‹ Thèse pour le Doctorat en MédecineChapitre 8 sur 17 · FA · texte numérisé non relu

FA

» Un commerce familier avec les sciences naturelles et avec les méthodes scientifiques m'a toujours fait mettre en garde, et j'ai toujours essayé, quand c'était possible, d’être conforme aux vérités scientifiques, et quand c'était impossible, j'ai préféré ne pas écrire du tout. Je ferai remarquer, en passant, que les conditions de la création artistique ne permettent pas toujours une harmonie complète avec les vérités, scientifiques. IL est impossible de représenter sur la scène une mort par empoisonnement exactement comme elle se présenterait dans la réalité. Mais l'harmonie avec les vérités scientifiques doit être sentie même à ces conditions, — c’est à dire, il faut que le lecteur ou le spectateur ait l’impression nette que la faute en est seulement imputable aux conditions de l’art, et qu'il.a à faire avec un écrivain qui comprend les choses.

» Je n'appartiens pas à cette classe de littérateurs qui pren-

rent une attitude de sceptique envers la science, et à la classe de ceux qui se précipitent sur toute chose avec leur imagination personnelle pour seul guide, je n’aimerais pas non plus d’appartenir…. »

Cette notice autobiographique est d’une importance capitale. Il n’est pas d’un piètre intérêt que Tchekhov vienne lui-même nous dire « que l’étude de la médecine a eu une influence considérable sur ses travaux littéraires », et il à soin de préciser qu’ « elle a élargi le champ de ses observations, qu’elle l’a enrichi de connaissances dont toute la valeur. ne peut être comprise que par des médecins ». (Notre travail n’est donc pas inconsidéré). Enfin, la médecine lui à servi de « guide », lui a fait « éviter une foule d'erreurs ».

Ensuite Tchekhov expose ses idées personnelles sur l'accord possible entre les vérités scientifiques et les créations de l’art. Mais précisément parce qu’il est médecin, — et qu'il a du goût, — il ne tombe pas dans le panneau du roman

scientifique, où s’est fourvoyé l'esprit peu critique de Zola,

‘ L TREND comme le D' Henri Martineau l’a montré dans sa thèse sur les Rougon-Macquart.

Comme on a pu s’en rendre compte par le bref exposé de la vie d'Antone Tchekhov et par les lettres de lui ‘que nous avons citées, l'exercice de la médecine ne fut pour lui pi une occupation d’amateur, ni un simple gagne-pain. Tchekhov aima la médecine pour elle-même, et non pas seulement pour les avantages que son esprit d'observation et son talent d'écrivain pouvaient en retirer. Toute son œuvre en fait foi. Mais il importe de ne chercher la personnalité de Tchekhov dans ses ouvrages qu'avec la plus grande prudence. Toujours désireux de rester objectif, par goût et peut-être aussi par pudeur, Tchekhov ne s’assimile à aucun de ses héros. Il n’a pas de porte-parole fidèle; tout au plus il fait siennes quelques idées familières que soutiennent nombre de ses personnages. Et la méditation d'André Efimytch, le vieux médecin de Salle 6, il est probable que Tchekhov à dû la remâcher bien souvent pour lui-même, dans ses veilles, dans ses nuits de garde à l’hôpital du Zemstvo.

« Tandis que ses pensées le portent au temps du refroidissement de la terre, tout près de lui, dans le grand bâtiment de l'hôpital, des gens croupissent dans la souffrance et dans la saleté... L'un d’eux, peut-être, ne dort pas et se débat contre la vermine, un autre est infecté d’érysipèle ou geint d’un bandage trop serré...

