GI
faire la réaction chez des sujets se refusant à une saignée, chez les affaiblis, chez les nouveau-nés.
Nous signalerons que tout récemment Hipsyo Nocu- CHI à apporté une modification à la technique de la séroréaction de Wassermann. La méthode diffère de celle du professeur allemand en ce qu’elle emploie un système hémolytique antihumain au lieu d’un système hémolytique antimouton. Cette variante s'explique, d’après Noguchi, par le fait que la réaction de Wassermann serait sujette à une erreur : la présence d’anticorps syphilitiques pourrait passer inaperçue, alors que ceux-ci seraient facilement décelables si l’on pouvait écarter les ambocepteurs naturels anti-mouton.
Il pense que la méthode qu'il a étudiée élimine cette source d'erreurs, parce que les hématies de sang humain étant employées comme indicateur hémolytique avec le sérum humain, aucun ambocepteur hémolytique paturel étranger ne peut être accidentellement présent. Il résulte que la réaction de fixation du complément est beaucoup plus sensible.
Pour les recherches cliniques, Noguchi a encore voulu simplifier la méthode en employant des réactifs desséchés sur papier et pouvant conserver pendant longtemps leurs propriétés. On peut ainsi préparer des bandes de papier contenant l’ambocepteur antihumain, d’autres le complément, d’autres l’antigène, une surface donnée de papier correspondant après essai à une quantité déterminée de réactif.
Noguchi a expérimenté sa méthode sur 465 échantil-
lons de sérum ; 105 d’entre eux furent examinés paral-
lèlement par la méthode de Wassermann. D'a
les résultats seraient plus favorables avec sa tech- *
près lui?
ER
Procédés secondaires employés pour le séro-diagnostie de la syphilis
En présence de la délicatesse d'opération que nécessite la réaction de Wassermann, des difficultés d’exécution qu’elle présente dansla pratique courante, FORNET et SCHÉRÉCHEWSKY, ont cherché à remplacer la fixation du complément par la précipitation directe. De mème que nous avons vu les hémolysines résulter, dans le sang d’un lapin, d'injections préalables à cet animal de sang de mouton, de mème des précipitines sont élaborées si, au lapin encore, on injecte par exemple des bacilles d'Eberth ou du blanc d’œuf : après quelque temps le sérum de cet animal aura acquis la propriété de troubler, dans le premier cas une culture de bacille d’'Eberth, dans le second une solution limpide d'ovoalbumine. Cette précipitation est spécifique et provoquée
. par la combinaison du précipitinogène (culture d’Eberth, blanc d'œuf) et de la précipitine correspondante (sérum du lapin préparé).
Ces faits expérimentaux ont leur équivalent en pathologie (précipitines dans le sérumdes convalescents de fièvre typhoïde).
FornetetScherechewsky ont remarqué qu'il était ration-
nel de supposer que le sérum d’un syphilitique doit renfermer des précipitines syphilitiques, que le liquide céphalo-rachidien d’un paralytique par exemple, mis en contact avec le précipitinogène syphililique donnera lieu à une précipitation spécifique. Pour vérifier le bien fondé de leur hypothèse, ils se sont servis comme antigène de l’extrait de foie syphilitique, puis du sérum de sujets syphilitiques présentant des lésions secondaires en évolution et n'ayant pas encore suivi de traitement. Ces deux humeurs, l’une le sérum de syphilitique (antigène), l’autre, le liquide de paralytique général, réagissent, d'après les expérimentateurs, l’une sur l’autre et donnent lieu, par leur simple mélange, à la formation d'un précipité spécifique. Or ni le liquide de paralytique, ni le sérum antigène ne produisant de réaction avec le sérum normal Fornet et Scherechewsky considéraient cette précipitation comme le résultat de la combinaison du précipitinogène syphilitique avec la précipitine correspondante.
