‹ Thèse pour le doctorat en médecine [microforme]Chapitre 5 sur 44 · PS OT RE ER · texte numérisé non relu

PS OT RE ER

19 filz, et le caressa avec ses amis plus amiablement qu'il avait

appris; ce qui donna deréchef souspeçon, de ce qu’il avait

en pensée dè faire. ” S'étant mis au lit, Caton lut la plus grande partie du dialogue de Platon, sur l'immortalité de l'âme, et s’aperçut aüe son épée lui.avait été enlevée. Il appela successivement tous ses domestiques, et leur redémanda son épée. Personne n’obéissant à ses ordres, Caton s’emporta « jusques à donner sur le visage de l'un, un si grand coup de poing qu'il

- s'eñfanglanta toute la main, se courrouçant à bon escient,

et criant que son propre filz èt ses serviteurs le vouloyent livrer tout vif À son ennemi.” Enfin, l'épée lui fut reñvoyée. * Quand il la teint, il la désguainna et regarda si la pointe

en était bien aïiguisée, et le fil bien tranchant; ce qu'ayant :

trouvé : “Alors, dit-il, je suis moi.” Puis Caton s’endormit profondément. Vers minuit, il envoya un de:ses affranchis pour surveiller l’embarquement des troupes. Ce dernier revint au point du jour rendre compte de sa mission, et fut ensuite congédié. Mais à peine eut-il le dos tourné que .Caton “desguainna son épéé, et s’en donna un coup audessoubs de l’estomac.”’ On accourut de tous côtés, un mé-

decin essaya de remettre les boyaux en leur place; mais Caton:

le repouésa, “et déchirant ses boyaux avec ses propres mains, ouvrit encore bien plus sa playe, tant que sur l'heure il en rendit l'esprit.” Per

Est-ce bien là réellement l'acte d’un aliéné ? N'y voiton pas plutôt cette âme de fer, qui aime mieux se briser que

de ployer sous les coups de la fortune, et qui préfère la mort

à l'approbre d’une soumission, à la honte, comme dit M.

Lise, d'assister en vaincu au triomphe de son mortel . ennemi César ?

Pourtant, Comme je viens de le dire, on n’a pas reculé : devant ce fait si clair et gi patent ; et on a voulu attribuer à la folie cette mort célèbre. Mais alors, où g’arréterait-on avec de pareils raisonnemens ? - Ne faudrait-il, pas comme le

CO ViLCS CLIErE

mbrassa son S

dit Orfila,

La

ét comme dit M. Lisle, ne serions-nous pas bientôt réduits à . prendre à Î@ lettre cette boutade d'un poëte misanthrope :

Quelque désolante que soit une “pareille prof pour l'espèce humaine, elle à néanmoins trouvé d 5 On a été plus loin encore, ct on a copsidé comme une véritable maladie: maladie spéçifits

- Le monde est plein dt fous, ct qui n'en veut point voir, Doit se tenir tout seul, et casser son mirroir.

es “ee

Fant soit

siége défini, ses symptômes, ses lésions: de tissus propres,: son traitement, étc., enfin on a fait Pour le suicide ce qu’on a fait pour la folie. Voici comment s'exprime Spurzheïm, dans son ouvrage intitulé ‘ Observations sur le folie.” Après. avoir essaÿé de prouver, que la cause prochaine ‘de la folie est : toujours corporelle, et que cette cause réside, tantôt dans le cerveau, qui ést dur ou mou, injecté nr hypertrophié

ou atrophié;itantôt dans la conformation Le

Le 3 08 du crâne, -

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Fe) à Ô B E el @.

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éructations, des évacuations irrégulières. Le teint est jaune terne, verdâtre et d’une couleuk tegte

‘nez et de : bouche. Les nt étein abat,

troublés ; 1 lance de l'œil es

Rte coul8°de plomb.