» Il sait parfaitement, d’autre part, que dans les vingtcinq dernières années il s’est produit dans la médecine ün changement fantastique. Lorsqu'il était étudiant, il lui paraissait que la médecine aurait bientôt le sort de l’alchimie et de la métaphysique. Maintenant, au cours de ses lectures, la nuit, la médecine le transporte et éveille en lui de l’admiration et de l'enthousiasme. En effet, quel éclat sou-

dain, quelle révolution! Grâce à l’antisepsie, on fait des opérations que le grand Pirogov n’osait même pas espérer possibles. Les médecins les plus ordinaires des zemstvos entreprennent des résections de l'articulation du genou. Sur cent laparotomies, il n’y a qu'un cas mortel. L'opération de la pierre est une telle bagatelle qu’on ne daigne même plus écrire sur ce sujet. La syphilis se guérit radicalement. Ah! la théorie de l’hérédité, de l’hypnotisme, les découvertes de Pasteur et de Koch, l'hygiène avec statistique et notre médecine russe de campagne! La psychiâtrie et la classification

actuelle des maladies, les méthodes de diagnostic et de thé-

rapeutique, c'est, en comparaison de ce qui existait, un véritable Elbrouz. Maintenant on ne douche plus les fous et on ne leur met plus la camisole de force; on les traite humainement, et même, comme on l'écrit dans les journaux, on organise pour eux des bals et des spectacles ».

Mais le plus beau rêve à son réveil:

« … Bah! se dit André Efimytch, rouvrant les yeux, après tout, qu'’est-il resté de tout cela? Ni l’antisepsie, ni Koch, ni Pasteur, n’ont pu changer la nature des choses, La morbidité et la mortalité sont les mêmes. On donne des bals et des spectacles aux fous, mais on ne les met toujours pas en liberté. En somme, tout est vanité et absurdité. Entre

. mon hôpital et la meilleure clinique de Vienne, il n'y a, au

Le

fond, aucune différence ».

L'esprit de Tchekhov est ondoyant et souple au suprême degré. S'approprie-t-il le découragement d'André Efimytch, que précédait un si bel enthousiasme, enthousiasme d'ailleurs de néophyte un peu puéril et sur lequel il nous faudra revenir? C’est possible, car dans le courant de sa carrière Tchekhov à dû plus d’une fois songer avec mélancolie aux théoties médicales modernes, inapplicables pour le moment aux campagnes, surtout en Russie.

Une note de Denis Roche, qui à entrepris de traduire

pour la librairie Plon toute l’œuvre de Tchekhov, est particulièrement intéressante. Elle ouvre des aperçus peu flatteurs sur l'hygiène des campagnes russes à la fin du dernier siècle (ne nous bâtons pas trop, nous autres Français, d'applaudir à nos organisations provinciales d'hygiène), et l’on comprend que Tchekhov, tout comme André Efimytch, se soit découragé parfois. Voici cette note:

« Les Zemstvos, pour diminuer la mortalité effrayante

des campagnes par suite du manque total d'hygiène, et pour amoindrir l’influence pernicieuse des sorciers et des devins, ont fait de la médecine un service gratuit et public. Mais comme la plupart ne peuvent offrir que des traitements insuffisants, les médecins les moins capables ont presque seuls accepté les offres des Zemstvos ».

Tchekhov, par contre, aimait ces carrières modestes où, béroïsme sans gloire, il faisait le bien obscurément. Mais que de dégoût, sans doute! Son hôpital devait avoir plus d’un point de ressemblance avec celui de Salle 6, « dans les salles de chirurgie duquel on ne pouvait pas se débarrasser de l'érysipèle », et où, malgré les efforts du médecin, « l’intendant, la lingère, l’aide-chirurgien et l’érysipèle demeuraient en place ».

Tchekhov, — il convient de l’en féliciter, —— sépare ainsi le plus souvent la science médicale de ses rapports pratiques avec les hommes. Pour la première il n'éprouve que confiancé, délirante, pourrait-on dire, mais pour le reste que scepticisme.

Et, d’ailleurs, c’est purement en médecin qu'il juge du tôle de la médecine dans la société, en médecin habitué à faire, autant que possible, de la thérapeutique plus étiologique que symptomatique.

