‹ Thèse pour le doctorat en médecine [microforme]Chapitre 2 sur 44 · EE · texte numérisé non relu

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À = CHAPITRE PREMIER. "4 ARTICLE I DUSUICIDE,. Mo

| remnrrer CLASSIFICATION.

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= Le suicide: (se occideré) est l'acte par lequel un individu met Jin à sa propre existence ; quelque soit l'état d'esprit où il se trouve au moment de cet acte, queis que soient les moyens aurquels il & recours pour l'accomptir. à ;5 Ce n’est qu’à la fin du siècle dernier que fut créé cey... : terme suicide; jusque là, l’action de mettre fin à ses jours . n'avait reçu de nom dans aucune langue. a Grandes ont été les divergences d'opinions parmi les écrivains pour donner une juste définition de ce mot: et ces divergences s'expliquent naturellement, si l’on songe aux causes si nombreuses et parfois opposées qui donnent lieu au suicide, si l’on examine les moyens si: variés qui sont mis en usage pour l’accomplir. CRE | Quelques-uns, comme Esquirol, veulent qu'on descende dans la conscience de chaque individu, qu'on scrute les secrets intimes du cœur humain, que dans tous les cas, l’on examine et l’on pèse les sentiments qui onf porté un individu à se donner la mort, avant de faire l'application du mot suicides. “ L'homme, dit-il, se tue ou s'expose à une mort certaine, mû par les sentimens les plus élevés, son action : 4 est alors plus digne d’admiration que de blâme.”

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plus vrai; mais d’un. autre côté, je ne saurais comprendre. quelles sont les nobles Passions, quels sont les séntimens élevés qui peuvent jamais porter un individu à se plonger un poignard dans le cœur, où à se bruler la cervelle; et non plus comment une pareille action peut jamais être plus digne d'admiration que de bléne. ot Dans ces deux actes que M. Esquirol veut assimiler, il me semble voir toute la différence du monde. Dans le premier cas, il ÿY à courage porté jüsqu'a l'héroisme, obéis- 4 ‘sance aux ordres de la divinité, qui veut de notre volonté $ qu'elle soit toujours prête À lui faire le sacrifice entier de tout ce que nous possédons,;-même le sacrifice de notre vie, pour l'accomplissement de nos devoirs publics et privés: dans le second, il y a folie ou crime, révolte contre la divinité, qui s’est réservée À elle seule le droit de nous retirer ce don qu'elle seule peut donner. he ; Dans le premier cas, il n'y a qu’exposition de sa vie à 4 dans le second, véritable meurtre de soi-même, dt empiètement sur les droits de la Divinité, qui seule, est rates absolue de notre existence. | | , 4 Cette différence sera rendue encore plus sensible par des à exemples. | À Ainsi, pour moi, Regulus, retournant de lui-même, et à volontairement, devant le Sénat de Carthage où il sait que À l’attendent les supplices les plus atroces et une mort certaine, pour moi, Regulus n’est pas un suicide, comme l'ont prétendu æ quelques auteurs. Sa noble résignation est le comble de l'héroisme et du dévouement aux principes de l’honneur. Il se soumet à la mort, c’est vrai; mais il ne la recherche pas,

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. ilne la désire pas. Il n'est qu'une noble victime offerte à ra

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| est tué, il ne se tue pas. Bien plus, suivant St. Augustin, co e sa démarche Den est la plus forte condamnation du sui- Ë- ta cide : “Si donc/un homme, dit-il, qui tenait si peu à la 1 n”

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+ Quant à ces généraux Romains, qui, sur le point ‘de

perdre bataille, se vouaient aux dieux infernaux, et allaient | de leur propre mouvement et à dessein, se faire tucr pour relever le courage abattu de leurs trou es, pour moi ce sont là autant d'exemples de suicides. Ces Fee ne subissaient pas seulement là mort qui leur était imposée, ils la recherchaient ; ils ne l’attendaient pas de pied ferme, mais ils la provoquatent. Ce n'était pas la mort qui allait à eux, c’étaient eux qui allaient vers la mort, sans que rien, pas même le gain d’une bataille, pât justifier leur démarche.

