‹ Thèse pour le doctorat en médecineChapitre 18 sur 31 · RE RUE · texte numérisé non relu

RE RUE

Au total et sur un nombre de 163 cas de syphilis floride, le pourcentage des réactions positives était donc de 23,6 o/o, cependant que dans les 94 cas de syphilis latente ce pourcentage atteignait 12,7 0/0. NEIssER, Breucx, Scaucur recherchèrent les anticorps à leur tour dans 354 cas dont 262 de syphilis se répartissant ainsi :

92 cas concernant des sujets non syphilitiques (o posit. 92 négat.— © 0/0).

163 cas avec manifestations syphilitiques (123 posit. fo négat. — 75, 4 0/0). |

99 casde syphilis latente (58 posit. 41 négat.—58, 1 0/0).

Dans 85 des 92 cas de la première catégorie la recher- | che des antigènes dans les extraits de sang donna cinq fois un résultat positif, alors que celle des anticorps . avait échoué complètement. |

Dans ses recherches précédentes Neisser n'avait obtenu qu’un pourcentage positif de 19 o/o sur la présence des anticorps dans le sérum sanguin; c’est pourquoi ces auteurs s'étaient attachés à rechercher non plus les anticorps mais les antigènes dans lesang des syphilitiques ;mais leur tentative ayant échoué, ils substituèrent au sérum un extrait de globules rouges et ainsi ils purent constater la présence des antigènes dans 55 o/o des cas. Il est vrai que cette recherche avait abouti également à un résultat positif dans 6 0/0 des cas où selon toute probabilité la syphilis n’était pas en cause. Etant donné l'intérêt capital qui se rattache à la question si discutée des relations de la paralysie générale et de la syphilis, WASssERMANN et PLAUT firent la

recherche des anticorps syphilitiques dans le liquide

£éphalo-rachidien des paralysies générales et trouvèrent que dans un grand nombre de cas ces liquides, mis en présence d’antigènes, donnaient la réaction de Bordet- Gengou. Leurs expériences portèrent sur {1 malades: 32 cas furent positifs (77,9 0/0). Mélangés avee des extraits d'organes provenant de fœtus non syphilitiques, les liquides céphalo-rachidiens de ces sujets n'empèchèrent en rien l’hémolyse. D'autre part, les liquides céphalorachidiens de 22 sujets exempts de vérole ne donnèrent jamais de réactions positives. Les auteurs en conclurent que chez les malades atteints de paralysie générale le liquide céphalo-rachidien contient donc des anticorps spécifiques à l'égard de l'agent pathogène de la syphilis, ce qui signifie que ces malades ont eu ou ont encore la vérole, avec cette restriction qu'il serait toutefois prématuré de vouloir en déduire que la paralysie générale est directement liée à la syphilis.

D'un autre côté, Neisser, BRUCK et Scaucar avaient découvert des anticorps spécifiques dans le liquide cérébro-spinal de 4 paralytiques généraux sur 8, de 2 tabétiques sur 3, de 1 cas de syphilis cérébrale sur 4.

Dans une seconde publication, PLAUT avait repris les recherches et, sur 54 liquides céphalo-rachidiens de paralytiques généraux, {1 étaient positifs (75,9 0/0), 8 douteux, et 5 négatifs. De 20 sérums de ces paralyÿtiques, 19 contenaient des anticorps (95 0/0).

De l’ensemble de ces observations, Plaut avait cru pouvoir conclure que l'intensité de la production des

anticorps ne saurait servir de eritérium pour apprécier

ay, PH l'intensité du processus morbide dans le cas de la paralysie générale. |

Les résultats de ScHuTzE n'étaient pas moins probants. Ayant soumis à l'épreuve du séro-diagnostic 12 tabétiques, Schütze avait constaté une réaction positive dans 8 cas (66,6 0/0).

MorGexroTH et STERTZ avaient obtenu, sur 8 cas de paralysie générale, une réaction positive 8 fois.

A la suite de ces auteurs, MARIE et LEvADiTI, dans un mémoire inséré aux Annales de l’Institut Pasteur, signalaient que sur un total de 67 malades, le liquide céphalorachidien avait été étudié, quant à sa teneur en anticorps, chez 39 paralytiques généraux (74,3 0/0) et 9 tabétiques et tabo-paralytiques (64,4 o/o) ; 17 témoins choisis parmi des idiots, épileptiques, déments précoces et alcooliques avaient donné 17 résultats négatifs.

Mais, en terminant, Marie et Levaditi s'étaient demandés si les principes découverts par Wassermann et Plaut dans le liquide céphalo-rachidien des paralytiques généraux étaient ou non des anticorps dans le sens propre du mot, c’est-à-dire des substances spécifiques obtenues par voie d'immunisation active et agissant d’une façon élective sur le tréponème ou sur les extraits préparés à l’aide d'organes contenant ce microbe.