Un symptôme assez commuif Est ne douleur vive et permanente au-dessus de Ja racine du nez, ct au milieu de la partie inférieure du front,” etc., etc. ; puis il passe à la con-

sin

. … Sidération des changements survenus dans les os du crâne, 4 et d 8 le cerveau. : l ‘ . Eh bien, que prouvent encore ces dernières ohservations, Yu l'aliénation mentale est bien fréquemment l’avantcoureur du suicide, et que la folie coincide souvent, mais

Pas loujours, avec des altérations plus ou moins profondes du

cerveau et

ses. enveloppes ? "À

Le 0] na

æ L. £ , ' Fos

Frebers - 4 : ve 4 tôt réduits à : ,-” Cette prétention “des anatomo-Pathologistes, qui ont % anthrope : . voulu que la.cause de la folie et du suicide fût toujours une ‘ : oir, -#&e 4. 3 ‘anse purement corporelle, a été refutéo victoietisement par

k € NE M::Leurct : et cet auteur a rapporté grand nombre de cas

propéi + à oùles symptôfñes ct les altérations de tissus que je viens de

cb nfocats, , '* mentionner n'existaïcut en aucuné manière. Et d’ailleurs, " D As comme le dit si bien &et écrivain, a-ton déterminé d'une : ° MYant son si manière précise l’état de ureté, ‘de volume, d'épaisseur, sus propres, 4 . de poids ct de densité des. os du,crâne, ou du cerveau, ide ce qu'on compatible ou incompatible avec l'intégrité des facultés Spurzheïm, intellectuellés ? à

lie.” Après.

de la folie est :

ntôt dans le iypertrophié s du crâne burnés, etc., e suicide est .

rellé: “La

, Les anatomo-Pathologistes mêmes, qui ont. voulu que D. - ces\états différens ‘des os du. crâng et du cerveau fussent | ie da cause prochaine de la folié et du su side, sont Pitvenus dans leurs recherchès, à des résultats tout À ‘fait: différens les uns des autres, et parfois opposés : pour s'en : Convaincre, il suflit de comparer entre eux les chiffres fournis par MM. Férrus, Parchappe et Cazauvieïlh. Et en vérité, serait-il raisonnable d'admettre que Caton n’a mis fin |

gnent cette A à ses jours, que parcequ’il avait 'le teint, “ jaure-terne, ver-

l'une. cause # dâtre, et d’une couleur terreuse, surtout autour du nez et |

nt un grand . à de la bouche, ou parcequ'il avait les 08 du crâme ‘épais, : : ”

uosités, des : . denses, éburnés.” Et pour expliquer les suicides si n@mbreux - - :

nt est jaune 4 qui signalèrent le règne des Empereurs Romains, ilfaudrait *

t autour du : donc que ces diverses affections eussent alors existé l’état

a 4 abattis, à d’épidémie"?. More " | PE.

“À plomb. ©} Voiciun autre exemple, choisi au hasard parmi légrand, : LA

e et perma- 4 * nombre que rapporte M. Lisle, et où l'intelligence la plug. .

ilieu de la parfaite a bien certainement ac ompagné l'individu jusqu'au à

se à la con- F. dernier.moment. no 20 5

8 du crâne, “Un jeune homme-est repêché près de St. Cloud, et. 5 k: dans ses vêtemens on trouve l'écrit suivant : : La faïm et’ !

servations, : Æ le manque de logement me forcent au &üicide. Je demeurais À :

ent l'avant- : rue Guérin-Boisseau, 32, depuis quatre ans et.demi, avec: 4

vent, mais 4 . Ma femme: et ma petite fille qui a près de 9 as. Me LA

ofopdes du À trouvant en retard de ‘Pouvoir payer mon gafnif£ on m'a .

Hi à: (Signé) | PHILIPPE TOUSSAINT. ;

En allant aux recherches, M. :Lisle apprit que ce malheureux, écrivain public, et d’une condition très pré- + oaire, n’avait jamais donné aucun signe de folie; et tous ceux qui l’avaient connu, étaient parfaitement convaincus ‘que son suicide n'avait pas eu d'autre cause que celle qu'il

". faisait.connaître luimême. : :

Lorsque j'étais À Paris en 1856, un suicide eut lieu dans l’hotel même où je demeurais, et dans une chambre voisine de la mienne. Un jeune homine, âgé d'environ 24 ans, et d’une condition obscure, avait, hérité, quelques mois auparavant, de quelques milliers de‘frmics par la mort de sa mère. Quittant aussitôt ses occupations habituelles, il prit à tâche de dépenser cet argent le plus joyeusement possible, se livra à la débauche, et ce fut 15 jours avant &a mort qu'il chercha refuge à l'hotel où je demeurais.

