‹ Thèse pour le doctorat en médecineChapitre 15 sur 31 · B. — EXPÉRIENCE DU SÉRO-DIAGNOSTIC · texte numérisé non relu

B. — EXPÉRIENCE DU SÉRO-DIAGNOSTIC

Tous les éléments nécessaires à la séro-réaction étant réunis, comment faut-il procéder pour faire l’expérience. Il est nécessaire de posséder plusieurs pipettes stérilisées, de diverses capacités et bien graduées; il en faut une pour chaque liquide (ambocepteur, complément, antigène, liquides à examiner). Ces pipettes sont de un centimètre cube divisé en dix (dixièmes de centimètre cube).

Pour l’eau physiologique on emploie de préférence une pipette de 2 centimètres cubes avec renflement de 1 centimètre cube près du bec et tige de 1 centimètre cube divisé en dix; le premier centimètre cubes’écoule et on laisse ensuite s'échapper dixième par dixième.

Pour les globules on utilise une pipette de 10 centimètres cubes divisés en centimètres cubes.

La réaction se produit en deux temps: dans un premier temps, on met en présence dans des tubes à essais, l’anticorps, l'antigène, le complément et l’eau physiologique. Après avoir agité le mélange des éléments; on porte à l'étuve à 37 degrés pendant une heure et demie à deux heures; dans un deuxième temps on ajoute l’ambocepteur et l'émulsion de globules. Après agitation on remet les tubes à l’étuve pendant une demiheure environ. La réaction est terminée.

Pour la rigueur de l'opération, il faut contrôler chacun des réactifs employés au point de vue de l’action empé-

chante qu'ils pourraient exercer isolément sur le phéno-

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mène de l’hémolyse, s’assurer si l’antigène à lui seul ne dévie pas le complément, si le sérum à étudier à lui seul ne dévie pas le complément. Il faut savoir en effet que si l’on emploie de fortes doses de matières contenant des albuminoïdes, il peut y avoir une déviation mécanique du complément. Il faut donc rester aux doses où il est certain qu'iln'y aura pas une de ces fausses fixations

de l’alexine, et en même temps rester à la dose limite de l’action hémolytique ; car si, en particulier, on ajoute au mélange antigène-anticorps une trop forte dose de complément, il ne sera pas entièrement fixé et il y aura hémolyse des globules sensibilisés, même si le mélange antigène-anticorps a dévié la quantité appropriée de complément.

Dans le tableau ci-dessous, nous allons exposer le

dispositif employé pour mettre à l'abri de toute erreur.

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Dans le deuxième temps de la réaction, on suit jusqu'au moment, où l'hémolyse se fait dans le tube témoin n° 8 (ambocepteur + complément, sans antigène ni anticorps). Elle se fait habituellement en quinze minutes. À partir de ce moment, il faut surveiller les autres tubes, car, même s’il n’y a pas déviation dans ces tubes, il y a toujours un certain retard sur le témoin.

La réaction terminée, comment faut-il interpréter les phénomènes observés.

Dans les tubes x, 2, 3, l'hémolyse n’a pas eu lieu avec le sérum syphilitique parce que le groupe anticorps — antigène a fixé le complément ; cette fixation se traduit à l'œil par l’absence d’hémolyse ; dans les tubes x et 2, elle n’est que partielle parce que les quantités d’antigène sont moindres que dans le tube 3, ce qui fait qu’une partie du complément peut réactiver l'ambocepteur et donner une hémolyse partielle et des traces d’hémolyse.

Dans le tube 4, l’hémolyse est complète ; le sérum à examiner n'a pas par lui-même fixé le complément.

Dans les tubes 5, 6, 7, l’hémolyse est également totale ; l'antigène, aux même doses que précédemment n'a pas de lui-même fixé l'alexine.

Il faut savoir en effet qu'à une dose un peu élevée, l’antigène seul peut dévier le complément sans adjonction de l’anticorps correspondant ; ceci tient sans doute à une certaine quantité d'anticorps naturels contenue dans le sérum de cobaye. Il se pourrait qu’à la dose de 0,5 ou 0,6 par exemple, l'extrait de foie dévie seul

l’alexine ; mais à la dose de 0,1 et 0,2 la déviation est

presque complète et totale à 0,3 avec le sérum syphilitique. On peut donc affirmer que la fixation est absolue à cette dernière dose, qu'il y a donc les proportions voulues d'antigène ou d’anticorps.

Enfin le tube 9 sert de témoin pour l'absence eomplète d’hémolÿse; c’est une simple émulsion de globules rouges.

De la présence d'hémolyse, on conclut à la non spécificité syphilitique du sérum : la réaction est négative, l'absence d'hémolyse au contraire fait faire le diagnos-

tic de syphilis : la réaction est positive.

Recherche de l'antigène syphilitique. — Les expériences précédentes avaient trait à la recherche des « anticorps » dans le sérum, le liquide céphalo-rachidien. La même méthode peut s'appliquer à la recherche des « antigènes » syphilitiques. Au lieu de partir d'un antigène connu,on partira d’un anticorps déterminé. Cette constatation se fait beaucoup plus rarement. Elle fut exécutée par Wassermann et ses collaborateurs dans leurs premiers travaux. Nous n’en parlerons qu'à titre de citation. |

Wassermann, Neisser, Bruck et Schucht obtenaient l’anticorps syphilitique en injectant sous la peau des singes neufs ou préalablement syphilisés des produits syphilitiques. Le sérum de ces animaux renfermait après plusieurs inoculations des quantités appréciables d'anticorps et pouvait servir à la recherche des antigènes.

Neisser et Bruck recommandaient pour l'étude des

antigènes contenus dans le sang, de soumettre ce sang à

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la centrifugation après défibrination, de suspendre les hématies daus de l’eau physiologique additionnée de 0,50 0/0 d'acide phénique et d’agiter longuement. Le liquide rougeâtre obtenu par centrifugation servait à la recherche des antigènes. Une précaution était à prendre dans ces expériences. L’anticorps était obtenu par inoculation au singe de produits syphilitiques. Lorsqu'on administre à ces animaux des produits humains, on détermine parfois, d’après Uhlenhuth, f'apparition de précipitines dans le sang. Un tel sérum mis en présence d’un extrait préparé avec un tissu humain, syphilitique ou normal, engendre la formation d'un précipité. Or les recherches de Gengou et Gay, de Moreschi, de Neisser et Sachs, ont prouvé que le précipité, qui se forme dans ces conditions, absorbe le complément et peut par conséquent troubler la réaction.

Wassermann recommandait donc de se mettre à l'abri de cette erreur en se servant de sérum de singe immunisé avec des tissus syphilitiques d’origine simienne.

Pour la recherche des antigènes humains on pourrait expérimenter avec du sérum de syphilitiques en pleine

éruption et non traités.

WEIDANz a rapporté, à la Société de médecine berlinoise, qu'il est possible de faire la réaction de Wassermann, en se servant de une à deux:gouttes de sang, de tubes à essais de petites dimensions, de pipettes graduées en millième de centimètre cube et en faisant des solutions plus diluées de tous les réactifs. Ces modifica-

tions permettraient, selon la pensée de l’auteur, de

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