Ayant soumis la question à une analyse détaillée, ils avaient recherché si le liquide céphalo-rachidien des paralytiques généraux, qui entrave l’hémolyse à des doses presque infinitésimales lorsqu'il est mis en présence de l'extrait de foie syphilitique, en fait de mème

quand on remplace cet extrait par un extrait de foie nor-

mal. Leurs expériences, plusieurs fois répétées, leur avaient montré que l'extrait de foie normal, inactif lorsqu’il est employé seul, empêche l’hémolyse en présence du liquide céphalo-rachidien des paralytiques généraux mais à des doses sensiblement supérieures aux doses empêchantes de l'extrait de foie syphilitique (0,8 à r au lieu de 0,05 à o,1, soit dix fois plus). Les auteurs avaient déduit de ces constatations les conclusions suivantes : « si l’on ignorait que le foie normal employé par nous était sûrement dépourvu de tréponèmes, on concluerait, sans hésitation aucune, que la quantité d’antigènes syphilitiques (dérivés du tréponème) contenue dans ce foieesttout simplement inférieure à celle du foie spécifique et que, entre les deux extraits, il n’y a que des différences quantitatives et non qualitatives. » | Pour faciliter la compréhension de leur façon de voir, ils avaient donné l'exemple suivant plus concret : si donc par exemple, on admet que, ce qui, dans l'extrait de foie agit en présence du liquide céphalo-rachidien des paralityques généraux pour empêcher la production de l’hémolyse, ce n’est pas l’antigène syphilitique, mais le glycogène.il est fort possible que le foie syphilitique soit plus riche en glycogène que le foie normal, d’où la diftérence quantitative constatée dans les expériences parallèles énoncées plus haut. Et ceci enlèverait le caractère d'anticorps syphilitique au principe actif contenu dans le liquide céphalo-rachidien des paralytiques généraux. Mais contre cette objection plaidaient plusieurs constatations recueillies au cours des recherches de Marie et

FE

Levaditi. Tout d’abord il y avait le fait que les substances empêchantes du liquide céphalo-rachidien perdaient leur activité après un chauffage prolongé pendant dix minutes à 70 degrés, c'est-à-dire dans des conditions qui assurent également l’anéantissement des anticorps bactériens. En outre, on pouvait invoquer en faveur de la parenté entre ces substances et les anticorps syphilitiques, l'existence d’une relation intime entre les antécédents spécifiques des paralytiques généraux avancés et la présence d’une réaction positive obtenue avec le liquide céphalo-rachidien chez ces malades.

Quoi qu'il en soit, d’autres critériums étaient né- ‘ cessaires pour pouvoir affirmer que les substances actives découvertes par Wassermann et Plaut étaient véritablement des anticorps syphilitiques ; il fallait surtout s'assurer si ces principes agissent d'une façon spécifique sur le trépomène pour en amoiïindrir ou en annihiler la virulence ; c'est ce que Marie et Levaditi recherchèrent à l’aide d'expériences faites sur des singes sensibles à l'infection syphilitique. Ayant ajouté à une certaine quantité de virus syphilitique humain du liquide céphalorachidien de paralytiques généraux. ayant donné une réaction positive, ils inoculèrent le mélange à des singes par scarification cutanée.Ïls employèrent commetémoins les liquides d’un épileptique et d’un halluciné ancien syphilitique. I ressortit de leurs expériences que les principes actifs du liquide céphalo-rachidien des paralytiques généraux ne pouvaient être des anticorps antisyphilitiques, car ils étaient incapables de détruire in vitro

le virus sypbhilitique ou mème d’en amoindrir la viru-

lence. (Il en est de même des substances renfermées dans le sérum des syphilitiques, qui, elles aussi, d’après les recherches de Metchnikoff et Roux, et de Neisser, sontinactives vis-à-vis du trépomène.)

En effet, comme dans les spirilloses expérimentales (tick-fever, spirillose des poules), les anticorps du sérum des animaux immunises, jouissent d’un pouvoir bactéricide spécifique des plus accusés à l'égard du virus correspondant, la conelusion s’imposait donc, qu’iln’existe aucun rapport entre les véritables anticorps spiriliaires et les prétendus anticorps syphilitiques.

Depuis ces premières constatations, de nombreux faits étaient venus confirmer la possibilité d'obtenir une séroréaction positive avec des sérums de syphilitiques mis en présence d'extraits d'organes n'ayant aucun rapport avec le tréponème. C'est ainsi que Wei s'était prononcé catégoriquement à ce sujet en affirmant que les substances qui entravent l’hémolyse n'avaient rien à voir avec les anticorps. Weil avait cru démontrer qu’en substituant aux antigènes spécifiques des extraits de myxomes et de jfibro-sarcomes provenant de sujets n'ayant jamais eu la syphilis, et en mélangeant ces extraits avec du sérum provenant d’un sujet en puissance de vérole, on réussit à obtenir les mêmes réactions qu'avec des extraits et des sérums syphilitiques.

Un peu plus tard, LANDSTEINER, MULLER et PœrzL avaient publié les résultats d'une série de recherches qui les avait conduits à soutenir qu'en opérant avec

des extraits alcooliques ou aqueux d'organes provenant

d'animaux sains, on obtient les mêmes résultats qu'avec les extraits syphilitiques.