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Lee FF ae Nes

Un soir, s'étant fait apporter dans sa chambre le café et * L:

quelques bouteilles de vin de Bourgogne, il invita le garçon de l'établissement à boire avéc lui, ce à quoi celui-ci . . condescendit tout naturelleñent. Pendant la soirée depuis : “. 8 heures: jusqu'à 11, notre individu, tout en causant avec gaïté, s’occupa de temps à dutres,.à écrire. A 11 heures et demie, le garçon de l'hotel prit congé de son hôte. Le lendemain matin sur les dix heures, trois de ses amis arrivèrent à l’hotel, chacun portant une lettre reçue par. eux le matin même, et conçue à peu-près en ces termes: « Mon cher ami, à l'heure où ty recevras cette lettre, je neserai plus. Tu te rendras demain matin à mon hôtel, où tu trouveras mon cadavre à tel étage, tel numéro, êtc.” Puis il terminait, en faisant un don à chacun d'eux. Son cadavre fut retrouvé | dans un petit cabinet attenant à sa chambre. Assis dans | un fauteuil, accoudé sur üne table, il semblait sommeiller naturellement. Sous la table, étaient les restes du charbon qui avait servi à la consommation de son sacrifice, et aussi un pot plein de Lolle de pâte, dont il s'était muni la veille au matin, et avec laquelle il avait soigneusement

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avait été cassée. Dans sa chambre, furent retrouvés

pprit que ce ion très préolie ; et tous t convaincus ue celle qu'il

cide eut lieu une chambre d'environ 24 uelques mois ir la mort de abituelles, il joyeusement jours avant > demeurais.

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tu trouveras il terminait, fut retrouvé

Assis dans ,

sommeiller du charbon fice, et aussi ii la veille nt bouché à

papiers écrits de sa propre main, par lesquels il réglait ses affaires, le paiement de sa pension, ete. “Je laisse, disait-il entre autres choses, les 4 franès ‘qui sont sur la cheminée, le reste de ma fortune, au garçon de l'hôtel ”’ : Et ailleurs, “ Le fauvre homme! il.ne s’est nullement douté de mon … dessein ; j'ai tàché, par ma gaité et par ma conduite, de ne lu jpspirer aucun soupçon.” Quant à la cause de sa mort, : il n’en était nullement fait mention. Sà conduite antérieure, durant les quinze. Jours qu'il avait passés à l'hotel, n'avait jamais fait soupçonner à personne qu’il fût aliéné ; et personne ne douta que l'obligation de reprendre son travail habituel, après avoir si bien vécu, (ce qu’il devait faire Je . M lendemain) personne ne douta, dis-je, que cette obligation @ ne lui eût inspiré un dégoût de la vie assez profond, pour le porter à cet excès. Cette explication ne paraîtra nullement ‘étrange à ceux qui connaissent le genre d'éducation religieuse êt morale, qui‘est le partage d’un si grand nombre de jeunes ‘ gens dans cette ville.

Le Dictionnaire. des Sciences Médicales contient le récit : d'un suicide commis, sous des circonstances très extra- . ordinaires, et bien propre à démontrer encore, que la question de la mort volontaire, avec toute l'intégrité des facultés intel . lectuclles, ne peut pas être révoquée en doute. ] | Le malheureux qui fait le sujet de cette histoire, ayant perdu toute sa fortune, résolut de se laisser mourir de faim. Il se creusa une fosse, dans un bois peu fréquenté, ‘et s'y enferma. Son supplice dura dix huit jours entiers. On retrouva sur lui après sa mort, un journal écrit de sa propre. À main, jour par jour, et renfermant le récit de ses souffrances, ! l'expression de ses sentimens, et l'explication de la cause N desa mort. . me N Le derniér jour, qui était le 29 septembre, 1818, il À écrivait: | “Je n’ai pu changer de place ; il a plu, mes vêtemens ne sont pas secs; personne he croira combien je souffre.

