‹ Thèse pour le doctorat en médecine [microforme]Chapitre 10 sur 44 · INFLUENCE DES AGES · texte numérisé non relu

INFLUENCE DES AGES

La grande 7najorité des écrivains a €mis l'opinion que le suicide à sa plus grande fréquence depuis l'age de la puberté et durant l’âge adulte : l'enfance et la vieillesse ont été considérées, par éux, £ommeles époques les moins favorables à l’accomplissement: de cet acte. AL |

Egalement, les relevés Statistiques, que publient de temps à autres les journaux, sembleraient établir que le suicide se rencontre as plus fréquemment dans l’âge adulte, et que la vieillesse y est beaucoup moins sujette,

Müis Lette supposition, en ce qui concerne la vieillesse, “paraît repbser plutôt sur un raisonnement spécieux et sur une érreur de calçul, que sur des faits positifs. Ainsi, le vieillard, a-t-on dit, devient d'autant plus avare de sa vie, que ce bien est plus près de lui “échapper, et, pour cette” raison, il n’abrège pas son existence ; et puis, les grandes passions de » l'amour et de la cupidité étant apaisées à cette époque, le vieillard n/a plus de raisons, pour aller chercher dans la tombe, un soulagement à ses malheurs. (AA

Une autre source d’erreur vient de ce qu'on né rapporte

. Pas le chiffre des suicides au chiffre relatif des vieillards; en d’autres termes,

d os ards ë antälapopulation totale, sans tenir compte de ce fait important que,

40 ï XI

sur une population donnée, le nombre des vieillards ‘ est :

beaucoup inférieur à celui des jeunes gens et des adultes.

: En calculant de cette dernière manière, qui est la seule .* admissible, MM, Etoc Demazy et Lisle ont démontré péremptoirement, que le suicide augmeñte constamment en fréquence depuis l'enfance jusqu’à l’extrêéme vieillesse. : Voici comment M. Lisle rend compte de ce fait + Il se- rait donc plus vrai de dire, ‘contrairement à l'opinion d’'Esquirol. et de M. Falret, que la vieillesse amène äâvec elle, en même temps que son cortège ordinaire d’infirmités physi- . ques et morales, un dégoût profond de la vie, un désespoir incurable, qui trop souvent aboutissent au suicide. ”

| ‘I me semble que les faits et l'observation journalière

s'opposent À cette explication de M:Lisle; et je continue à . Croire, avec Ésquirol, que véritablement le vicillard ést avare de sa vie, comme il l’est de ses biens; mais une autre cause me paraît donner une explication plus rationnelle de ce fait singulier, N’est-il pas vrai que l'affaiblissement des facultés morales suit etaccompagne presque constamment la sénescence, et l’affaiblissement des facultés physiques ? Et cet affaiblisse-

. ment des facultés morales ne suffit-il pas pour faire admettre, .

mme une cause au moins très puissante de cette augmentatiôn dans le chiffre des suicides, chez les- vieillards, cette

cause si commune, à tous les âges, c’est-à-dire un degré plus

ou moins avancé d'aliénation menfäle ? ne

. Le:suicide est rare dans l'enfance; néanmoins elle lui paie également son tribut. D’après, un relevé Statistique, fait en France en 1841, on signale 1.enfant dè 9 ans, 1 de,10, 7 de- 18, 6 de 14, 6 de 15 ans. . ! : :

- Heureusement, mon tableau ne:fournit que des exemples

bien rares, de ces fruits trop précoces d’une mauvaise ‘éducation.

Voici quelques faits, rapportés par Esquirol, bien propres à démontrer quels peuvent être les motifs qui conduisent

à son début,

les enfants, À se débarrasser d’une vie ani legimr ortune;-mênme

eillards est :

à “Un jeune homme laisse un écrit, avant de se tuer, |

adultes, dans lequel il accuse ses parents de l'éducation qu'ils lui ont ne est la seule . fait donner. Un autre blasphème contre Dieu et la société ; | "4 tré péremp- "un troisième se tue, parcequ'il n’a pas assez d'air pour respi- “

n fréquence rer. Un enfant de 13 ans se pend, et laisse un écrit qui com-

meñce par ces mots : Je lèque mon ‘ême à Rousseau, mon Corps . à la terre. * M. Falret parle d’un enfant de 12°ans qui 8e sui- | cida, parcequ’ilavait obtenu dans ün Concours, une place inférieure à celle qu'il espérait. | oh

it :“ Il seinion d'Esvec elle, en ités physidésespoir

LE

È Ê À CHR “ , Fe mn :

22 É Ne

journalière continue à d est avare utre cause de ce fait cultés moénescence, affaiblisseadmettre, .

augmenta- 2rds, cette degré plus

18 elle lui tique, fait le,10,7 de:

“exemples se éduca-

bien proonduisent

Fe

RE De

ARTICLE VI

Page 1