Porcës à la même époque avait constaté qu’en traitant le foie par l’alcoo! on pouvait retirer l’antigène qui y était contenu ; il avait pu même dans certains cas extraire de l’antigène des foies qui avaient donné un résuliat négatif avec le procédé ordinaire. Il pensait que, comme le foie est riche en lécithine, cette substance ne devait pas être sans importance dans la réaction; il avait été ainsi amené à supposer que cette lécithine pouvait jouer un rôle dans le phénomène en question. Ayant fait réagir des sérums syphilitiques sur des solutions de lécithine il avait pu se convaincre que la fixation était aussi marquée qu avec des extraits de foie. Gross et Krauss s'étaient rangés à son avis.

LevapiTi et YAMANOUCHI, qui avaient été des premiers à constater la non spécificité de laréaction,avaient remarqué que, contrairement aux vrais antigènes, les substances actives de l'extrait de foie syphilitique ou normal étaient solubles dans l'alcool. L’extrait alcoolique obtenu en ajoutant 5 volumes d'alcool absolu à l’exirait hépatique aqueux était aussi actif et spécifique que ce dernier au point de vue de la séro-réaction. IL agis sait à la dose de 0,1 à 0,2 (l'extrait éthéré s'était montré sans action).

L'analyse chimique montrait que cet extrait alcoolique contenait surtout des sels biliaires et aussi une cerlaine quantité de lipoides se rapprochant de la /écithine.

Tandis que l'extrait aqueux perdait ses propriétés après

un chauffage à 80 degrés, l'extrait alcoolique résistait à cette température.

Cela s’expliquait, d’après Levaditi, par le fait que les matières protéiques contenues dans l'extrait aqueux une fois coagulées par la chaleur entraînaient avec elles les principes chimiques thermostabiles qui donnent la réattion de Wassermann.

D'ailleurs, Levaditi et Yamanouchi avaient pu obtenir dans un certain nombre de cas, et surtout avec le liquide céphalo-rachidien de paralysies générales une réaction positive en se servant de solutions de glycocholate et taurocholate de soude (à certaines doses ces sels ont des propriétés anticomplémentaires par eux-mêmes) et aussi, quoique plus faiblement, avec la lécithine, contrairement aux assertions Ge Wassermann.

L'extrait alcoolique de bile de singe avait pu être également employé. La cholestérine était incapable de donner le phénomène de la déviation du complément.

Ces substances, bien déterminées chimiquement, étaient moins actives que l'extrait alcoolique ou aqueux de foie, ce qui prouvait qu’en dehors d'elles cet extrait devait contenir d'autres principes non déterminés encore.

Levaditi et Yamanouchi avaient tiré les conclusions suivantes : « La séro-réaction tout en étant spécifique, est attribuable à la présence dans le sérum des syphiliti-. ques et le liquide céphalo-rachidien des paralytiques généraux de certains composés non protéiques, à l'état colloïdal, qui, en présence des sels biliaires et des lipoides du foie, précipitent et fixent le complément hémolÿ-

tn —

tique. Nous pensons que ces composés provenant de l'organisme lui-même peuvent être des éthers de cholestérine et d'acides gras. Ces constatations sur le mécanisme intime du phénomène de Wassermann n’enlèvent nullement à la méthiode sa valeur pratique. »

Poursuivant leurs expériences ils avaient recherché quels étaient réellement ces composés. Quelques constatations antérieures leur permettaient de penser que ces substances n'étaient pas des matières albuminoïdes, coagulables par la chaleur.

En effet, deux liquides céphalo-rachidiens également riches en ces matières pouvaient cependant se comporter de façon différente au point de vue de la réaction de Wassermann. D'un autre côté, le sérum normal est de beaucoup plus riche en substances protéiques qu'un liquide céphalo-rachidien de paralysie générale; or, ce dernier seul fournit en général une réaction positive.

Pour trancher la question, ils avaient étudié les propriétés de l'extrait alcoolique de sérum de syphilitique et de liquide céphalo-rachidien de paralysie générale et avaient obtenu les résultats suivants : l'extrait alcoolique préparé en ajoutant cinq volumes d'alcool absolu à un volume de sérum ou de liquide et en évaporant dans le vide à 7o degrés contenait des matières grasses (lipoïdes) solubles dans l'alcool absolu et l’éther, et des sels, ces derniers en plus grande quantité, solubles dans. l'eau et insolubles dans l'alcool et l’éther. Depuis avec de l’eau salée physiologique cet extrait était trouble, floconneux et avait une réaction franchement alcaline.

D'ailleurs l'extrait alcoolique préparé avec du sérum

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était plus riche en principes solubles que celui préparé avec du liquide spinal. En examinant cet extrait au point de vue de la réaction, ils avaient remarqué ce qui suit : en présence de l'extrait aqueux ou alcoolique de foie, l'extrait alcoolique de sérum de syphilitique ou de liquide de paralysie générale, empêchait l’hémolyse de façon très nette.