ré plusieurs

— Pendant Ia pluie, il est tombé quélques gouttes d’eau dans ma bouche, ce qui n’a point appaisé ma soif: hier, j'ai vu

à dix pas un berger, je l'ai salué, il m'a rendu le salnt. C’est avec bien du regret que je meurs, c’est la misère qui

m'y a impérieusement forcé. Je prie néanmoins pour que

la mort arrive : mon père pardonnez-lui, car il ne sait ce qu'il fäit. La faiblesse, les convulsions m'empêchent d’en

dire davantage, je sens que c’est pour la dernière fois... 29 septembre, 1818.” -

C’est M. Esquiro] lui-même qui rapporte cet éxemple,

d’après j Hufeland, et on comprend facilement, après la

lecture de ce fait et d’autres analogues, pourquoi ils avec tant d’hésitations, avant de poser en principe, qu les suicides sont aliénés. ) Va” Quelque étrange que paraisse au premier abord cette idée, avec toutes ses conséquences dangereuses, on revient

Un peu néanmoïñs de son étonnement, quand on songe que . Ce savant et ceux qui ont adopté son opinion, sont les

aliénistes les plus distingués du jour, et que, comme spécialistes, ils ont nécessairement les défauts de leurs qualités, surtout une certaine dose d’exclusivisme.

Si les partisans de la doctrine que je combats, sont nombreux et respectables, heureusement, j'ai à leur opposer les écrits non moins respectables d’un certain nombre de médecins légistes, et même d’aliénistes, qui n'ont pas manqué de réfuter cette erreur. | |

Voici comment s’éxprime M. Demazy dans ses Recherches sur le Suicide.

Un enfant qui tue son père, sans aucun motif

d'intérêt, est.un fou, s’il le tue pour se venger, pour jouir de sa fortune, c’est un meurtrier ou c'est un assassin. Si un homme se tue sans un motif réel, cet homme est un fou. S'il se tue pour fuir le déshonneur, pour échapper à ses tourmens, c’est qu’il préfère la mort à la flétrissure, le néant du corps au martyre de l’âme: la douleur l'emporte

sur l'amour de la vie. Mais cette action n'est pas en elle- :.

même un signe de folie, elle n’est pas incompatible avec l'usage de la raison.”

Oo D © 2 4 bé

M: Ferrus s'élève aussi contre la doctrine d'Esquirol.

ndu le salut:

a misère qui

oins pour que

il ne sait ce pêchent d’en re fois...

cet éxemple,

nt, après la 1 il géyprime ipe, "Que (ous

abord ‘cette , On revient > Songe que on, sont les ue, comme uts de leurs me.

mbats, sont leur opposer nombre de | n’ont pas

ans ses Re-

ucun motif :

, pour jouir ssin. Siun anfou. S'il pper à ses trissure, le r l'emporte

pas en elle- :.

atible avec

M. Brierre de Boismont s'exprime comme suit : :

On peut établir que la folie a une part considérable dans le suicide ; mais il y aurait une grave erreur à prétendre qu'elle est la seule explication possible. de toutes les morts volontaires.” e Ar

Orfila : “ L’homme qui souffre au point de désirer la

porter. le coup mortel, il doit être en proie aux plus vives

ces ‘instants le tronble de ses facultés intellectuelles, il. apprécie la: gravité des circonstances qui le pressent, et calcule les résultats de l’action qu’il médite.”

Quant à moi, je trouve ces conclusions parfaitement justes ; ettout en adméttant avec M. de Boismont que la folie a une part considérable dans le suicide, et même la part la plus considérable, je ne vois pas pourquüi cet acte excluerait toujours l’idée d’une intelligence saine et d’une volonté parfaitement libre. ; |

mort, n’a pas sans doute l'esprit bien calme, et avant de se

angoisses, si la raison n’est pas aliénée ; mais quelque soit en. Fra 9 L L

d'Esquirol. -

- ARTICLE III

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