Expérimentant leur méthode en collaboration de Rosenfeld et Eisenzimmer. ils ont pu, chez 14 syphilitiques, constater huit fois l’existence de précipitinogènes et quatre fois celle de précipitines syphilitiques ; de même, dans le sérum de 10 paralytiques généraux ils ont . trouvé sept fois des précipitines et deux fois des précipitinogènes ; enfin le sérum de 2 tabétiques contenait dans les deux cas des précipitinogènes. Dans le sérum d'individus normaux, ils ont toutefois obtenu des précipitines mais pas de précipitinogènes.
Voici quel est leur manuel opératoire : Dans une
petite éprouvette de 1/2 centimètre de diamètre et de 10 centimètres de hauteur, ils versent d'abord quatre ou cinq gouttes de liquide spinal de P. G., puis, à l’aide d'une pipette, ils ajoutent lentement, en ayant la précaution de ne pas mélanger les deux liquides, la même quantité de sérum syphilitique. La réaction est positive, si au bout de deux heures, un anneau trouble s’est formé à la limite de séparation des deux liquides, et si, d'autre part, on n’a rien observé de semblable dans deux expériences de contrôle, faites parallèlement, où chacun des sérum et liquide ci-dessus est remplacé par du sérum normal. Le sérum et le liquide dont la réaction réciproque a été vérifiée de la sorte, peuvent à leur tour servir de réactifs pour de nouvelles recherches. Dans tous les cas, il est indispensable que les deux liquides mis en contact soient l'un et l’autre parfaitement limpides.
Si le procédé de Fornet a le mérite d’être simple, il a le gros inconvénient d'exiger sous la main du sérum de syphilitique en période secondaire, non traité et du liquide céphalo-rachidien de paralytique général.
Aussi nombre d’expérimentateurs ont-ils cherché à remplacer l’une des deux humeurs nécessaires à la réac. tion par d’autres substances susceptibles, suivant le cas, de donner des précipités, soit avec le sérum de syphi litique, soit avec le liquide de paralyÿtique.
Dans ce but Porcës a eu recours à la lécithine.
L'auteur se sert d’une émulsion de lécithine (Lecithol Riedel ou ovolécithine de Merck) dans de l’eau salée
à8 0/00. Ontriture 2 centigrammes de lécithine dans un
PO
mortier et on y ajoute par petites proportions 100 cenimètres cubes d’eau physiologique. On mélange ensuite dans des tubes à essais très étroits 1 centimètre cube de cette émulsion et le même volume de sérum sanguin provenant d’un malade soumis à l'examen. Si le sérum provient d’un syphilitique, il se forme un précipité au bout de quelques heures de séjour des tubes à l’étuve à 37 degrés.
Sans parler de Sacs et ALTMANN qui employaient l’oleinate de soude et l'alcool, nous dirons que KLaus- NER se contentait même de l’eau distillée. En mélangeant o cmc. 2 de sérum avec © eme: 7 d’eau distillée, il observait, au bout de quelques heures une précipitation abondante qui ne faisait jamais défaut si le sérum provenait d'un syphilitique. Deux fois seulement, chez un pneumonique et chez un typhique il avait constaté cette précipitation en l'absence de toute syphilis. Mais ultérieurement les résultats obtenus par le même auteur furent moins satisfaisants car il nota 43 fois une réaction positive sur 05 examens faits chez des sujets non syphilitiques.
Nous exposerons enfin la méthode proposée par BAUER. Dans une expérience analogue à celle de Wassermann il supprime l'ambocepteur hémolytique. Il appuie sa manière de faire sur les trois expériences suivantes :
1° Si l’on établit le mélange, Sérum normal ou syphilitique inactivé + sérum de cobaye + globules de mouton, on observe une hémolyse totale ;
2° Si on établit le nouveau mélange, Sérum sain inac-
tivé + sérum de cobaye + extrait de foie + globules de mouton, on observe encore une hémolyse totale ;
3° Si on établit le troisième mélange. Sérum syphilitique inactivé + sérum de cobaye + extrait de foie + globules de mouton, il n'y a pas d'hémolyse.