Il était égalementempèchant même en l'absence de l'extrait de foie, bien entendu à des doses plus fortes, et se comportait à ce point de vue comme ce sérum ou ce liquide. Toutefois lorsqu'on comparait la force anticomplémentaire de l'extrait préparé avec des liquides et des sérums pathologiques à celle de l'extrait témoin (sérum et liquides normaux), on constatait des différences quantitatives, mais ces différences étaient souvent peu marquées. Les recherches de Levaditi et Yamanou- chi leur avaient montré en plus que, parmi les subs tances que l'alcool dilué extrayait du sérum et du liquide et qui donnaient une réaction positive, il fallait compter. d'une part les lipoïdes et d'autre part les sels (ces derniers agissant peut-être par leur alcalinité ; inactivation du complément par les substances aicalines).

Ce qui le prouvait c'est que l'extrait alcoolique obtenu, en traitant le liquide céphalo-rachidien desséché par l’alcool absolu, empèchait l’hémolyse (action des lipoïdes) et que de plus les sels insolubles dans l'alcool absolu agissaient de mème. Ces constatations prouvaient que la réaction de Wassermann était due à l'action des lipoides et des sels de l'extrait, sur les lipoides et peut-

êtresur les sels du sérumet du liquide céphalo-rachidien.

La rencontre de ces deux ordres de corps à des proportions optima déterminait l'inactivation du complément et indirectement empèchait l’hémolyse. Il était done très probable que, suivant Levaditi et Yamanouchi « dans la syphilis accompagnée de manifestations cutanées, le sérum s’enrichit en substances solubles dans l'alcool (lipoïdes) qui peuvent provenir de la désintégration des tissusaltérés (peau). Il en serait de même pour la paralysie générale où la destruction histologique de l'écorce cérébrale détermine un enrichissement du liquide céphalorachidien en principes de même ordre. Cela fait que les sérums et les liquides pathologiques ont un pouvoir anticomplémentaire indirect plus accentué que celui des sérums témoins, lesquels agissent également mais à des doses plus considérables. En somme, il n'y a entre les sérums et les liquides spécifiques et normaux que des différences quantitatives et non qualitatives, la réaction de Wassermann étant provoquée par des principes d'origine histogène et non bactériogène. »

Levaditi et Yamanouchi avaient ensuite recherché si les lipoïdes du cerveau, des hématies, des leucocytes, du sérum sanguin jouissaient des mêmes qualités que les lipoïdes du foie.

Déjà LANDSTEINER avait vu que l'extrait alcoolique ou aqueux de cœur de cobaye pouvait remplacer la macération de foie dans la réaction de Wassermann, ce qui laissait prévoir que les lipoïdes et sels du foie n’avaient rien de spécifique à ce point de vue. Leurs expériences avaient confirmé leurs prévisions ; en voici les principaux détails :

Le cerveau de l’homme ou du lapin, préalablement desséché et repris avec de l'eau physiologique à dose de r gramme de poudre pour 30 grammes de liquide, fournissait après centrifugation un extrait opalescent qui empêchait nettement l'hémolyse (0,5 d'extrait pour 0,1 de complément dilué de sa quantité d’eau, et9,1 d’une solution d'ambocepteur convenablement dilué après ütrage). Mis en présence de sérum syphilitique ou de liquide céphalo-rachidien de paralysie générale (à la dose de 0,1 à 0,3), il donnait une réaction positive. pendant qu'il n'empèchait nullement la dissolution des hématies de mouton si on le mélangeait à du sérum normal. Il en était de même de l'extrait alcoolique obtenu en mélangeant 5 volumes d'alcool absolu à un volume d'extrait aqueux de cerveau et en évaporant l'alcool après centrifugation. La poudre ainsi préparée (15 centimètres cubes d'extrait aqueux), reprise avec 10 centimètres cubes d'eau salée, avait donné des réactions positives avec des liquides spinaux de paralytiques généraux et des sérums de syphilitiques.

Ces propriétés de l'extrait de cerveau avaient suggéré à Levaditi et Yamanouchi l’idée d’expérimenter avec le protagon et la choline. Le protagon, dont les propriétés antihémolytiques ont été mises en lumière par Landsteiner s'était montré dans quelques expériences capable de remplacer l'extrait de foie ou de cerveau et il en avait été de même du chlorhydrate de choline. Toutefois les résultats n'avaient pas été constants.

Les hématies de cobaye, tout d’abord desséchées,

puis reprises avec de l'alcool à 80 degrés, fournissaient

GG jo

des extraits qui jouissaient des mêmes propriétés que l'extrait de foie ou de cerveau. De plus on'obtenait des effets semblables si on préparait l'extrait de globules rouges avec de l’éther anhydre; 1gr. 5odesangde cobaye lavé et desséché, était traité, après trituration, avec 300 centimètres cubes d’éther; on décantait l’éther; on ‘évaporait et on reprenait le résidu avec 5 centimètres cubes d’eau salée. L’extrait donnait une réaction positive avec deux sérums spécifiques et n'empêchait pas l'hémolyse en présence d’un sérum témoin.