Qu'on en juge par une courte nouvelle, la Maison à Mezzanine, encore qu'il faille faire les réserves d'usage, ici

aussi bien que pour ses autres ouvrages, quand on veut leur

demander de nous révéler la personnalité intime de

Tchekhov! ,

Un artiste peintre discute avec une jeune fille qui s'occupe d'œuvres sociales. / ‘ & — Vous rejetez aussi la médecine? demande-t-elle.

» — Ou, elle ne devrait s'occuper que de l'étude des maladies en tant que phénomènes et non de leur guérison. S'il faut soigner à tout prix, ce n’est pas aux maladies qu’il faut s'en prendre, mais à leurs causes. Ecartez la principale cause, le travail physique, et il n’y aura plus de maladies. Je n'admèts pas une science qui soigne. Les sciences et les arts véritables tendent, non à des fins passagères, particulières, mais à l'éternel et à l’universel; ils cherchent la vérité et le’sens de la vie; ils cherchent Dieu et l’âme... Tout notre esprit, toute notre énergie spirituelle, sont gäâchés pour la satisfaction de besoins passagers. »

Il y à certainement beaucoup de vérité dans ces paradoxes. Et Tchekhov revient souvent sur cet immense travail des hommes, générateur’ de misère physiologique, d’épuisement, . de dégénérescence de Ia race. Et, d’autre part, on note le caractère suprahumain, presque sacré, qu’il donne à la médecine.

Nous disions qu’il convenait de préciser ou de compléter

les idées d’un personnage de Tchekhov par les idées d'un autre et que de cette façon on risquait de s'approcher beaucoup de la pensée de l’auteur. Ici, bien entendu, il est de l'avis des deux interlocuteurs à la fois. La vérité est un compromis entre des points de vue extrêmes.

Le peintre reprend:

«.— À mon avis, il n’y a aucun besoin d’un dispensaire médical à Maloziomovo...

» — La semaine dernière, Anna est morte en couches et, s’il y avait eu un dispensaire dans les environs, elle serait

vivante...

» — Ce qui est grave, ce n'est pas qu’Anna soit morte en couches; le plus grave est que toutes ces Anna, Mavra, Pelagueia coutbent le dos, de l’aube au crépuscule, ét souffrent d’un labeur qui dépasse leurs forces, qu’elles tremblent toute leur vie pour leurs enfants affamés et malades; qu’elles redoutent toute leur vie la mort et les maladies; qu’elles se soignent toute leur vie, se fanent de bonne heure, vieillissent tôt, meurent dans la saleté et l'infection. Leurs enfants, en grandissant, reprennent la même chanson, et des centaines d'années passent ainsi. Et des milliards de gens vivent plus mal que les bêtes et éprouvent, rien que pout un morceau de pain, une crainte continuelle. Tout le tragique de leur situation vient de ce qu'ils n'ont pas le temps de penser à leur âme et de se rappeler leur image propre, ni.la ressemblance divine... Vous les secourez au moyen d’hôpitaux et d'écoles; mais vous ne les délivrez pas pour cela de leurs liens. |

» — Je ne discute pas avec vous, dit Lyda... Je ne vous dirai qu’une chose: on ne peut pas rester les bras croisés. Nous ne sauvons pas l’humanité, je l’admets, et peut-être nous trompons-nous en beaucoup de cas. Mais nous faisons ce que nous pouvons et avons raison de le faire... »

Telle est, me semble-t-il, toute la pensée d’Antone Tchekhov sur la médecine, sur son importance scientifique et. transcendantale, et sur son rôle’ pratique restreint.

Mais la correspondance de Tchekhov nous donne encore des documents sur cette question, et certes nous nous y teporterons avec plus de confiance qu'aux textes, toujours sujets à caution, de son œuvre. ;

Ecrivant à plusieurs reprises à Souvorine sur Bourget, il lui dit qu'il aime surtout chez notre romancier « sa connaissance des sciences naturelles et de leur méthode, dont il est autant imbu que s’il avait passé quelque bon diplôme en sciences ou en médecine ». Mais Tchekhov lui reproche, de