Les réactifs employés par Bauer sont au même titre que dans la réaction de Wassermann.
L'auteur dispose ensuite son expérience de la façon
suivante :
I. — Tube principal III. — Tube principal de comparaison LOFT SN RER RE ARES 0,2 Sérum normal . . . .. 0,2 Extrait de foie . . . .. I Extrait de foie . . . . . I Sérum de cobaye. . .. 1 Sérum de cobaye. . .. 1 IL. — Tube de contrôle IV. — Tube de contrôle (comparaison) SES TTE PRNOEMENRONE 0,2 . Sérum normal . . . .. 0,2 . Eau physiolog . . ... I Eau physiol. : . .... I Sérum de cobaye. . .. 1 Sérum de cobaye. . . . 1
- Lorsque l’hémolyse est complète dans le tube III, et qu'elle ne s’est pas produite dans le tube I, c'est que
le sérum employé était syphilitique.
Séro-agglutination de la syphilis
Nous avons vu en exposant la question des anticorps qu'il en était de relativement simples ; la façon dont ils interviennent dans les problèmes expérimentaux est
aisée à comprendre ; il suflit de les mettre en contact
nee
avec la substance vis-à-vis de laquelle ils sont doués de réactivité spécifique pour que s'opère une réaction.
Le B. d’Eberth par exemple entraîne la formation dans l'organisme infecté d'une agglutinine qui n’est autre qu'une variété des anticorps cités plus haut. Le sérum des sujets atteints de fièvre typhoïde acquiert la propriété d’agglutiner in vitro le B. d'Eberth : C'est sur. ce phénomène qu'est basé le séro-diagnostic de Widal.
Cette réaction est-elle applicable à la syphilis ? C'est une question que plusieurs auteurs ont cherché à élucider.
ZABOLOTNY a rapporté il y a quelque temps des résultats de ses recherches concernant l’agglutination et la bactériolyse du Treponema pallidum. Pour faire ses expériences il s'était servi de liquides riches en spirochètes et en particulier de lymphe qu'il recueillait dans * une ampoule sur des chancres ou autres lésions cutanées et muqueuses, du moyen du procédé de Bier. (On sait combien est entourée de difficultés la culture du Tréponème. Levaditi et Mac Intosh n'ont pu le cultiver jusqu’à ce jour que dans des sacs de collodion inelus in vivo et encore était-il mélangé de nombreux germes anaérobies, dépourvu de virulence, et incapable de conférer l'immunité. Les essais d'isolement in vivo et in vitro sont restés infructueux.)
Mélangeant une certaine quantité de cette lymphe à du sérum de syphilitique dont l'infection est de longue date, il avait constaté que les tréponèmes ne tardent pas à s’agglutiner. Ayant d'un autre côté trouvé que le
sérum normal humain ne jouit d'aucun pouvoir aggluti-
nant vis-à-vis du parasite de Schaudinn, il en avait conclu que la réaction en question, au même titre que la séro-réaction de Widal pour la fièvre typhoïde, semble faciliter le diagnostic dela syphilis. Cette constatation était d'autant plus intéressante qu'elle facilitait, si son exactitude était reconnue, le séro-diagnostic de la syphilis, en abrégeant les difficultés de la séro-réaction de Wassermann.
Malheureusement les données de Zabolotny étaient en contradiction avec les observations antérieures de LEVADITI qui, pour la première fois, observa l’agglutination spontanée du tréponème dans les frottis faits avec le contenu des bulles de pemphigus d’hérédo-syphilitiques. Un certain nombre d'auteurs confirmèrent , ensuite cette remarque et tentèrent de préciser le mécapisme de ce phénomène (Mulzer, Hoffmann, Bræœnnum et Ellermann.)
HorrManx et PRowAZEK étudièrent comparativement l'influence exercée sur le tréponème par le sérum humain normal et par le sérum de syphilitiques infectés depuis six à huit mois ; ils aflirmèrent que si cette dernière humeur ralentit et même arrête les mouvements du tréponème, elle ne fait qu'ébaucher son agglutination.