Des leucocytes de lapin traités par l'alcool absolu permettaient d'obtenir un extrait quijouissait des mêmes propriétés que l'extrait de foie ou de cerveau.

« Les lépoïdes pouvant servir au séro-diagnostic de la syphilis n'existent pas exclusivement dans le foie. On les retrouve également dansle cerveau. les hématies, les leucocytes. Ge sont très probablement des complexes dans lesquels la lécithine entre pour une large part. » (Levaditi et Yamanouchi.) ,

K£LAUSNER avait voulu simplifier la réaction et au lieu d'extraits il se servait d’eau distillée. Il se basait sur ce fait que certains sérums humains dilués par addition d'eau donnent lieu à la formation d'un précipité; la réaction témoignerait ainsi une augmentation des globulines. Or, Sacs et ALTMANN avaient été à même de se convaincre que le pouvoir de précipitation sous l'influence dela dilution par l'eau distillée dépendait en grande partie de l’âge du sérum. Si des sérums fraichement obtenus donnaient la réaction, il suffisait de les-

abandonner quelque temps pour les voir perdre rapide

ment cette propriété. On pouvaitégalement parle chauffage à 55 degrés durant une demi-heure inactiver aussitôt un sérum fraîchement obtenu, en ce sens qu'il ne pouvait plus donner la réaction de Klausner, constatation qui avait été aussi signalée par Citron. Or, en présence de ces remarques, il était très peu vraisemblable que le résultat positif ou négatif de la réaction de Klausner

fût uniquement fonction du taux des globulines conte-

-nues dans ie sérum et cela d’autant plus que le chauf-

fage à 55 degrés donne précisément lieu à une augmentation des globulines. L’attention de Sachs avait été attirée sur l'alcalinité ou l'acidité des sérums, car pour la production de la réaction de Klausner, en tant que précipitation des globulines, une certaine acidité optima était requise, commel'avaient également remarqué Ezras, NEUBAUER, PoRGËÈs et SALoMoN. Par conséquent, pour expliquer la disparition de la réaction de Klausner il suffisait de se rappeler que l'alealinité du sérum augmente à 55 degrés. Partant dé cette considération, Sachs se demandait si l’on pouvait, par addition d'un acide, modifier un sérum inactivé de manière à ceque celui-ci se comportât à l'égard de la réaction de Klausner tout comme un sérum à l’état actif. Et de fait Sachs avait cru cela possible. Toutes les fois que la réaction pouvait être positive avec un sérum actif, mais négative avec le même sérum inactivé, il suffisait d’additionner l’eau d'acide chlorhydrique pour voir la réaction se produire également avecleséruminactivé. Inversement, la réaction positive du sérum actif pouvait se trouver paralysée par

addition d’alcali. En ce qui concernait le séro-diagnostic

DRT 4 Jia de la syphilis, l'épreuve d'acidité ne présentait, selon Sachs, aucun avantage, manquant de spécificité.

Weiz et Braun avaient émis à leur tour l'opinion que les anticorps spécifiques que l’on rencontre dans la syphilis ne constituent que des substances qui prennent naissance toutes les fois qu'on a affaire à des altérations dégénératives graves, altérations qui provoquent la destruction et la réaction des tissus ainsi que cela se produit dans les affections de longue durée (syphilis, tuberculose, cancer). Il se produirait, selon eux la formation d'auto-anticorps avec mise en liberté de lécithine, phénomène semblable à celui qui survient avec les autolysines dans les cas de résorption d'extravats sanguins ou avec auto-précipitines contre les cellules hépatiques dans la distomose du mouton (Centanni). Et précisément parce que dans la syphilis et la parasyphilis il existe des processus dégénératifs intenses qui produisent la destruction cellulaire (maux perforants, perforation de la voûte palatine, cicatrices sur le foie, sur le rein), on remarque une abondance relative d'auto-anticorps.

WaAssERMANN était loin d'admettre les opinions de Weil et Braun. Selon lui, tout en ne retirant pas sa valeur pratique à la réaction, il s'agirait dans la syphilis de substances qui présentent une grande avidité pour les lipoïdes de l'organisme et spécialement pour la léeithine, élément d'une grande importance pour l’économie cellulaire.