GP RRME 0 , ne point s’en tenir là, et de partir en guerre contre le matérialisme. Il à tellement de confiance, de foi, dans la science en général et dans la médecine en particulier, qu'il ne croit pas permis de rechercher la vérité en dehors du domaine - & des microscopes, des lancettes et des bistouris ». 11 à même cette phrase malheureuse: « Je crois qu’à disséquer un cadaure, le plus enragé spiritualiste sera @bligé de se demander: où est l’âme la-dedans? Et si l’on sait combien se ressemblent les affections physiques et mentales et qu’elles se traitent par

les mêmes remèdes, on ne peut pas refuser de séparer l’âme du corps. »

Un débat sur le matérialisme et l’athéisme ne conviendrait pas ici. Remarquons seulement l’idée chère à Tchekhov et juste en grande partie, que « la loi morale doit être liée organiquement au corps », que « cette alliance organique est de toute évidence » et que « toute sérieuse souffrance du cerveau et les maladies dites de l'âme se traduisent par une perversion de la loi morale », comme il l’a écrit luimême dans Un Duel.

Quelques jours plus tard (15 mai 1889), Tchekhov écrit encore à Souvorine, à propos de Bourget: « Les différentes branches du savoir ont toujours vécu en paix. L’anatomie et les lettres sont d’une origine également noble; elles ont le même but et le même ennemi — le mal — et n'ont aucune raison de se combattre. Il n’y a entre elles aucune concurrence vitale. Si quelqu'un connaît la circulation du sang, il est riche; s’il apprend aussi l'histoire des religions et la chanson « Je me rappelle un merveilleux moment », il s'enrichit, il ne s’appauvrit pas. C’est pourquoi les génies ne se sont jamais combattus, et dans Gœthe le poète vivait amicalement côte à côte avec le savant.

» Ce ne sont pas les branches du savoir comme la poésie et l’anatomie, mais les erreurs — c’est-à-dire les hommes — qui se combattent les uns les autres ».

On voit combien les spéculations médicales ont formé

l'esprit de Tchekhov. Ainsi, de même que la médecine à

occupé une place prépondérante dans la vie de cet homme

de lettres, de même elle s'associe à chacun de ses pensées.

Elle n’est jamais étrangère à ce qu'il écrit. Et comme Tchekhov passe tous les jours davantage pour un des auteurs dont l’incomparable talent représente le mieux l'intelligence russe et honore le plus l'humanité, la part si belle qu'il à faite à la médecine mérite vraiment d’être examinée. di

Il y aurait encore beaucoup d’autres documents à étudier. Mais nous arriverions aux mêmes conclusions, et ces répétitions lasseraient à la longue. Néanmoins, je citerai

‘encore deux lettres, adressées à E: M. Sh..., qui envoyait à

Tchekhov des contes sur lesquels elle lui demandait son avis. Les lettres à cette dame sont amusantes ou instructives. Les médecins y glaneront. La première, datée du 16 septemibre 1891, refait l’éloge de l'étude et du savoir: « Donc, nous, Vieux garçons, nous sentons le chien? Soit. Mais que les spécialistes des maladies des femmes soient des débauchés et des cyniques, permettez-moi de penser autrement. Les gynécologues ont à faire à une prose mortelle, telle que vous n'en avez jamais rêvé, et à laquelle peut-être, si vous la connaissiez, vous donneriez avec la férocité caractéristique de votre imagination, une odeur plus mauvaise que celle des chiens. Celui qui nage tout le jour dans la mer aime la terre sèche; celui qui est plongé pour toujours dans la prose désire passionnément la poésie. Tous les gynécologues sont des

idéalistes. Votre médecin lit des vers, votre instinct vous

inspirait bien; j’ajouterais que c’est un grand libéral... Vous avez oublié de penser aussi qu’un bon gynécologue ne peut pas être un homme stupide ou une médiocrité. L'intelligence brille plus que la calvitie, mais vous avez remarqué la calvitie, et vous y avez appuyé dessus — et lancé l'intelligence par dessus bord. Vous avez remarqué aussi, en appuyant,

PR qu'un homme gras — brel —— transpire «ne sorte d'huile, mais vous avez complètement perdu de vue le fait qu'il est professeur, — c’est-à-dire qu’il a passé plusieurs années à réfléchir et à faire quelque chose qui le place au-dessus de millions de gens... |

» de n'oserai pas vous demander d’aimer le gynécologue et le professeur, mais j'ose vous rappeler que la justice pour un écrivain objectif a plus de prix que l'air qu’il respire.

