INFLUENCE DES SAISONS ET DES " CLIMATS
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L'influence des saisons a été notée par tous les auteurs. Au premier abord, on;serait tenté de croire que les chauds rayons du soleil de mai ou de juillet, en mettant sous nos yeux le riant tableau de là vie, devraient nous faire apprécier davantage ce précieux dépôt, tandis que les brumes et les frimas de l'hiver, en portant l'âme aux réflexions et aux rêve- . ries, devraient plutôt favoriser l'acte du suicide; le contraire arrive pourtant, et presque tous les statisticiens s'accordent à dire, que le suicide est plus fréquent, dans la saison chaude. que dans la froide. Ainsi, à Genève, c’est dans les mois d’avril, de juin, de juillet et d'août que ce chiffre est le plus élevé. “ C’est surtout en été que l’on se tue, dit M. Leuret, \ et particulièrement lorsque la chaleur est “longtemps prolongée. ” MM. Fairet et Cheyne pensaient qu'il est plus fréquent en automne, M. Esquirol, en été, M. Lisle, au printemps. : the
En France, lonombre des suicides est rangé comme suit, selon: sa plus grande fréquence : 1° printemps; 29 été; 8° automne ; 4°. hiver, et cela avec une progression constante, invariable pour chaque année, depuis . 1836 jusqu'à ‘1852. | F
En démontrant que le suicide a 8a plus grande fré. quencg au printemps et en été, la statistique-ne fit-que-cor
firmer les prévisions du simple raisonnement ; en effet, dans tous les pays, une grande part, et parfois la plus large, dans le
‘firent la conquête, et à cette époque le suicide ÿ° était in-
chiffre des suicides, doit être rejetée sur le compte de l’alié-
nation mentale ; 6r, l'influence de la chaleur sur le dévelop- :
pement de cette dernière affection, universellement admise depuis longtemps, peut être facilement constatée tous les jours encére, partout où il y ‘a des aliénés, partout où il ya des hospices.
Montesquieu, et après lui, grand nombre d’observateurs, ont cru que la rigueur du climat devait avoir un effet fâcheux, et ils attribuaient aux brumes de l'Angleterre son chiffre élevé de morts volontaires.
Pourtant, en Hollande, eten Russie où le climat est én-
core plus rigoureux, le suicide est très rare; et le Canada, qui ne le eède à aucun autrè pays du globe pour la rigueur de sa température en hiver, n’en enrégistre qu'un bien petit nombre de cas, ainsi que le prouve mon relevé statistique.
… D'ailleurs, comme on l’a déjà souvent observé, le climat de l’Angleterre n’a pas changé depuis que les Romains en
connu. Il en est de même de l'Italie qui, sous les empereurs
romains, en fouruissait un si grand nombre d’exem les, et : » pies,
où il est si rarement observé de nos jours. Et enfin, il paraît que l'Angleterre, avec ses brumes et ses nuages, compte aujourd’hui moins de suicides que la France, avec son soleil et son ciel pur. è Tout en admettant doncique le chiffre des suicides doit varier, suivant les diverses saisons de l’année, je pense que l'influence de ces dernières ne doit porter qu’indirectement et secondairement, c’est-à-dire par l'influence qu’exerce une
température élevée sur le développement de l’aliénation
mentale. . - , :
Quant aux climats, les relevés saigne prirent jus-
qu’à l'évidence que leur action est nulle; il
cher ailleurs les causes qui font augmenter ou diminuer le
nombre des suicides dans les divers pays du globe,
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