Sans insister davantage sur les conceptions théoriques émises par d’autres auteurs, Weygandt, Michaelis,

Muller, Spiegel, Reicher, nous dirons done en résumé,

ee

- que les prétendus anticorps sont sans action sur le virus syphilitique et que les prétendus antigènes n’ont aucun rapport direct avec le micro-organisme pathogène de la vérole ou qu'en tout casils ne dérivent pas exclusivement du corps de ces'micro-organismes. Ce sont des substances quise rencontrent normalement dans lecorpsdel’'homme, mais en petite quantité, et qui subissent un accroissement quantitatif considérable en présence du tréponème ; la nature de ces substances est encore mal connue : la plupart des expérimentateurs tendent à les rapprocher des globulines et des lipoïdes. Les découvertes récentes faites dans le domaine de ces derniers corps montrent qu'ils peuvent former avec certains albuminoïdes des complexes divers ; l’un de ces derniers pourrait dans certains cas agir comme un mélange antigène anticorps. De plus, on a prétendu que, d’une façon générale, les substances hémolytiques seraient toutes des lipoïdes, que les phénomènes de précipitation, d’agglutination, d'hémolyse ne seraient que des réactions plus ou moins complexes entre colloïdes (Victor Henri, Séligman). Ce sont ces substances qui jusquà plus ampie informé jouent un rôle principal dans la réaction de Wassermann.

Bien entendu cette modification dela conception théorique de la séro-réaction ne lui enlève rien de sa valeur pratique.

La question ne nous intéressant ici qu'en tant qu'elle touche à l'étude de la paralysie générale, du tabes, de la syphilis cérébrale et des maladies mentales, nous ne

ferons qu’exposer maintenant les grandes lignes de l'é-

Beaussart 5)

— F0 — tat actuel du séro- diagnostic pour la syphilis à ses différentes phases de son évolution.

Les communications présentées au Congrès d'hygiène et de démographie de Berlin (1907) n'avaient fait que confirmer les constatations premières faites par la méthode de Wassermann eten avaient établi la valeur pratique. | r

Ainsi Crrron qui à la clinique de Kraus avait étudié la question dans ses détails résumait de la façon suivante ses observations :

Parmi les cas non traités, 21 cas de tabes avaient donné : 12 réactions positives, 5 faiblement positives et & négatives ; 3 cas de paralysie générale : 3 réactions positives ; 31 cas de syphilis : 19 positives, 9 faiblement positives, 3 négatives ; 5 cas de lésions post-syphilitiques : à positives ;4 cas de syphilis tardive, sans lésions : 1 positive et 3 négatives ; 30 cas supposés syphilitiques, avec lésions : 20 réactions positives, 3 faiblement positives, 7 négatives ; 194 cas non syphilitiques : 154 réactions négatives. Ce qui fournissait un pourcentage (sauf les cas témoins) de 62 0/0 pour les réactions positives, 19 0/0 pour les faiblement positives et 19 o/o pour les négatives.

Parmi les cas traités 57 cas étaient positifs (65 o/o) et 20 négatifs (35 0/0). Ces constatations montraient que 81 0/0 des vérolés avaient donné un sérum actif, pendant que les 154 sérums-témoins s'étaient montrés incapables de provoquer la déviation du complément. Elles prouvaient en plus que les syphilitiques non traités don-

naient plus souvent une réaction positive que les ma-/

lades soumis à lathérapeutique mercurielle. Citron faisait ressortir la valeur pratique de la réaction en citant l'observation suivante : un malade ayant eu quarantequatre ans auparavant une infection syphilitique était éntré à l'hôpital pour une tumeur de nature inconnue. L'examen du sérum avait fourni une réaction positive malgré l’absence de toute lésion visible pouvant être attribuée à la syphilis. Or, la nécropsie avait permis de révéler des lésions spécifiques nettes intéressant le foie.

Les faits rapportés par MAYER confirmaient ceux de Citwon. L'auteur communiquait les résultats de ses 136 séro-réactions dont 93 furent positives. Dans la syphilis avérée, la réaction avait été nette dans 90 0/0 des cas, pendant que chez aucun des témoins le sérum nes’était montré actif. Parmi les observations de syphilitiques ayant donné un résultat négatif, quelques-unes concernaient des sujets dont l'infection était de date toute récente ou des cas de syphilis ancienne sans manifestations actuelles.

FLEISCHMANN ayant examiné le sérum de 54 malades porteurs de lésions cutanées ou muqueuses avait obtenu 52-fois une séro-réaction nettement positive. Au contraire chez les spécifiques sans accidents, cette réaction semblait plus rare puisque le sérum s'était montré inactif 7 fois sur 17.

Un peu plus tard ayant poursuivi ses essais de sérodiagnostic dans le service du professeur His à l'hôpital de la Charité de Berlin, il avait, chez 89 malades qui présentaient des manifestalions syphilitiques en activité, constaté 83 réactions positives (93,5 0/0). Chez 64 ma-

lades d’un second groupe, n'o{frant pas de manifestations appréciables de la syphilis, à l’époque où on avait fait l'examen de leur sérum la réaction avait été trouvée positive 33 fois (52 0/0). Chez 32 sujets qui étaient porteurs de symptômes d’après lesquels on pouvait soupçonner une origine spécifique, la déviation du complément avaitété positive 16 fois (50 0/0).Chez 7syphilitiques qui présentaient des symptômes paraissant être sans rapport aucun avec la syphilis, la réaction avait fourni un résultat posilif une seule fois. Enfin chez 32 sujets de contrôle qu'il y avait tout lieu de considérer comme indemnes d’une infection syphilitique la réaction s'était constamment prononcée dans le sens négatif.