» … Dans le discours du médecin, le passage est bon où. vous lui faites parler de son manque de foi en la médecine. »

Tchekhov, on le voit, ne perd pas une occasion de défendre la science et les hommes de science. Mais la lettre <uivante, du 28 février 1893, offre pour le médecin plus d’in-

térêt. Elle prouve que nous avions raison, tout à l'heure,

de prétendre que Tchekhov avait prêté au médecin de

Salle 6 quelques-unes de ses idées personnelles. Et puisqu'il en prend lui-même la responsabilité, nous nous sentirons plus autorisé pour en faire la critique.

Madame E. M. Sh... avait soumis une nouvelle aux ne vations de Tchekhov; celui-ci, après quelques remarques d'ordre littéraire, par quoi débute sa lettre, en arrive au fond même du sujet:

« Pour résoudre les problèmes de la dégénérescence, du psychisme, etc.…., il faudrait être instruit scientifiquement de ces choses."

» Arrivons à l’importance, de # maladie. (Désignons-la en par la lettre S.) En premier lieu, S. est curable; secondement, quand des praticiens ont un malade qui souffre de quelque grave affection, comme par exemple de destruction de la moelle épinière (tabes) ou de citrhose du foie, et s’ils trouvent la S. à l’origine du mal, ils ont bon espoir de la guérir, parce qu’on peut guérir la S.

» Dans la dégénérescence et les affections nerveuses générales, les paralysies, etc., la S. n’est pas la seule cause qui

re entraine de tels résultats; — il y a une combinaison de nombreux facteurs, comme l’eau de vie, le tabac, la chère excessive chez les classes intellectuelles, la mauvaise éducation, l'absence d’exercice physique, les conditions de vie à la ville, etc., etc...

» À côté, il y a d’autres maladies non moins sérieuses. Par exemple la phtisie. Je pense qu’il n'appartient pas aux artistes de tomber sur les gens parce qu'ils sont malades. Est-ce de ma faute si j'ai mal à la tête? Est-ce de la faute de Sidor s’il est infecté de S., s’il a une moindre résistance au mal que T'arass? Akulka est-elle coupable si ses os sont pourris? Il n’y a personne à blâmer, et au cas où la culpabilité pourrait être trouvée, c’est l’affaire’ des officiers de santé et non des artistes.

» Les praticiens se onde es d'une façon bou bTe Û 4 ne votre histoire. Vous leur faites oublier les règles de la médecine et le secret professionnel, et alors ils transportent un homme gravement malade, un paralytique. La proie de la mystérieuse $S. n’a-t-elle pas été frappée à mort dans la tarantass? Et les dames de votre histoire regardent la S. comme l’abîime le plus profond. Ce n’est pas nécessaire. La S. n’est pas un vice, ce n’est pas le résultat d’une volonté molle, mais une maladie, et les gens qui en sont frappés ont besoin d’être traités avec une généreuse amitié. Il est honteux qu’une femme abandonne son mari malade en hurlant que le mal est contagieux ou vilain. Elle peut agir comme bon lui semble, mais l’auteur devrait avoir du doigté. A propos, savez-vous que l’influenza aussi a de sérieux effets sur l’organisme? Oh! il n’y a rien dans la nature qui ne puisse avoir de fâcheuses conséquences et qui ne puisse être apporté par hérédité. Il est dangereux même de respirer! Personnellement, je m'en rapporte à la règle suivante: je ne parle des malades qu’en termes pittoresques qui puissent les caractériser. Je ne connais pas « notre Âge nerveux », parce que les êtres humains sont nerveux à tous les âges...

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