LANDSTEINER et Mucxa n’observèrent aucune différence entre le sérum normal et le sérum des malades atteints de syphilis plus ou moins ancienne ou celui des lapins ayant reçu sous la peau des produits syphilitiques, tant au point de vue de l'immobilisation, qu'à
celui de l’agglutination.
es
Cette constatation avait conduit Landsteiner et Mucha à se demander si l’agglutination des tréponèmes qui s'opère au bout de deux heures dans le suc des lésions cutanées conservé in vitro n'est pas dû à la formation d'anticorps agglutinants au niveau même de la lésion spécifique. |
Pour Levaprrr le processus est dû plutôt à la tendance qu'ont les spirochètes à s’agglomérer spontanément chaque fois qu’ils sont hors de l'organisme et c’est là une propriété qui est commune à beaucoup de spirilles pathogènes. De plus, contrairement à ce qui se passe avec les agglutinines spécifiques, l'agglomération se détruit avec une extrême facilité.
De nouvelles recherches sont donc nécessaires si on veut porter un jugement définitif sur la valeur du pouvoir agglutinant du sérum des syphilitiques.
Jusqu'à présent la séro-agglutination n’est donc pas
possible.
Résultats cliniques de la réaction " de Wassermann
Constatations qui sont venues modifier sa
signification théorique
La méthode biologique de Bordet-Gengou appliquée au diagnostic de la syphilis une fois vérifiée, et lorsqu'on lui eut reconnu une certaine valeur, de nombreuses expériences furent entreprises tant pour la recherche des anticorps dans la ‘syphilis que pour la découverte de ces mêmes anticorps dans les maladies qu'on présumait avoir un rapport direct ou indirect avec l'infection syphilitique.
Mais rappelons encore, comme nous l’avons fait re marquer dans l'introduction, que la séro-réaction de la syphilis, contrairement à la pensée première de son auteur, n'était pas due à la combinaison de vrais anticorps et antigènes syphilitiques.
Nous allons cependant exposer la question telle que l'avaient conçue au début Wassermann et ses collaborateurs ; nous parlerons chemin faisant des différentes conceptions qui sont venues modifier l'essence primitive de la réaction.
WassEerManx, Neisser et Brucx firent leurs premiers
| Fe
Sn CEE
essais de recherche des antigènes et des anticorps sur des singes. Ayant infecté ces animaux avec des produits syphilitiques, ils purent s’assurer que : 1° le complément était toujours dévié quand le sérum de singe vacciné était mis en présence d’un extrait d'organe syphilitique (antigène) ; soit que cet organe fut de provenance humaine ou de provenance simienne, soit que le singe eùtété immunisé avec du virus provenant d’un autre singe ou avec du virus provenant de l’homme ; 2° cette même réaction ne se produisait jamais quand le sérum du singe vacciné contre la syphilis était mis en présence d’un extrait d’organe provenant, soit d’un homme, soit d'un singe non. syphilisé ; 3° la réaction ne se produisait pas davantage quand du sérum sanguin provenant d’un singe normal non syphilitique était mis en présence d’un extrait d'organe syphilitique de provenance humaine ou de provenance simienne, sauf dans des cas exceptionnellement rares. Ces exceptions pouvaient s'expliquer selon eux, soit par la présence de traces d'anticorps chez certains individus sains, soit par l’existence d’une syphilis ignorée.
Les conslatations de Wassermann furent confirmées par Derre qui trouva également des anticorps syphilitiques dans le sérum des singes infectés et dans celui des syphilitiques.
WAssERMANN, Neisser, BRUCK et ScHucur reprirent leurs expériences et publièrent les résultats de leurs constatations.
Ils décelèrent les antigènes dans les organes d’hérédo-
syphilitiques (29 cas positifs sur 29 placentas d’hérédo-