Les chiffres recueillis par MicxaEis concordaient avec ceux qui viennent d'être cités. Il avait contrôlé la réaction de Wassermann chez 41 malades de son service.

Sur 12 cas de syphilis avérée, ressortissant pour la plupart à des formes tardives : 9 réactions positives, 1faiblement positive, 2 négatives.

Sur 3 cas de syphilis douteuse: 1 réaction positive, 2 négatives.

Sur 26 cas sans syphilis appréciable : 2 réactions positives, 1 réaction faiblement positive, 23 négatives. Au total la réaction avait été positive dans 79 0/0 des cas où la syphilis était en cause.

Depuis le Congrès de Berlin, Fiscner et Meier à l'Institut de Gaffky avaient cherché la présence d'anticorps dans le sang de 114 sujets dont 11 niaient avoir eu la.

syphilis et ne présentaient pas de manifestations de cette

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maladie ; chez-ces derniers le résultat de la recherche avait été négatif.

Le résultat avait été positif chez 83, 7 0/0 parmi les autres; 5 cas à réaction négative concernaient des malades qui auraïent été contaminés environ six semaines auparavant.

Dans une publication suivante FiscHkr avait conclu de l’ensemble des résultats que la réaction possédait une valeur cliniquément spécifique, en tant que signe d’une contamination syphilitique antécédente, mais

qu’elle ne renseignait pas sur le point de savoir si un organe déterminé est le siège de lésions spécifiques. Seuls les résultats positifs étaient valables, les résultats

négatifs n’autorisant aucune conclusion ferme.

MünsaM avait eu recours à l'épreuve du séro-diagnostic chez 80 malades tirés des différents services de chirurgle, médecine, dermatologie, laryngologie de l'hôpital de la Charité de Berlin. Les uns étaient porteurs de

chancres indurés, d’autres présentaient des accidents secondaires ou tertiaires ; d’autres qui ne présentaient pas de manifestations actuelles de syphilis prétendaient avoir contracté cette maladie ; enfin chez d’autres on n’était pas fixé sur les antécédents spécifiques.

Dans 48 cas sur 80 la réaction fut positive. Or 46 concernaient des sujets indubitablement entachés de syphi-

"His. ;

Mrcagzis et LEssER avaient examiné 104 cas se

décomposant ainsi :

26 concernaient des sujets qui affirmaient n'avoir

jamais eu la syphilis ; dans les 26 cas la réaction avait été négative ;

22 concernaient des syphilitiques : chez tous la réaction avait été positive ; |

13 concernaient des personnes qui, ayant contracté la syphilis ne présentaient pas de manifestations de cette maladie ; dans les 13 cas la réaction positive avait fait défaut ;

G concernaient des personnes qui ne se sachant pas syphilitiques présentaient des accidents spécifiques ; dans les 6 cas la réaction s'était prononcée dans le sens positif ;

Enfin 20 cas concernaient des paralytiques généraux dont 18 avec réaction positive.

BLaccuko sur 56 cas. à la période précoce avec symptômes de syphilis avait obtenu 55 résultats positifs (98 0/0); sur 67 autres cas, à la même période, sans symptômes: 54 résultats positifs (80 0/0) ; sur 23 cas, à la période tardive, avec symptômes : 21 résultats positifs (91 0/0); sur 51 autres cas, à la même période, sans symptômes : 29 résultats positifs (57 0/0).

Kroner publiant les résultats constatés à l'hôpital Virchow à Berlin, annonçait une réaction négative dans 6 cas où certainement la syphilis n'était pas en cause (tumeur cérébrale, myocardite, néphrite...) ; une réaction positive dans 22 cas sur 30 (73 0/0) où il y avait lieu d'admettre une contamination syphilitique antécédente.

Nrisser sur 378 syphilitiques avérés avait trouvé à

la période primaire 48 o/o de réactions positives, à la

cn ere at

période secondaire 79 0/0, à la période tertiaire 57 0/0. La proportion était plus faible dans la période latente soit précoce soit tardive (20 0/0), et plus élevée dans les cas de syphilis maligne (55 0/0).

Le traitement paraissait avoir une influence sur la séro-réaction car celle-ci ne fut positive que chez 28 o/o des malades traités alors que le pourcentage avait été de 81 0/0, pour les sujets n'ayant jamais été soumis au traitement spécifique.

Brucx et SrERN avaient examiné au point de vue de la séro-réaction 378 cas de syphilis traitée ou non traitée et 157 cas pris comme témoins. Pendant que chez ces derniers la réaction ne se montra positive que deux fois, chez les spécifiques elle le fut dans la grande majorité des cas. Les pourcentages suivants montraient la fréquence des réactions positives au cours des diverses périodes de la vérole :

DV DR M DEAR ie care tem at &2,2 ofo — secondaire ........ ane Ste 79,1 0/0 — LAS at EN 3 ENTER SLT ES RE 57,4 oJo — ASTON ee miens lee 75 oJo — latente à la première période.. 20 o/0 ee — à la période tardive..... 20,2 0/0

Quant à l'influence du traitement sur l'issue de la réaction, elle ressortait des chiffres suivants :

Cas traités 29,5 0/0 dé réactions positives ;

Cas non traités 82,3 0/0.

