‹ Thèse pour le Doctorat en MédecineChapitre 13 sur 17 · ANT · texte numérisé non relu

ANT

pêle-mêle avec les malades. Les petits cochons de lait aussi. J'ai été pris toute la Journée sans m'asseoir, Pas même une graine de pavot dans la bouche. Et, rentré à la maison, on ne ma pas laissé souffler. On m'avait apporté du chemin de fer un aiguilleur; je le mets sur la table pour l'opérer, et le voila qui me passe sous le chloroforme. Et les sentiments, quand il ne le fallait pas, s’éveillent en moi. Ça me pèse sur la consciente, comme si je l'avais tué exprès... Je m’assieds, Je ferme les yeux, et je pense à ceux qui vivront cent ans, deux cents ans après nous, et pour lesquels nous déblayons aujourd’hui le chemin. Ceux-là bhonoreront-ils notre mémoire d’un mot aimable? Ma bonne; ils ne se souviendront pas de nous! » FAURE

Cette ironie, cette conscience professionnelle, cette foi mystique dans. un avenir meilleur, c'est Tchekhov lui- même. :

De telles plaintes, Astrov en laisse échapper avec ses amis, quand il se détend. Il demande alors qu’on le laisse dormir quantum satis ou bien il repense à l’aiguilleur mort pendant l’anesthésie, ou bien il ressasse tristement son impuissance d'aimer: « Je dis que mon temps est déjà passé: il est tard 4 pour moi. J'ai vieilli, j'ai trop travaillé, je me suis banalise... Il me semble que je ne pourrai plus m'attacher à un être. Je n'aime personne et n’aimerai plus. Ce qui me tou-

che encore, c’est la beauté ».

Ses malades l'impatientent: « de lui dis qu’il a la goutte et il me répond qu'il a un rRArqatLsme. de lui demande de rester couché, et il reste assis... »

- À son ami Voinitski, qu’il soupçonne de lui avoir pris un flacon de morphine pour se suicider, il parle durement: « Ecoute, si tu veux, coûte que coûte, en finir avecla vie, va dans la forêt et tue-toi. Mais rends-moti la morphine. Il y ‘aurait sans cela des potins, des conjectures. On penserait que c'est moi qui te l’ai donnée. J'aurais assez d'histoires

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