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à tinction fondée uniquement sur les raisons qui ont porté un
individu à se donher la mort ! Surtout quand on songe que
le suicide; se commettant presque toujours dans l'ombre et.
le secret, et sans aucune espèce de témoins, il nous est impossible de connaître quelles passions, quels sentiments
” ont pu agiter l’âme du malheureux en ce moment suprême.
D'autres auteurs, : entre ‘autres MM. Etoc Demazy et
, Falret, ” n'appellent ‘suicides que ceux qui se tuent avec
l'intention manifeste de se donner la mort. “Le signo caractéristique. du suicide, dit M. Demazy, est l'intervention
de la volonté, plus ou moins -puissante, plus ou moirs
éclairée, dans l’action de se donner la mort. Toutes les fois
que l'homme qui se tue n’a pas l'intention de s’ôter la vie,
sa mort doit être considérée comme le résultat d’un simple accident.” | |
“ Pour être suicides il ne suffit donc pas de se tuer, il
faut se tuer volontairement.” ;
“ Cette distinction indique assez que nous ne pouvons
ranger au nombre des suicides, à l'exemple de M. Esquirol, :
les fétricitants qui se tuent dans leur délire, et ces maniaques
qui, voulant ouvrir la porte de leur appartement, ouvrent la
croisée, et se précipitent, en croyant descendre par l'escalier, Dans ces cas, la mort nous paraît être purement accidentelle ;
la volonté y reste étrangère ; car il est indubitable que les
fiévreux ne savent pas alors ce qu'ils font, et que les maniaques font ce qu'ils ne voudraient pas faire.”
Cette distinction, que veut établir M. Demazy, est parfaitement conforme aux principes philosophiques et
théologiques ; mais il me semble qué sur ce point, le rôle du
philosophe et du médecin n’est plus le même, et que l’un . :
et l'autre doivent se placer à un point de vue différent pour classifier ces cas. DT
Le philosophe doit, avant tout, juger l'intention, le mérite de l'acte ; le médecin doit plutôt s'attacher À considérer l’acte lui-même et à le constater. Dans les cas de suicides douteux, le philosophe et le théologien laissent ân
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— “tbunal suprême le soin d'en apprécier la culpabilité on
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l'innocence: leur a
. mence. En effet, ce dernier doit enrégistrer ces cas, il doit
les classifier, et en dépit de tout, et toujours, il les rangera . dans la catégorie des suicides. Donnons des exemples :
Un ‘homme se pend, se coupe la gorge, ou se brûle la cervelle, victime de ses hallucinations, et sans que la volonté}
aît nullément dirigé sa main, alors il n'y a pas suicide au
point de vue philosophique, c'est un accident: mais pour le
médecin, il ÿ a suicide, car ce dernier n’est appelé à juger que
l'acte extérieur, etil ne peut évidemment se reposer que sur.
lui seul, pour établir son jugement.
. Ceci est tellement vrai, que M. Demazy lui-même, tout en établissant le principe contraire, n’a pas pu échapper à cette nécessité ; et dans le chiffre 87, qui est la somme totale de son relevé statistique pour le département de la Sarthe,
. gr: voit. figurer le chiffre, 28, qui représente le nombre de
__ * !Or, thez ces 28 aliénés, comment aurait-on pu établir s’il y avait oùnon intervention de la volonté, s'il y avait même . conscience de l’action ? Et on pourrait en dire autant de presque tous lea suicides ; car comment déterminér/{’état où se trouve leur esprit, comment constater “ s'ils ne savent pas ce qu'ils font, ou s'il font ce qu’ils ne voudraient pas faire 2”
Mettant donc de côté toute distinction fondée uniquement sur l’état d'esprit de l'individu, ou sur les moyens mis en usage pour accomplir cet acte, je crois qu’il vaut mieux d’abord donner à ce mot toute sa portée. Partant de là, je propose: comme définition du suicide, l'acte par lequel un individu met fin à sa propre existence, quelque sait l’état d'esprit . où il se trouve, quels que soient les moyens auxquels il a recours.
Mais comme les causes qui déterminent le suicide, sont loin de comporter en elles le même caractère, il devient utile d'établir ces différences au moyen’ d’une classification appropriée. HN
Je diviserai donc le suicide en 12: Suicide volontaire criminel ; 2°. Suicide volontaire excusable ; 3°. Suicide
. Qux su al dans un état d'aliénation mentale.
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qui, doué des facultés de sa raison, mais, mû par quelques
passions, de quelque nature qu’elles soient, met volontaire: -
ment fin à ses jours. : ne .. 29, 1ly a suicide volontaire excusable, quand un individu se tue, obéissant à sa volonté, mais égaré du reste par l’alié-
nation“ mentale. Dans cette catégorie, se rangent encore: ‘
ceux qui se tuent volontairement, et doués des facultés dé leur raison, mais p 8 par quelques crpyances religieuses ou politiques erronéés. Tels sont les suicides de ces veuves de l'Orient, quise font consumer toutes vivantes sur le bûcher de leur maris, et que M. Esquirol ne consière pas comme suicides. AUS ”
8°. Il y a suicide involontaire ou accidentel, quand la volonté n’a nullement présidé à la mort, comme chez certains aliénés, et que cette dernière est plutôt le xésultat d’une impulsion purement mécanique.. C’est cette dernière espèce qui n'existe pas pour le philosophe, mais exclusivement pour le médecin. | ; ”
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