Malgré que le séro-diagnostic ne permette pas dans

= 6 — tous les cas de dépister avec certitude l'existence de l'infection spécifique, la méthode offre néanmoins une certaine utilité. On a pu, grâce au procédé de Wassermann, préciser la nature syphilitique de certaines lésions des organes internes chez des individus où on ne trouvait aucun indice précis de vérole dans les antécédents.

Cirrox a diagnostiqué une hépatite syphilitique chez un malade que l’on supposait atteint de néoplasme du foie et le diagnostic a été confirmé par la nécropsie. ESMEIN a communiqué à la Société, de biologie un cas de cirrhose hépatique syphilitique qui avait donné un résultat positif avec le sérum et plus positif encore avec l’ascite, cas intéressant puisqu'il montrait l'accumulation locale d’anticorps, de même que cette accumulation se fait dans le liquide des paralysies générales (Il peut arriver qu avec des sérums ou des liquides d’ascites provenant de sujets atteints d'affections hépatiques, ces humeurs dévient seules le complément, sans adjonction d'extrait de foie, par suite de la présence de pigments biliaires en suspension ; c'est que nous avons remarqué chez cinq de nos malades).

Denis à la Société des hôpitaux de Bruxelles a rapporté également 2 cas d'hépatite syphilitique et 1 cas de splénomégalie de même nature qui ont donné une réaction positive. Le

Bon nombre d’aortites peuvent. grâce à la réaction de Wassermann, être reconnues comme étant d'origine spécifique. |

WASSERMANN et MriErR avaient eu 1 résultat positif

sur 2 cas d'anévrismé de l'aorte.

DANIELOPOLU à constaté 11 résultats positifs avec 2 anévrismes de l'aorte, 5 aortites chroniques, 2 aortites chroniques avec insuffisance, 1 tabes avec aortite et dilatation aortique, 1 artérite oblitérante des tibiales postérieures avec gangrène.

LauBry sur 6 cas d'anévrisme aortique a eu { réactions positives.

En chirurgie le séro-diagnostic a pu guider l'opérateur en ce qui concerne l'opportunité de l'intervention.

Le professeur Karewsky de Berlin a pratiqué la séroréaction chez 28 malades (tumeurs de la langue, du sacrum. affections osseuses.) Des réactions positives lui ont fait porter le diagnostic de syphilis, confirmé d'ailleurs par la thérapeutique mercurielle, alors qu'on pouvait penser à des tumeurs malignes telles que cancroïde, chondrome, à de la tuberculose osseuse.

Plus récemment BÆTZNER, assistant de Bier, a recherché la réaction de Wassermann chez 125 malades. Ses observations sont aussi instructives que celles de Karewsky ; elles montrent la grande fréquence de la syphilis acquise ou héréditaire ignorée et la variété extrême de ses aspects cliniques.

De son côté l’ophtalmologie a également tiré profit de la réaction comme le prouvent les recherches de Leger, de CoHEn, d'où il résulte que les spécifiques atteints de troubles oculaires (kératite, choroïdite, ophtalmoloplégie), donnent le plus souventune réaction positive. Enfin l’obstétrique a bénéficié elle aussi de la méthode de Wassermann au point de vue de la contami-

nation des nouveau-nés issus de procréateurs vérolés

et aussi en ce qui concerne le choix des nourrices saines. |

Suivant Musa on peut, d’après l'examen du sang de la mère, prédire à peu de chose près quel sera l’avenir de l'enfant au point de vue de l'infection syphilitique. L'auteur cite l’observation d’une femme qui, examinée pendant sa grossesse, à un moment où elle ne présentait aucune lésion pouvant être attribuée à la vérole avait fourni une réaction positive ; or peu de temps après, elle mit au monde un enfant macéré syphilitique.

Dans un travail tout récent BAUER montre quelle interprétation il y a lieu de donner à la loi de Colles d'après les constatations que la séro-réaction appliquée tant à la mère qu’à l'enfant permet de recueillir. Pour lui toute femme entrant dans le cas prévu par la loi de Collés est atteinte de vérole latente, son sérum se comportant comme le sérum d’un syphilitique ayant présenté des manifestations secondaires.

Bag avait été moins affirmatif et s'était demandé si la présence d'anticorps dans le sang de la mère n’était pas due ou à une immunisation de celle-ci, créée par la résorption des produits de son fœtus, comme le soutenait Finger, ou bien à une syphilis latente comme le soutient Fournier. 6

Ces recherches ont été poursuivies en France par Bar et Dauxay à la clinique Tarnier et rapportées dans la thèse de M'e Montreuil.

En résumé, on a établi que l'examen du sérum fait

d’après la méthode de Wassermann permet de préciser

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