‹ Thèse pour le doctorat en médecine [microforme]Chapitre 4 sur 44 · SUICIDE SANS FOLIE · texte numérisé non relu

SUICIDE SANS FOLIE

Le suicide volontaire existe-il dans touté que j'attache à ce mot?

ibro exercice de la raison lectuelles; ou bien, e du dérangement dé ces même

M. Esquirol,

découlent de ce pri avec doute, puis avec hésitation’ finit néanmoins par l’

est-il âu contraire, toujours le résultat : f 8 facultés, et une. preuve ‘À!

‘ saine, d’une volonté bre, quelque trouble de Ia raison, parfois dans la catégorie des

| la rigueur de ses châtimens; et le t

qui met fin à ses jours, quelques mo

| après avoir mis ordre À ses affaires, calement nul, ou du moins inspirer le sur sa validité.

Cet acte est-il. compatible avec le » avec l'intégrité des facultés intel.

constante d'ajiénation mientale ?

Cette question est: des plus graves sou

n’attente à ses jours que lors les suicides sont aliénés.”

ports. Si le suicide, n'est jamais le fait d’

8 plusieurs rap.

l une intelligence s’il est toujours accompagné de

l'Eglise a donc tort de le ranger.

crimes,

et de lui infliger toute estament d’un hommé ments, quelques heures, devrait donc être radis doutes les plus graves

sans s'arrêter aux conséquences qui ncipe, et: après s'être exprimé, d’abord et même avec contradiction, admettre dans toute son étendue:

“Je eroig avoir démontré, dit ce savant, que l’homme . qu'il est dans le délire, et que

Et cette grande cause d’aliénation mentale qui conduit

au suicide, M. Esquirol la trouve dans les passions ; et non seulement dans ces passions fortes et délirantes, quelques émotions soudaines et .imprévues,

amenées par

l’acception 3

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tal n MAIS encore Ont

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le

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tible avec le facultés intel.

rs le résultat :

‘une preuve

lusieurs rapintelligence !

compagné de ‘ :

tdeleranger nfliger toute ! à d’un hommé À ques heures, :

nc être radi-

s plus graves

quences qui mé, d’abord ntradiction, n étendue:

1e l’homme élire, et que

qui conduit ons ; et non 4 menées par rs à

dans ces passions lentes, sourdes, longtemps et délibérément entretenues, pendant des mois et des années: Quoique agissant lentement, dit-il, les passions n’en affaiblissent pas moins la raison; ” Et ailleurs: « Le suicide, provoqué

par l’égarement des passions, est toujours un signe de folie.”

M. Falret admet aussi pleinement cette idée.

| Personne ne saurait douter qu'il est de ces passions aussi fortes qu& subites, de ces émotions aussi puissantes qu’im- * prévues, qui, par le choc qu'elles amènent dans notre ‘organisme, peuvent tout-à-coup détendre les ressorts de l’intelli- ‘&ence humaine, et nous porter à des actes fépréhensibles

dont nous ne sommes plus à même de juger la pottée : alors,

ces actes trouvent souvent leur excuse dans la cause même

qui les a fait naître, et doivent inspirer plus de pitié que de blâme.. 1l ‘est très vrai de dire encore que les passions lentes, peuvent “quelquefois par leur action incessante et continue, miner sourdement les facultés de notre âme,

comme elles peuvent porter une atteinte sérieuse à la santé de notre corps. :

Mais vouloir ériger ces idées en doctrines positives et ”

Constantes, n'est-ce pas donner tête baïssée dans un extrême des plus dangereux ? N'est-ce pas vouloir d'un seul coup, soustraire les criminels à la juste vindicte des lois humaines ?

Si le suicide, Provoqué par l'égarement des Passions, est toujours un signe.de folie, n’est-on pas forcé d'admettre que

stous les crimes de quelque nature qu'ils soient, sont aussi

Je résultat de la folie, puisque ces derniers ont aussi pour cause ordinaire ce même égarement ‘séquence est parfaitement logique; et en admettant la première proposition, ne doit-on pas aussi admettre la seconde ? MM. Esquirol et Falret ont reculé devant ces conséquences,

sur lesquelles ils se taisent complètement; mais M. Bourdin, dans une brochure qu'il a fait paraître sur ce sujet, il y'a :

quelques années, les admet et les donne dans toute leur étendue. NOR | |

Les partisans de L

ctrine cont

LA

des passions? La con- .

quelle je m'élève,

ais encore, —Ë

e, une TE d'exemples où ss

. n’a-t-on pas voulu rejet si remarquable de Caton ?

le.suicide a cù pour cause primitive une passion quelconque, portée jusqu’au- dérangément de la raison. Mais ces

savoir, que le suicide. est souvent la suite, de l'aliénation

exemples ne constatent qu'un fait admis par tout le monde,

mentale, qui elle-même a été provoquée, ‘et dé terininéc par

une paësion. Il aurait falluätller au-de- là, et démontrer que jamais il n'y a eu suicide, là où il y avait intégrité des facultés

intellectuelles. C'est ce qu'un bien petit nombre à tenté

jusqu'ici, et avec bien peu de succès commé ous le verfons. .

Eten. effet, il ne sont pas rares les faits. de, ce genre où la consommation du crime, les préparatifs antéricurs, les

moyens d'exécution ont été co-ordonnés avec une intelligence

rare, et une volonté parfaite. Dans les pays où le suicide

-estcommun, ne voit-on pas tous les jours des individus, résolus

dé mettre un terme à leur existence, commencer d'abord par mettre l'ordre le plus parfait dans leurs atfaires, terminer leurs transactions, et ensuite faire choix du lieu, de l'époque, des armes, d’une matière tout-à-fait raisonnée et rdisonnable ; et laisser même. après eux des écrits qui rendent compte parfaitement de leur détermination ?

Maïs même dans les morts volontaires accomplies sous de telles circonstances, on a prétendu découvrir toujours des signes d'aliénation mentale ; et pour n’en citer qu’ün exemple,

He sur le res de ue folie, le suicide

Voici en peu -de mots les détails de cette mort célèbre telle que racontée par Plutarque.

Dès la veille de sa mort, dit cet historien, Caton veilla,

‘avec la plus tendre sollicitude, à l'embarquement de ses

compagnons d’infortune. Après le souper, on discuta plusieurs points, de philosophie, et probablement celui du suicide, et Caton #contesta d’une affection merveilleuse, de sorte qu'il n’ y eut celuy en la compagnie qui ne cogneust évidemmeñt qu'il estait tout résolu de s’oster des misères de ce monde, én miettant fin à sa vie.

* # Avant de se

quelconque, 1. Mais ces

üt le monde,

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