M. Lisle, en traitant cette question, établit entre la mort de, ces saintes femmes chrétiennes qui se précipitaient à la . rivière, pour préserver .leur chasteté contre les atteintes . brutalès de leurs persécuteurs, et le suicide de la ‘chaste Lucrèce, une parité que je ne saurais admettre. “ Si le suicide, dit-il, n'existe pas pour les saintes femmes qui préférèrent exposer leur vie à subir une honte, (potiès mori qu&èm foedari) ét se jetèrent à l'eau pour sauver leur chasteté, pourquoi existerait-il pour la chaste Lucrèce, qui, ne voulant pas survivre à l’insulte que venait de lui faire un jeune patricien, saisit un poignard, et s’en perça le sein ?”’ | Sans vouloir me pronncer entièrement sur ces deux faits; ni excuser entièrement les vierges chrétiennes, il me semble

“néanmoins qu’on.a tort de vouloir'assimiler ces deux cas, et

de les considérer sous le même point de vue.

Et eu effet, ces vierges chrétiennes avaient au moins pour motiver leur détermination, une excuse plausible, la préservation de leur chasteté qui’ n'était pas ue perdue. La chuste Lucrèce n'avait plus cette même excuse, et pour’ cette raison, sa mort ne dut reconnaître pour cause que le sentiment du dépit et de J'orgueil blessé. Et d'ailléurs, si l'on consulte les saines notions de médecine Légale, ofce circonstances sous lesquelles la chaste Lucrèce perdit sôn honneur, n'est-il pas permis, au moins à un médecin; de #oncevoir et d'exprimer quelq a outes sur la valeur de ce grand acte.

“que lhistoire des temps anciens a eu le

Le Ù transmettre avec tant d'éclat! MR

D'après l'exposé qui précède, on voit donc que le suicide

peut se présenter sous deux aspects diflérens : . 1°. Ou l'individu se tue lui-même, et de son propre

mouvement, et alors il ÿ a toujours suicide. |

29. Ou bien il ne se tue pas lui-m me, mais emprunte le ministère d'autrui pour se donner la| mort.

Dans le dernier cas seulement, des difficultés peuvent se présenter ; et je crois que c’est, ç 1.grande partie, pour n'avoir pas clairément établi les di renecs qui existent entre ces deux espèce de suicides, ‘que les médecins légistes n'ont pas pu s'entendre encore sur la véritable valeur fe ce mot; et sur8a définition. |

Quand l’homme se tue lui-même, je ne crois pas qu'il soit besoin d'aller à la recherche des causes qui l’ont poussé

* à cette détermination, pour faire l'application du \mot

suicide ; mais c’est quand il a recous au ministère d'autrui, que/la distinction que veut établir M: Esquirol, peut et doit

recevoir son application dans certains cas. - | Toute la difficulté réside alors dans cette question : ee irconstances dans lesquelles se trouvait l'individu, sont-elles /de nature à ‘démontrér qu’il a recherché la mort, où qu'il n’a fait que la subir, comme une triste nécessité, et‘ pour ne pas forfaire, soit aux justes exigences du véritable honneur,

soit aux principes moraux, religieux ou philosophiques ? S'il n’a fait que subir laanort, sans là rechercher, alors,

nosographie médical. Car qui oserait aller établir unè dis-"#

on doit dire avec M. Esquirol, que l’action de l’homme, qui ! s'expose & une mort'certaine, est.plus digne d'admiration que de À blâme. # P ‘Heureusement pour l'intelligence de la définition, que JÆ tl . les suicides qui se rattachent à cette dernière espèce, ne sont à p que les exceptions bien rares ; heureusement encore que À et l'acte se fait ordinairement alors publiquement, en présence | cl de témoïns, et qu’il nous est possible le plus souvent, de le | juger avec sûreté. UNSS 2 Mais qu’adviendrait-il, si, prenant à la lettre l'opinion de / # dé M. Esquirol, il fallait examiner et juger chaque cas en par- ï En icatier ?—Evi rayer 1e mot suicide dela M

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